Skip to content

Voyages

2010 – 2011

 

Voyages

Benoît Goullin

 Voyages :

 

Les trois principaux voyages :

 

Eté 1971 : USA

            Greenwich, Connecticut

            Boston (Massachusetts) avec David E.

            Puis, traversée des USA, avec Chip et David E., en partant du Connecticut, en passant par les grands lacs (Canada et Niagara falls) et en redescendant vers Las Vegas (Boulder, Monument Vallee, Arizona) et en terminant en Californie.

 

Hiver 1980-1981 : Campagne sur le Porte-hélicoptère « Jeanne d’Arc »

            Escales

                        – Alexandrie (Egypte)

                        – Djibouti

                        – Colombo (Sri Lanka)

                        – Djakarta (Indonésie)

                        – Manille (Philippines)

                        – Shanghai (Chine)

                        – Kobe (Japon)

                        – Hong-Kong (Angleterre)

                        – Singapour

                        – Bombay (Inde)

                        – Djibouti (retour en France en avion)

            Laurence m’a rejoint au Japon et à Hong-Kong

 

1994-1996 :  Tahiti ( Polynésie française)

                        Nouvelle Zélande (Noël 1994)

                        Hawaï (mai 1995)

                        Ile de Pâques (Noël 1995)

                        Californie + Las Vegas (juillet 1996)

            Voyage en famille, avec Laurence et les 3 garçons


Avec Laurence, nous avons fait de nombreux autres voyages.

1 – France                             Mai 1954

Mayotte                      Mars 82 (6j)

Martinique                 Avril 85 (15 j)

Tahiti                          Août 94-Juillet 96 (23 mois) avril 97 (15j),

décembre 2005 (5 sem)    Nov 2005 (3 j) décembre 2005 (31j) janvier 2006 (1j)

2 – Suisse

Genève avril 1967, Avril 1968 , avril 71 (2j),(Pâques 74), sept 75,août 76,   train avril 1987

3 – Angleterre                       Aoùt 1969(15j),Déc76 (4j), Oct 96(2j), Jv 97 (4j)

Jersey                                    Déc 79 (7j), aout 2009 (passage)

Hong-Kong                février 81 (6j

4 – Italie                                 avril  70, avril 71 (3j), Mai 81, Avril 87 (V.5j) mai05 (1j)

Sardaigne                 Août 79 (4j), mai 2009 (qqh),Noël 2010 (7 jours)

5 -Luxembourg                    Juil 71, sept 78

6- Irlande        :   avion juil 71, septembre 76 (15j) , Septembre 77(15j),

oct-nov 2002 (5j), nov 2005 (5j)

7 – USA                                 Juil-sept 1971 (2 mois), Juillet 96 (15j)

(avion : LA , 08/94, 03/95, 04/95, 08/95 x2, 07/96)

Oakland  04/97

LA (nov 2005, 1/1 2006) + 10 jours août 2009

Hawai                        Avril-Mai 95 (5j)

8 – Canada                           juil 71 (3j +2j), Août 92 (12j)

9 – Islande                             avion sept 1971

10. Monaco                           Mars 1973, juillet 1977, mai 1981

11. Allemagne

RFA sept1975 (15 j), sept 78 (5j), sept 1980 6 j)

RDA sept 1980

12. Autriche                           Sept 75

13. Liechstentein                  Sept 75

14. Andorre                           Déc 75, déc 76 (4j), Aoùt 2002

15. Espagne                         mars 77  (2j), Juillet 77(4J), Novembre 77, Août 80,

Août 81,

Juillet 83, Août 87, Août 88, Août 89, Nov 90 (5j),

Août 91 (7j)

juillet 2000 (6j), juillet 2001 (7j),Aoùt 2002 (15j)

+ Barcelone (été 2007)

+ 5 journées à Saint Sébastien

16. Portugal                           juillet 1977 (4j)

17. Belgique                          Sept 78 (2j), Avr. 85(avion), Août 96(Bgg),

Sept. 96 (Bgg), Nov 96(Bgg,Yp), Déc 96 (Gd), Janvier 97 (Bx), mars 97 (Ktj), Av 97 (NL), mai 97 (Bgg, Cats), juin 97 (Mt), Aoùt 97 (Bai, Dkn) sep 97 (Kks, Ostx3)…avril 99 (Bgg), oct 2000 (Bx)

18. Pays-Bas                        sept 78 (1j), Avril 97 (2j)

19. Egypte                             JDA déc 80 (5j), fev 82 (3j), avion fév 82,

avril 2000 (7j)

20. Djibouti                         JDA déc80 (6 j), mars 81 (5 j), JBT janv 82-

juin 82  (6 mois)

21. Sri Lanka                        JDA déc 80 (6j)

22. Indonésie                        JDA janv 81 (5j)

23. Philippines                      JDA janv 81 (6j)

24. Chine                               JDA janv 81 (7j) + mai 2006

25. Japon                              Février 81 (8 j)

26. Singapour                       Février-mars  81 (5 j)

27. Inde                                  mars 81 (7j)

28. Soudan                            avion fév 82

29. Tunisie                             Septembre 86 (7j)

30. Turquie                            Avril 88 (7j)

31. Grèce (île de Samos)    Avril 88

32. Nouvelle-Zélande           Décembre 94-janvier 95 (7j)

33. Iles Cook                         (avion : décembre 94)

34. Chili (île de Pâques)      Décembre 95-janvier 96 (5j)          + avril 2007

35. Maroc                              Mai 2004 (8j), octobre 2004 (8j), mai 2008 (10 j),

mai 2010 (8 j.)

36. Danemark                       novembre 2009


Etats Américains

1)     New York

2)     Connecticut

3)     Massachusetts

4)     Vermont

5)     New Hampshire

6)     Maine

7)     Rhode Island

8)     Michigan

9)     Wisconsin

10) Minnesota

11) Iowa

12) Nebraska

13) Nouveau Mexique

14) Arizona

15) Utah

16) Nevada

17) Californie

18) Hawai

Etats canadiens

1)     Quebec

2)     Ontario

3)     Mannitoba

Iles Polynésiennes

Tahiti

Moorea

Bora-Bora

Huahine

Raiatea

Tahaa

Maupiti

Mururoa

Hao

Rangiroa

Hiva Oa  (Marquises)

Tetiaroa

Premiers voyages

J’ai commencé très tôt à voyager, pour un petit vannetais.

En classe de quatrième, j’ai été à Genève à deux reprises en 1967 et 1968, à l’occasion de séjour de ski à La Giettaz (Savoie).

Je ne me souviens que du jet d’eau et des magasins où nous allions acheter des souvenirs, et comme je n’avais pas beaucoup d’argent, je me rappelle avoir acheté une boite de chocolats pour mes parents, et des œufs au chocolat pour les anglaises qui étaient à la maison à Vannes.

En 1969, je pars passer une quinzaine de jours en Angleterre, à Solihull, près de Birmingham. La maison des correspondants anglais, les Greenwood était dans un des ces rues anglaises où tout se ressemble et où les numéros ne se suivent même pas. Mon anglais s’est révélé très insuffisant pour réellement communiquer, et le séjour s’est limité à découvrir le village de Shakespeare (Stradford apon-Avon), la maison de sa mère (Anne Hattaway’s cottage) la cathédrale moderne de Warwick  ou le vieux château de Warwick. Nous avons fait aussi une visite du centre de Birmingham avec les galeries marchandes souterraines en parallèle des rues, mais je me souviens surtout d’une jolie anglaise en mini-jupe avec une chemise qui lui arrivait au-dessus du nombril, ce qui était impensable en France à l’époque. J’ai rapporté, bien sûr, un shettland, comme le faisait alors tous les français.

A pâques 1970, nous partons faire du ski une quinzaine de jours dans la vallée de Chamonix (Le Lavancher) en famille, et c’est l’occasion de prendre le Tunnel sous le Mont-Blanc et d’aller dans la vallée d’Aoste.

A Pâques 1971, nous repartirons au ski au même endroit, et nous irons passer 2 ou 3 jours en Italie : Milan (Le Dôme), Turin (Le Saint-Suaire, ou ce que je croyais être de Saint-Suaire, mais qui n’était qu’une photo !), Gênes (la table..), Porto Fino…

A Gênes, les parents ont beaucoup insisté à la mairie pour que l’on puisse voir les fameuses « table de Gênes » ; finalement, un digne notable nous avait emmenés dans une salle de conseil, et nous avions découvert un petit tableau mural, alors que nous nous attendions à voir un magnifique meuble ! A moins que ce ne soit le contraire… !

Papa et maman adorait cette jolie baie de Porto Fino, Papa disait que c’était le lieu de villégiature préféré de Churchill.

Nous y sommes retournés en croisière sur le « windsurf », avec Laurence en 2005. Vraiment une très belle escale.

Avec les parents, nous irons aussi en Suisse pour faire le tour du lac Léman.

C’est absolument superbe de voir cet immense lac entouré de montagnes, et de monter dans la montagne pour admirer les eaux bleues du Léman au milieu de ce panorama montagneux.

Nous nous sommes promenés autour du lac Léman. Au nord du lac, dans la région de Lausanne, nous sommes allés jusqu’à un hôtel assez haut perché : le panorama était extraordinaire : devant nous, toute l’étendue de cet immense lac Léman, au milieu des montagnes.

Magique.

Il m’est arrivé beaucoup plus tard d’avoir à dessiner le paysage le plus apaisant que je pouvais, et j’ai naturellement dessiné cette magnifique étendue d’eau devant les montagnes.

J’ai retrouvé cette sensation par des journées de marche au soleil avec Laurence dans les pyrénées : je pense au Lac de l’Oule, quand on monte vers les lacquettes.

C’est un peu l’équivalent ce cette magnifique vue du perron du grand salon de Truscat, avec une différence majeure : les montagnes ! Le Morbihan est vraiment un plat pays !

Autre image magnifique qui m’évoque ce paysage magnifique : Moorea vu de Punauia.

Je ne sais pas si je retournerai un jour, pour voir ce paysage à nouveau ?

Je ne crois pas, j’aurais trop peur d’être déçu !

Les USA.

Eté 1971, je pars passer deux mois aux Etats-Unis. J’ai 17 ans.

C’est l’occasion de faire un voyage magnifique.

Mais, le départ est mouvementé. Le gouvernement a décidé d’interdire le départ des charters à partir des aéroports français.

« 12 juillet : nous partons à 8h du matin de Kerjolys, en une heure : nous sommes à Rennes, et nous trouvons un télégramme disant que le départ est seulement le lendemain à 5 h de Paris…

Départ pour Paris : route agréable.

Dîner sur les Champs Elysées à « l’Elisée » où je pique un cendrier.

Puis nous allons voir le quartier latin, puis les Halles – qui doivent être détruites sans tarder : CRS ! »

Nous avons rendez-vous à 5 h du matin devant l’église du Val de Grâce pour partir en car vers le Luxembourg où nous arrivons vers midi.  Nous resterons plus de sept heures à attendre notre avion dans ce petit aéroport. Le gag dont je me souviens, c’est que nous avons été dédouanés vers 15 h, et qu’ensuite, nous avons eu le droit sur notre carte d’embarquement à  deux boissons. L’employé du bar de l’aéroport mettait d’abord une croix au crayon, et la mettait à l’encre la deuxième fois, Nous avons donc trouvé une gomme, et nous effacions la première croix, avant de nous représenter au bar pour avoir plusieurs fois la première boisson, et cela a marché, jusqu’à ce que les personnes du comptoir à boisson nous reconnaissent !

Autre gag, j’avais passé cette journée dans l’aéroport du Luxembourg avec 2 copains et une parisienne : Anne Baronnet. Bien des années plus tard (2007 ?) Anne a retrouvé mon adresse, est venue nous voir  Vannes, et nous a invités à plusieurs reprises dans sa magnifique maison parisienne.

Arrivée à New York à 6 h du matin.

Je suis basé à Greenwich dans le Connecticut. Je travaille pendant la semaine, pour gagner de l’argent de poche; avec l’ami qui me reçoit chez lui, nous nettoyons les mauvaises herbes dans leur jardin, et en particulier le « poison Ivy » (lierre empoisonnée en français) : il ne faut le toucher impérativement qu’avec des gants. Mais, comme je n’ai aucune réaction, j’arrache toujours le « poison Ivy » à mains nues : je le regretterai amèrement 10 jours plus tard lorsque j’aurai toutes les mains et les poignets pleins de lésions érythémateuses et prurigineuses, et qu’il me faudra « souffrir » sans possibilité de traitement. (Exemple typique de réaction d’hypersensibilité retardée).

                                     

Nous faisons des régates chaque week-end sur le bateau des Eddy (« windance ») dans l’immense baie de long Island (long Island Sound).

Windance

« Windance » était un C&C 35.

Mr Eddy était directeur de la revue nautique « One design and offshore yachtsman »

1)  Course-croisière sur « Marche Hare », bateau de Mr Bruce Smart.

Le jeune BG à la barre, devant David Eddy.

2) « Sylvester Manor » (1735)  sur Shelter Island, propriété des Fiske

 [belle-famille de Bruce Williamson, coéquipier de Windance) 

3) Mister Eddy, à la barre de « Windance »

4) l’équipage et son plat pour la première place à la régate]

Kay Eddy, Mrs Williamson, George E, Mr Williamson, David et BG

5) BG et le « plat d’argent »

6) l’arrière de « Windance » en remontant la rivière Connecticut (pont du Conn Turpikeway)

7) David à la barre de « Windance »

             

          

 

Vendredi 16 juillet : 11°/17

Samedi 17 juillet : régate  7°/17

Soirée à l’amusement park.

Le soir, pour nous amuser, nous allions dîner au McDo (au « drive in ») puis faire un tour soit à l’amusement park, ou traîner au «Indian Harbour Yachting Club », le club-house très british du port de plaisance où était amarré « Windance ».

 

Dimanche 18 juillet : Dîner chez les Brown et départ pour Boston.

Nous sommes aussi allés passer un week-end à Boston, chez la cousine germaine de mon copain David Eddy. Nous avons pu visiter toutes les maisons de Boston intéressantes sur le plan historique (il suffisait de suivre sur le trottoir la ligne des briques rouges). Nous avons pu visiter l’institut de Technologie du Massachusetts, et le « Christian Science Headquarters », religion fondée par Mary Baker Eddy, tante (?) de mon camarade. Et ce qui m’a le plus frappé, c’est le moment où nous passons sur une passerelle à l’intérieur d’un globe terrestre.

Nous étions partis à Boston, en voiture avec une cousine de David (Lorraine), chez qui nous avons logé, tandis que nous visitions cette belle ville, et au retour nous sommes rentrés en auto-stop. (sur mon panneau de stoppeur, était écrit « french to New York). Nous avions écrit cela avec David, en pensant que cela nous permettrait de partir plus vite… Mais je me souviens du commentaire d’Ellory Eddy « what do you want to mean ? I’m french and I go to NY ? ».

J’ai noté que nous avons attendu 8 heures, avant de partir. Quatre véhicules différents (dont un prêtre catholique) nous ont permis de faire le trajet jusque devant la maison des Eddy, ce qui est incroyable car il doit y avoir environ 400 kilomètres !

Sur la photo, c’est moi le petit stoppeur avec son étiquette, au bout… !


Vendredi 23 juillet : régate à Newport.

Une autre fois, nous irons même jusqu’à Newport, pour une régate  sur « Marche Hare », bateau de Mr Bruce Smart, régate que nous perdrons, mais cela me permet de connaitre le port où arrive la transatlantique et où Tabarly est arrivé premier en 1964. Je me souviens d’un superbe cocktail dans une belle propriété au bord de l’eau, où il n’y avait que des gens riches, et mon ami américain, David Eddy disait : « comment peut-on être aussi riche et aussi mal habillé ! ».

Deux gags en souvenir de ces journées de bateau :

–          David me demandant « How do you say a gib in French? « , ce à quoi je répondais « foc », et tous les américains rigolaient.

–          En pleine manœuvre, je viens pour aider Bruce sur l’avant du bateau, et il me crie « Go in a other way ! ». C’est ainsi que j’ai appris comment on disait « fous-moi le camp » en anglais !

 

Samedi 31 juillet.

Nous irons bien sûr avec mon camarade à New York, puisqu’ils avaient un appartement sur la 47° rue, et nous irons visiter l’ONU, l’empire States Building. A l’époque, les Twin towers du world trade center n’existaient pas et je n’aurais donc jamais vu New York avec ces tours que je trouvais d’ailleurs un peu hautes et étroites, sur les photos. Je trainerai même David pour visiter la Statue de la liberté; bien sûr, il ne voulait pas estimant que c’était vraiment la ballade nulle de touristes très médiocres.

J’ai fait ces 2 dessins.

–          l’homme perdu dans la ville, à New York : Ce qui est typique, ce sont les fumées qui sortent des plaques d’égoût.

–          Une version personnelle de la statue de la liberté ! on notera la mode des filles en 1971, avec leurs jupes courtes et l’insigne de la paix (« peace ») qui signifiait l’opposition à la guerre du Vietnam.

Anecdote à propos de la statue de la liberté : elle a été construite par un ingénieur français, nommé « Gaget ». Les américains ont fabriqué de nombreuses petites statues, vendues comme souvenirs, qu’ils ont naturellement appelés des Gagets : avec leur façon particulière de prononcer les G, elles sont devenus des « Gadgets » !


Jeudi 5 août

Régate à Shelter Island, sur Windance.

Nous sommes reçus à « Sylveste manor », joli manoir en bois du XVIII°, par la belle-famille de Bruce Williamson, qui navigue avec nous. Dans le parc du manoir, il y a encore la maison des esclaves, et nos hôtes du lieu en ont très hontes lorsque j’aborde le sujet.

Nous serons 3° à cette régate.

Il y a des photos (cf plus haut) où l’on voir l’équipage avec le plat en argent que nous avons gagné..

Lundi 9 août.

Nous sommes partis avec David passer quelques jours à Montréal.

Voyage très intéressant, avec une première étape à Saratoga, ville de course intéressante. (souvenir d’enfance : j’avais une petite voiture qui était une « Chrysler Saratoga » et c’est la raison pour laquelle je voulais visiter cette ville !

Etape suivante : le fort de Ticonderoga. Il s’agit d’un fort de l’époque anglaise de l’amérique du Nord, et de l’époque de la guerre d’indépendance. Le fort a été entièrement reconstruit, et nous avons assisté à une démonstration où des acteurs habillés en indépendantistes américains, tiraient au canon de l’époque.

A Montréal, nous avons été obligés d’aller consulter au « Grand Hospital de Montréal », car j’avais une allergie cutanée importante, due au fait que j’avais arraché le « poison ivy » à main nue, en étant bien persuadé que je n’avais aucune réaction.

J’ai donc eu une réaction cutanée notable, qui a duré pendant tout notre voyage « out west » ;je portais des gants pour camoufler ces lésions cutanées ragoutantes, que l’on appelait « poison ivy gloves… »

Au Grand Hôpital de Montréal, ils n’ont rien pu faire pour moi. Le médecin consultant m’a seulement recommandé de prendre des bains avec un « four legs soda ». (assez idiot comme conseil, pour des jeunes qui font du camping !)

Je ne sais toujours pas ce qu’est un « four legs soda » , un demi-siècle plus tard. Je me souviens aussi que la consultation m’avait coûté 10 dollars (soit 5 heures de travail !).

Je pense aussi que ce médecin du grand hospital de Montréal (anglophone) était francophobe : c’était le cas de beaucoup d’anglophones de Montréal, deux ans après que le président français, Charles de Gaulle soit venu faire un discours en disant notamment « vice le Québec libre ! ».

Bien des années plus tard, j’ai pu rendre la monnaie de la pièce (positivement)  à un étudiant canadien qui venait consulter au « Centre de Vaccinations anti-rabique » du CHU de Bordeaux. Je me suis arrangé pour qu’il puisse consulter gratuitement, et je lui ai bien précisé qu’à l’inverse, les canadiens m’avait fait payer !

Nous avons été visité les quelques pavillons qui restaient de « l’exposition universelle de Montréal. »

Puis, dans les magasins de souvenirs canadiens, il y avait des « fireworks », fusées de feu d’artifice, qui sont interdites à la vente aux USA : David en a donc acheté.

Plus tard, nous arrivons à la frontière, et le douanier US nous demande « nothing to declare ? »

David répond « non…

Et le douanier pose la question importante : « fireworks ? »

Et David, de répondre franchement : « yes »

Le douanier nous a demandé dans quel magasin on les avait acheté, et il nous a demandé d’aller les rendre… ! Sur la route, en français moyen, je disais à David, qu’il suffisait de les cacher…mais, il a tout rendu, et nous sommes repassés au poste-frontière où le douanier nous a dit « OK, c’est bien de les avoir rendu » et il n’a même pas vérifié que c’était vrai : confiance totale !

Nous sommes rentrés par le Vermont et les côtes du Maine.

Dans le Vermont, nous sommes passés voir « Nancy », le girl-friend de David dans le camp école de « Hill school » ; le père de Nancy était l’un des professeurs ou dirigeants. Le principe de ce camp d’été est d’organiser des cours de rattrapage, comme certains de nos enfants l’ont fait à SFX ; mais, il s’agit d’un camp sous tente, avec 2 élèves par tente. J’y ai rencontré un français en immersion totale d’anglais… et le nuit, nous avons dormi sous une tente !

En repartant, nous avons visité les « polar caves » (grottes polaires), piège à touriste, et je me souviens que David était furieux que l’on se soit fait avoir !

Enfin, nous avons été voir « the coasts of Main », de grande réputation dans la nouvelle Angleterre. Mais cela nous rappelait fort la côte bretonne, et nous avons été un peu déçus.

Ces cotes se distinguent par des rochers et des vagues, ce qui semble exceptionnel aux USA, mais qui est bien banal pour un breton qui vit près de la Côte Sauvage !

Ce qui change, c’est l’habitat avec toutes ces belles grandes maisons grises en bois.

L’ambiance est un peu celle des côtes des îles britanniques (ou le nord de la Bretagne).

Bref, « we went there….we did that ! »
Trip out west..

Lundi 16 août.

Et un jour nous sommes partis pour un grand voyage vers l’ouest avec Chip et David. Nous avons traversé tout l’état de New York : la seule chose qui reste dans ma mémoire est le passage (sur la highway) le long de Woodstock, qui avait été le grand lieu de festival des hippies, deux ans auparavant.

Il faut dire que les USA au début des années 70, étaient très marqués par le phénomène hippie (le musicien à la mode, cet été-là, était Jimmy Hendrix) et par la guerre du Vietnam : dès que nous croisions un jeune aux USA, il levait la main et faisait le « v » avec son index et son majeur, ce qui voulait dire « peace » (peace and love…) et signifiait en particulier leur avis contre la guerre du Vietnam.

Ce sera particulièrement cocasse, dans les pays indiens (Arizona, Nevada, etc..) où nous croiserons de jeunes indiens dans leurs habits  traditionnels, et accompagné de leur âne, qui nous ferons ce signe de la main (« Peace » !). D’autant plus cocasse que l’âne est l’emblème des démocrates (c’est un peu l’équivalent des socialistes en France dont l’emblème est une jolie rose, alors qu’il mériterait vraiment d’avoir un « âne » pour emblème)

La première étape importante a été celle des chutes du Niagara, que nous avons donc vu du côté américain, ce qui est le moins intéressant. Avec l’électricité statique de l’air, nous avions les cheveux qui se dressaient sur la tête. Mais, le spectacle est impressionnant.

Plus tard, avec Daniel Cauchy, Laurence et les enfants, et toute la famille Cauchy, nous découvrirons « the Niagara Falls » du côté canadien : c’est indiscutablement beaucoup plus beau.

1)       photo de gauche : ilôt US entre les 2 chutes ; en arrière-plan le Canada et la belle chute semi-circulaire canadienne.

2)       Photo du milieu : Chip et David, devant la chute canadienne et la tour touristique canadienne.

 En regardant bien, on distingue certains de leurs cheveux dressés sur la tête, par l’électricité statique.

3)       Photo de droite, la chute américaine, rectiligne, devant le pont qui réunit les USA (à droite) au Canada (à gauche).

Nous avons ensuite continué notre périple. Nous avons fait le tour des grands lacs avec la petite ford Pinto, et nous avons fini notre périple au Canada en traversant  le pont de Sault-Sainte Marie.

Au Canada : après Niagara Falls dans l’Ontario, nous avons fait tout un périple dans l’état du Mannitoba : une succession de lacs et de forêts de sapins.

Sur la photo de droite, on aperçoit juste au-dessus des arbres un pont entre le Michigan (USA) et le Canada, qui est alors le plus long pont suspendu du monde. (Mackinac Bridge)

De retour aux USA, nous sommes arrivés près de Saint-Paul Minnéapolis, dans le Minnesota ( the « 10000 lakes state »). Nous avons été chez des amis des Eddy, sur une île au milieu de « White bear lake »). Maison superbe, et bien sûr ponton avec bateau à moteur. Nous avons donc fait du ski nautique; David et Chip en avaient déjà fait et sont sortis de l’eau sans problèmes, mais un ami de Chip (Steve) qui était venu nous rejoindre n’a jamais réussi à sortir de l’eau. Quant à moi qui faisais du ski nautique pour la première fois, j’y suis parvenu sans problèmes.

Parmi les jeunes avec lesquels nous avons festoyé, j’ai rencontré Chick Lindsey, qui venait l’année suivante à  « Schoolyear abroad », l’école américaine de Rennes grâce à laquelle nous avions fait la connaissance de David Eddy.

Puis, nous avons continué notre périple vers le sud. Nous sommes passés à Sioux City, puis nous avons roulé au milieu des champs de céréales ou d »élevage de bovins pendant des heures et des heures jusqu’au Rocheuses (Rocky mountains).

Photo de gauche : plaine du Middle-Ouest

Photo de droite : Chip Eddy et la Ford Pinto ; au fond : les Rocheuses

Nous avons longtemps parcouru cette région sur la route nationale qui allait d’un village à l’autre (il n’y avait pas encore d’autoroute partout). A l’entrée de chaque village, il y avait de nombreux panneaux pour les horaires des messes de chaque religion (Parish Church, Holy saints church, etc church..) C’est là que l’on se rend compte qu’il y a vraiment beaucoup de religions (et de sectes protestantes) aux USA.

ferme typique du middle west.

Enfin nous avons atteint le Colorado, et nous sommes allés à Boulder (près de Denver) où se trouvait l’université du Colorado, et où Chip était alors étudiant en histoire, pendant l’année scolaire. Nous avons donc débarqué dans sa maison d’étudiant, où nous avons passé deux soirées. Un soir, nous essayons d’aller dans un bar d’étudiant, mais dans le Colorado à cette époque, il fallait 21 ans pour pouvoir entrer dans un bar, autant dire que moi qui faisait très jeune, je n’avais aucune chance; nous avons dû nous retrouver avec David, au Mac Donald du quartier (il faudra attendre 1980 ou 1985 pour que les Mac Do arrivent en France).

Un autre soir, ou peut-être le même soir, ils se mettent à fumer du cannabis. Bien sûr, je ne participe pas, parce que pour moi, c’est quelque chose d’inimaginable. Les autres fument et planent tranquillement en écoutant de la musique sur leur chaine stéréo, dont ils ont retiré le couvercle (en plexiglas marron) qu’ils laissent traîner par terre dans le couloir, si bien qu’en me déplaçant, je marche dessus et je le casse : cela fera un peu scandale et il faudra que je paye le remboursement de leur couvercle (20 $), mais mon copain David acceptera de m’aider pour la moitié.

De Boulder, nous sommes partis dans les montagnes rocheuses, et nous avons pris des routes qui montaient à des hauteurs vertigineuses, en particulier un col qui montait à 11000 feet, ce qui fait à peu près 3500 mètres. A cette hauteur, la petite Ford Pinto avait du mal à monter.

Vieille mine abandonnée                                           col à 11988 pieds

En descendant les Rocheuses vers le sud, nous avons vu beaucoup de panoramas splendides et des sites très intéressants; des villages de mineurs en bois encore debout, de nombreuses mines dans la montagne, de véritables villages de western en bois encore debout.

En continuant vers le sud, nous sommes arrivés à « Monument Valley », où nous avons pu admirer ces montagnes en colonne, de couleur beige, au milieu des cactus.

Nous avons parcouru en Ford Pinto « Monument Valley » avec ces arches extraordinaires de pierres soufflées par le vent et l’érosion.

Mitten buttes                                                      the three sisters

Dans un coin du parc, nous avons trouvé une habitation d’indiens, qui vendaient des souvenirs (colliers, bracelets) mes amis américains n’arrivaient pas à communiquer avec eux, ils ne comprenaient pas l’anglais. Alors, j’ai essayé de parler Français, en pensant du haut de mes 17 ans, qu’ils parlaient peut-être notre langue européenne, et que personne ne s’en était rendu compte. Mais non, échec, les indiens ne comprenaient pas non plus ma langue maternelle.

Il faut noter parmi les bibelots qu’ils proposaient au touristes, des plateaux avec de nombreuses ciselures géométriques, qui n’étaient pas sans me rappeler les plateaux d’Afrique du nord, et en particulier ceux du Maroc, à tel point que je me demandais quel rapport de civilisation il pouvait y avoir entre ces indiens Navarro de Monument Valley et les marocains.

C’est une question restée sans réponse, sauf que ces civilisations sont très lointaines sur le plan phylogénique, mais qu’elles ont certainement des points communs au départ; et que l’on peut penser que cet art de la ciselure (notamment des plateaux) est très vieux et est commun aux ancêtres des indiens d’Amérique et aux marocains.

J’ai acheté un collier qui alternait les pierres bleues et marron, collier que j’ai offert à une de mes soeurs au retour en France.

dessin d’une indienne navajo et d’une « mesa ».

Nous avons continué vers le sud-ouest, et nous sommes allés dans le Parc National de Mesa Verde, ou il y avait de nombreux villages d’indiens dans les failles des rochers, villages qui dataient du X° siècle. C’était très intéressant, et depuis, j’ai toujours été étonné que les immigrants européens de l’Amérique du Nord se soient autant sentis étrangers à cette culture, à tel point que les américains (wasp) considèrent que les Etats-Unis ne datent que du 18° siècle et de la guerre d’indépendance, alors qu’une partie de la culture nord-américaine est vraiment beaucoup plus vieille. Je me souviens toujours de mon camarade américain, David Eddy, avec qui nous regardions les vieux papiers de Truscat, vieille maison familiale du 16° siècle et à chaque fois que l’on trouvait une lettre ou un cahier de comptes antérieur à 1776, il me disait solennellement : »ce papier est plus vieux que les Etats-Unis ». A Mesa Verde, je n’ai pas eu ce sentiment. Pour moi, cette période de villages indiens était beaucoup plus ancienne que les vieux papiers des archives de  Truscat. (« almost a thousand years ago… »)

Puis, nous sommes allés vers le Grand Canyon. Nous sommes allés sur le bord du Canyon, d’où l’on jouit d’une vue absolument extraordinaire sur ce site magnifique. David et Chip ont décidé d’aller faire un vol en avion pour admirer les paysages; je ne suis pas très tenté, car cela coûtait 10 $, et j’estimais devoir économiser mon argent. Il est certain que je n’arriverai pas à boucler mon budget avant la fin du voyage, et que je devrai emprunter de l’argent aux Eddy. Peut-être était-ce donc sage, mais, il me semble après 40 années que c’était un radinisme idiot, car je suis repassé 25 ans plus tard avec mes enfants, et ce type de vol libre était alors interdit.

J’ai donc attendu sur la petite piste d’envol mes amis américains, et c’est ce dont je me souviens le plus.

Quand ils sont redescendus, ils étaient émerveillés, et David était tellement emballé qu’il avait pris plusieurs pellicules de photos.

Puis nous avons repris la petite Pinto pour aller vers Las Vegas. Il faisait très chaud, et je me souviens avoir vu, là ou à Las Vegas, inscrit sur un panneau numérique : 110°. Rassurez vous, il s’agit de degrés Fahrenheit, mais cela fait quand même très chaud. Il faut noter qu’en allant vers LV (Las Vegas) les routes étaient souvent en couic, et nous nous en sommes étonnés. Nous avons compris lorsque nous avons roulés sur du goudron : à deux reprises, le véhicule a dérapé sur le goudron fondu et nous avons fait une embardée.

Après quelques heures de route, nous avons visité le fameux « Hoover Dam » : c’est un immense barrage construit sur le Colorado, indispensable pour fournir l’eau et l’électricité de Las Vegas, et qui contribue à prendre l’eau du Colorado qui n’arrive plus que faiblement chez les pauvres mexicains.

Nous sommes arrivés à Las Vegas, incroyable ville de lumière.

.

Nous avons cherché la maison des McMackins.( 1589 Aztec way, LV, Nevada) et nous avons trouvé, à cette époque où le GPS n’existait pas ! Ceci dit, mes deux camarades parlaient couramment anglais !

Mr McMackins était le deuxième mari d’une des soeurs de (Madame) Kay Eddy, et il travaillait comme impresario des groupes Philippins qui se produisaient dans les casinos. Il y avait plusieurs enfants, Suzann (Zucky) , l’aînée (environ 25 ans) qui revenait d’un voyage en Nouvelle-Zélande, Carry qui devait avoir 15 ou 16 ans, très belle fille, que j’avais essayé de draguer sans succès, un garçon Casey, et la petite sœur qui devait avoir environ 2 ans, et que l’on appelait « Sexy Cry Baby ».

G : Shannon Mac Mackins (Sexy Cry Baby)

Milieu : Mc Mackins motor home

D : Zucky téléphonant au Volant (elle appelle les parents Eddy dans le Connecticut)

La maison était en L, et il n’y avait quasiment pas de jardin, mais seulement une grande piscine ! Indispensable compte tenu de la chaleur dans cette ville.

Les soirées se passaient en promenade (en voiture) dans les rues enluminées, et dans les casinos (pour moi et mon copain David qui prenait soin de moi, dans les salles de jeu autorisée aux moins de 18 ans. Nous nous couchions très tard.

Donc, tout le monde se levait tard (10h ou 11h) puis après le petit-déjeuner, nous allions profiter longuement de la piscine. Puis après le déjeuner, nous partions nous promener; nous avons ainsi été faire du cheval dans leur Club Hippique. Je n’étais jamais monté à cheval, et le club m’a donc confié une monture douce et obéissante, et je suis parti avec Carry dans le désert, au milieu des cactus : quel cliché extraordinaire pour ce gamin de 17 ans que de se retrouver ainsi aux USA en train de chevaucher au milieu de désert et des cactus ! Il faut préciser que Carry montait très bien à cheval, et qu’elle avait vite abandonné le débutant que j’étais.

Un autre après-midi, nous avons pris le camping-car familial (« motor home »)et nous sommes partis nous promener dans le désert, jusqu’à un lac.  Le motor home  était très confortable, et il y avait même le téléphone à bord : tout cela était complètement incroyable pour un français à cette époque (1971). C’est Zucky, petit gabarit, qui conduisait le gros mobil-home, et elle nous a fait une démonstration de téléphone en appelant les parents Eddy dans le Connecticut.

Nous avons été jusqu’au lac Mojave en plein désert (Mojave desert, of course !), et nous nous sommes baignés pendant des heures. Tout à coup, les Mc Mackins ont vu un rattle snake. Un demi-siècle plus tard, je me demande encore ce que peut-être un rattle snake !

Il y avait des enfants des mariages antérieurs de Mr et Mrs Mc Mackins, et la petite Shannon, leur enfant commun.

Ainsi, la belle « Carry Smith » était la fille d’un premier mariage de madame.

C’est ainsi que j’ai appris la différence entre « my father » et « my real father ».

Un dimanche, je me suis fait conduire à la messe catholique. Il est probable que je sois le seul français à avoir été à la messe à Las Vegas !

La plupart des églises avait des panneaux publicitaires (lumineux et clignotants la nuit) « wedding chapel, open day and night »

Ce n’était pas le cas de l’église catholique.

Puis, il nous a fallu un jour quitter la ville des lumières pour partir plus à l’ouest vers la pacifique, tel les vieux cow-boys.

Nous avons roulé pendant des heures, sur ces routes toutes droites, au milieu du désert.

Ce voyage dans le sud des USA m’a permis d’avoir mon premier contact avec les déserts, je découvrais l’immensité, le néant et la totalité, l’ouverture à la méditation, la métaphysique et la spiritualité.

Nous avons aussi découvert les mirages, au loin dans le désert.

Et nous avons été arrêtés à une douane… stupéfaction de mon ami américain, David, qui m’avait affirmé qu’il n’y avait aucun contrôle douanier à l’intérieur du continent américain. En fait, les contrôleurs de cette douane voulaient que l’on jette toutes les provisions que nous apportions de la région occidentale (de la région indienne ?) Nous avons donc dû jeter le contenu de la glacière.

G : traversée de Mojave desert (voisin de la fameuse « death valley »)

D : arrivée en Californie (on note a priori la pollution au-dessous du ciel bleu)

 

Puis, nous sommes arrivés en Californie.

Après avoir longuement cherché un camping, nous avons dormi le soir sur une plage, ce qui était assez habituel avec les jeunes plus ou moins hippies de l’époque.

Le lendemain matin, nous avons été réveillés par des policemen en patrouille (« guardia »), qui se promenaient en disant « time to get up ! »)

G : premier contact avec l’océan Pacifique

D : Monterrey

Nous avons parcouru la route côtière de Los Angeles, jusqu’à San Francisco,

de beaux panoramas maritimes, qui ne sont pas sans rappeler la côte méditerranéenne.

Nous traversons aussi des forêts de Séquoias ; la végétation est particulière, avec beaucoup d’eucalyptus.

Nous nous sommes arrêtés à Monterrey, nous avons vus quelques focs sur les rochers en bord de mer, et dans ce port ; David Eddy m’a bien sûr fait la plaisanterie : « How do you say seals in french ? » en je répondis « foc » à voix haute, ce qui a fait rire tout l’entourage américain !

Cela rappelle l’histoire de  « gib » , où je m’étais déjà fait avoir.

Nous avons passé de nombreux moments à l’université de Californie (photos)  avec des amis de Chip, qui, à chaque fois, sortait du Haschich (ou du cannabis ?)

C’est là que j’ai appris ce que voulait dire «  Do you smoke ? » à ne pas confondre avec « Do you smoke – tobacco, I mean… ? »

Les photos le montrent, il y avait une ambiance très bon enfant à Berkeley (photo du milieu : monôme pour la présentation d’une pièce de Shakespeare), qui était à l’époque un des hauts lieux du mouvement hippie et de la contestation contre la guerre du Vietnam.

Nous nous sommes promenés dans un parc d’où  nous pouvions voir le fameux « golden gate bridge » (photo, sur lequel nous sommes allés bien sûr), il y avait un musée où était exposé l’avion de Clement Adler, et en me promenant sur la plage, j’ai pris mon premier bain dans l’Océan Pacifique (photo)

San francisco, c’est aussi la « telegraph tower » et surtout la promenade sur le « fisherman wharf ».

Nous avons laissé la voiture (Ford Pinto) à Chip, ruiné par ses pertes au casino à Las Vegas (il avait perdu 65 $)

Ce qui est vraiment amusant (et très américain) c’est que Chip est toujours resté à San Francisco, y a fait son métier et sa vie, et y est encore à SF en 2010 !

(nous sommes passés le voir avec Laurence et les enfants, en 1996.

Très américain aussi, leurs parents, George et Kay, devenus vieux (octogénaires), ont vendu la maison de Greenwich dans le Connecticut (34 round hill road), pour venir s’installer à Oakland, près de San Francisco.

Nous avons donc pris l’avion pour rentrer dans l’est.

Je me souviens avoir loupé le film dans l’avion, car j’avais compris que le titre était « water doo » (ce qui signifie « rosée du matin » alors que le titre était « Waterloo »… ! mon anglais n’était toujours pas extraordinaire … !

Puis, nous avons été conduire mon copain David, dans son université pour la rentrée scolaire : « Wesleyan University » la grande université privée du Connecticut à Middletown (très british : c’est la nouvelle angleterre !)

Ensuite, il était question que j’aille visiter Washington.

Mais, j’avais la flegme de partir seul, d’autant que je n’avais plus d’argent.

Alors, je suis parti sur l’île de Nantucket, avec  madame Eddy, chez une de ses amies, Barbara Kaufman, qui avait un fils Bily, un peu plus jeune que moi.

Nantucket est une ancienne île de pêcheurs de baleines, au large du Cape Code, et c’était vraiment un séjour intéressant. Tout un village de maison en bois, peintes en gris.

Sur certaines maisons, il y a encore la terrasse sur laquelle les femmes montaient guetter le retour du bateau de leur mari.

Une ambiance particulière, que l’on retrouve dans plusieurs films sur cette région particulière du « cape code » et des deux îles ; « Nantucket » et « Martha’s vineyard »

Barbara Kaufman peignait, comme Kay Eddy. Elle réalisait alors la maison de cette photo :

Puis, ensuite, retour à Greenwich, puis retour au Luxembourg par « Icelandic airlines ».

Ce qui m’a fait rigoler, c’est qu’en descendant de l’avion avec mon bagage à main et ma raquette de tennis, c’est que quelqu’un m’a demandé « c’était bien, le tennis au Pérou ? »

En fait, renseignements pris, c’était des touristes qui rentraient du Pérou !

Retour rapide en bus jusqu’à Paris.
Là, j’ai débarqué chez les Laffrat, où j’ai été accueilli par Alain.

J’ai passé la nuit chez eux, le lendemain, je me suis promené dans la belle ville de Paris.

Puis j’ai trouvé un train, et je suis rentré à Rennes.

FIN de ce premier grand voyage !
Au cours de nos différents péripéties, nous buvions du « Seven Up » (limonade) dans des canettes : ce type de canette n’arrivera en France que 10 à 15 ans plus tard ! maintenant, c’est vraiment très courant !

David buvait souvent de la « root beer », boisson soda amère que je n’aimais pas du tout.

 La Jeanne d’Arc (1980-1981)

J’ai soutenu ma thèse de médecine le 29 septembre 1980, jour de la Saint-Michel.

C’est une thèse faite dans le service du patron que j’appréciais  le plus: le professeur Jean Aubertin. C’est un de ses chefs de clinique qui m’a suivi pendant ce travail, Jean-Marie Ragnaud. J’ai choisi un sujet avec un seul dossier (!). l’histoire d’une femme avec une maladie de Vaquez qui a fait au cours de sa maladie un lupus erythémateux et une anémie hémolytique, ce qui m’a donné comme thèse : « syndromes myeloprolifératifs et dysimmunité ». C’était une observation intéressante, et j’avais fait une bonne revue bibliographique, surtout qu’à l’époque où il n’existait pas de banque de données consultables sur ordinateur, et que tout devait être fait en consultant les sommaires année par année, ou en allant d’un article à l’autre dans les bibliographies.

Bref, beaucoup de travail qui n’a pas fait avancer la science, mais qui a favorablement impressionné mon patron puisque à l’époque j’ai eu « mention très honorable » avec « échanges avec les autres universités ». Presque tous les étudiants qui avaient fait une thèse sérieuse avaient ces mentions à l’époque, et l’important était donc d’avoir fait un bon travail pour avoir aussi ces mentions.

Je me suis embarqué sur la « Jeanne d’Arc » environ 1 mois après, le 3 novembre 1980. C’était assez extraordinaire de se retrouver à Brest dans cette ambiance de brumes et de bateaux gris. Il a même neigé un matin, ce qui est extraordinaire pour cette pointe océanique de la France, et surtout au début du mois de novembre.

Pour moi, me retrouver sur un bateau à Brest était vraiment un hasard puisque je n’avais pas particulièrement envisagé  d’aller dans la Marine, mais bien de partir outre-mer dans la coloniale. Puis, les postes en Afrique disparaissant, le corps des médecins des troupes de marine étant supprimé (1980), je m’étais rabattu sur la Marine.

Il me faut avouer que la Marine est vraiment une armée avec des gens de bon niveau, loin de toute médiocrité, avec pour inconvénient bien sûr, l’arrogance de beaucoup d’officiers de marine.

Je me suis donc retrouvé médecin de la marine, et embarqué sur la « Jeanne d’arc », tout à fait par hasard !

Quelle aventure! 30 ans après, je peux le dire et le redire, avoir la chance dans sa vie d’embarquer sur la « Jeanne » et de faire un demi-tour du monde est vraiment quelque chose d’extraordinaire.

Et quelle campagne! Voici la liste des escales : Alexandrie, Djibouti, Colombo, Djakarta, Manille, Shanghai, Kobe, Hong-Kong, Singapour, Bombay et Djibouti…

Il faut dire avant tout qu’à chaque escale, je trouvais absolument incroyable de me retrouver dans tel ou tel pays, à l’autre bout du monde , et de pouvoir mettre des images sur ces endroits où je n’aurais jamais penser aller..

La « Jeanne d’Arc » a quitté Brest avec beaucoup de cérémonial.

Nous étions tous rassemblés sur le pont et le plus souvent au garde-à-vous.

Je m’étais mis à côté de la première femme médecin de la marine embarquée, pour pouvoir discuter avec elle. Mais, comme tous les journalistes venaient la prendre en photo, j’étais sur tous les tabloïds le lendemain.

Il y avait de nombreux généraux et amiraux qui arrivaient en hélicoptère sur la « Jeanne », tandis que le bateau tournait dans la rade de Brest. Autour de nous, beaucoup de bateaux, et notamment « les vedettes des familles », avec notamment Laurence sur l’une d’entre elles que je saluais (quand je n’étais pas au garde-à-vous.

Nous étions tous rassemblés sur les côtés du bateau, et prêts à nous mettre au garde-à-vous, ce que l’on appelle « le Poste de Bande ». A chaque fois que nous croisions un bâtiment officiel, le microphone du bord criait « La Berloch tribord » ou « la berloch babord », et nous nous mettions au garde-à-vous tandis que la trompette sonnait et tout un folklore qui s’en suivait, très important dans la tradition maritime.

Si longtemps après, j’en garde un bon et impressionnant souvenir, et je savoure le fait d’avoir pu faire un tel poste de bande avec la première femme médecin de la marine.

Nous avons fini par quitter la rade de Brest dans la soirée, et nous sommes sortis dans l’Atlantique. La mer était un peu formée, et le bateau tanguait magnifiquement et descendait dans chaque vague pour remonter la suivante. On imaginait aisément l’arrière du bateau qui devait remonter dans la houle, et qui m’évoquait une croupe féminine : celle de Jeanne d’Arc, bien sûr !

Après deux jours de mer, nous sommes le long de la côte marocaine et nous apercevions les villages en haut des falaises; cela m’amuse, car j’ai toujours beaucoup aimé le Maroc, probablement à cause des cartes postales que m’envoyaient mes cousins germains qui habitaient Casablanca quand j’étais enfant, et je n’ai jamais mis les pieds au Maroc, mais ce jour-là, j’ai vu le Maroc !

Nous nous sommes approchés de Gibraltar, et comme c’était la nuit, nous pouvions apercevoir autour de nous de nombreuses lumières de bateaux, et sur l’écran radar, c’était une multitude de points qui suivaient le même chemin pour passer le détroit. Le seul souvenir que je garde de notre passage devant Gibraltar, ce sont les phares des voitures sur la route côtière et l’intensité de la circulation.

Le gag que je raconte toujours, c’est que quand j’ai passé Gibraltar en bateau, d’ouest en est, il y avait l’Angleterre à gauche (au nord) et l’Espagne à droite (au sud).

Lorsque je racontais cette histoire, cela faisait enrager Raquel, notre baby-sitter espagnole, qui n’avait toujours pas digéré la présence anglaise à Gibraltar. Cela fait aussi enragé Karim, qui ne digère pas la présence espagnole sur le territoire marocain !

Nous avons navigué sur la méditerranée, et je me souviens en particulier un matin où nous étions devant la Lybie, et il y avait une escadre russe au mouillage, dont certains bateaux très rouillés. Nous sommes passés avec la  « jeanne d’Arc » et le « Forbin » au milieu des Russes. Ils étaient tous au garde à vous sur leurs bateaux et nous saluaient avec les sonneries de trompettes qui vont bien, mais, nous, sur les deux bateaux français, aucun salut officiel, aucun poste de bande, rien; il faut dire que c’était à l’époque où les russes étaient entrés en Afghanistan, et que la France leur « faisait la gueule ». Tout au moins sont-ce les explications que l’on nous a fournies.

Et puis, un matin nous sommes arrivés devant le port d’Alexandrie.

Alexandrie : la vallée du Nil, les pyramides, le musée de Toutankhammon.. fantastique! Le bus qui longe la vallée du Nil, tous les égyptiens  en  djellaba au milieu de ces villages de sable, ces ânes attelés au brancard des puits antiques (les fameuses “noria”, ces scènes bibliques , c’était magnifique, extraordinaire; être devant les pyramides incroyablement hautes, avec le désert devant soi, les palmiers, les chameaux et tous les colporteurs arabes, c’est extraordinaire.

Que se rappeler encore ? Un cocktail à l’ambassade de France, protégé par des sacs de sable côté rue, un dîner chez un conseiller d’ambassade, un thé à Alexandrie chez des vieilles françaises expatriées; les oiseaux dans les parcs d’Alexandrie qui sont des huppes.

Nous sommes donc allés au Caire un soir. Après le cocktail à l’ambassade, nous avons été reçu par un conseiller de l’Ambassade de France, qui était le mari d’une Gouvello, de Kerlévénan (Sarzeau).

Puis,  nous sommes descendus au Hyatt, très bel hôtel.

Mais, par contre, la direction m’a mis en chambre avec Henri Cassagnou, et il n’y avait qu’un lit à deux ! il a fallu discuter un peu pour qu’il nous donne chacun notre chambre. (NB : Henri Cassagnou est installé comme médecin généraliste à Questembert, en 2010)

Après avoir quitté le port d’Alexandrie, nous sommes partis vers le canal de Suez. Après l’attente avec plusieurs bateaux, toute la colonne s’est engagé dans le canal au petit jour : images extraordinaires que ce canal bleu qui serpente entre le désert (à l’est)  et les palmiers (à l’ouest) et que cette longue file de bateaux, avec au milieu nos deux bateaux de guerre. Vers le milieu du jour, tout le convoi s’est arrêté dans un lac magnifique (lac Amer), pendant que l’autre convoi montant le canal de Suez nous croisait. Le ciel sans un seul nuage se reflétait dans l’eau d’un bleu profond sous un soleil resplendissant ; je me souviens d’avoir profiter de ce moment pour téléphoner à Laurence. Il faut rappeler que le téléphone des bateaux à l’époque se faisait par Radio Saint Lys : il fallait s’inscrire pour téléphoner (5 ou 10 personnes seulement) puis on attendait que Radio-Saint Lys fasse une vacation; il fallait alors que le transmetteur du bord soit très rapide pour inscrire le bateau en bonne place sur la liste d’attente; cela fait, il fallait attendre que ce soit le tour du bateau, puis son propre tour et on pouvait alors parler tendrement à sa chérie avec toutes les personnes autour de vous qui vous écoutaient ainsi que tous les bateaux et radios branchées autour du  monde, sur tous les océans, voir sur tous les continents…. (Radio saint-Lys a fermé ses portes vers 1999 compte tenu du progrès des communications par satellite)

Nous avons ensuite pris avec notre convoi la partie sud du canal de Suez, avant de déboucher sur la mer Rouge ou attendaient de nombreux bateaux qui remontaient vers le Nord.

A noter : le désert à l’est (désert du Golan) était à l’époque occupé par l’armée israëlienne. On voyait donc de temps en temps un camp de tentes militaires, parfaitement bien tendues et en bon état, “au carré“. De l’autre côté, vers l’ouest, c’était l’égypte, plus ou moins en guerre avec Israël. De temps en temps, il y avait un camp de l’armée égyptienne, avec des tentes mal tendues, un peu “bidonville“.. Le contraste était saisissant !

Grosse chaleur sur les bateaux, dans laquelle il nous a fallu travailler l’examen de médecine tropicale avec le MC Hauteville comme professeur.

Ensuite, ce fut l’escale à Djibouti, les premiers pas en Afrique noire : mon rêve de toujours… avec la misère dans les rues, la grâce des femmes en boubou bariolé, les hommes en jupette, le poignard à la ceinture, le regard brillant et la bouche verte de Khât, cette drogue qu’ils passent leur journée à mâchouiller .

Nous avons visiter l’hôpital civil (Pelletier) et pu constater la pauvreté et le manque de moyens, les salles d’hospitalisation avec simplement des  lits sans matelas et une rigole centrale pour que l’on puisse nettoyer au jet d’eau.

Dans le port, il y avait quelques « bourques », ces grands bateaux à voile typique, avec une seule immense voile, et une barre de fléche qui part en travers du bateau, de l’avant vers le haut en arrière.

A Djibouti, mon poste (le poste 16) a embarqué sur l’Escorteur d’Escadre qui nous accompagnait, le « Forbin », nettement moins confortable.

Quand nous embarquions ainsi sur un bateau, la tradition maritime est d’aller se présenter au Commandant en grande tenue, c’est à dire sous les tropiques, le  » grand blanc  » avec l’épée au côté. Et les médecins portions le parement rouge de chaque côté de nos trois galons dorés. Et  en me promenant dans les rues de Djibouti devant tous les vendeurs de souvenirs, j’avais vu un magnifique sabre (made in India) avec un fourreau de velours rouge, que j’ai donc aussitôt acheté un, me disant qu’il irait très bien avec mon uniforme blanc pour aller me présenter au Commandant. En fait, si j’ai eu du succès devant mes camarades en étant ainsi paré, je n’ai jamais osé aller me présenter avec ce sabre, et je me suis contenté de mon épée de médecin. Cela dit, les officiers de marine sont très attachés à leurs traditions, et le commandant du Forbin n’aurait certainement pas apprécié mon sabre rouge et une telle moquerie.

Nous avons ensuite traversé l’Océan Indien, la mer bleu, plate, le soleil éblouissant, et la chaleur étouffante. J’ai réalisé alors tout l’ennui des ces journée en bateau, oû le lendemain ressemble tant à la veille !

La seule occupation : « le passage de la ligne » : c’est une tradition de la Marine, un horrible bizutage lors du premier passage de l’Equateur. Ceux qui l’ont déjà franchi entretiennent une crainte de cette cérémonie d’initiation ! Pour l’occasion, le pacha fera monter sur le pont de la « JDA » la piscine..A l’occasion, je ferai remarquer aux autorités du bord que c’est quand même idiot de naviguer sous des cieux chauds et ensoleillés, et de ne pas disposer d’une piscine, qui est dressée seulement pour un bizutage !

L’escale suivante était  Colombo, au Sri Lanka (Ceylan). Ile magnifique; c’est la première fois que j’ai eu un contact avec l’Asie, que j’ai pu aimer ces paysages avec des cocotiers. Je me souviens en particulier d’une promenade en taxi vers Kandi, au centre de l’île, où nous avons pu visiter une usine de Batik, voir un porc-épic, admirer le bain des éléphants dans une rivière, visité le temple de la dent de Boudah, voir le jardin botanique local dans la propriété qu’habita Lord Mountbatten. Nous avons aussi été nous promener dans un pays plus sec, pour admirer les sortes de pyramides locales, ou nous sommes descendus à Gao où nous avons vu les vieilles fortifications de la ville au bord de l’eau faites par les espagnols.

De Ceylan, nous sommes partis avec le bateau vers l’Indonésie.

La terrible journée arrivé, à mi-chemin entre Colombo et Djakarta : je me souviens du discours du Commandant : « … nous arrivons lentement de Colombo, c’est lent… nous allons à Djakarta, pour y faire la java.. » Bref, de l’humour vraiment basique !

Nous étions tous les « néophytes » en slip de bain, et à la file indienne : nous avions le droit à un application de savon noir sur la figure, puis nous étions plongé dans la piscine, ce qui nous permettait de nous laver.

Les « officiels » étaient déguisés en Neptune (qui présidait la cérémonie) et autres personnes de la mythologie greco-maritime.

L’année suivante, lorsque je repasserai « la Ligne » sur le « Champlain » avec les Commandos-Marine, j’aurai l’honneur de faire partie des officiels et de bizuter à mon tour les néophytes.

Parmi les officiels, il y avait l’infirmier tahitien qui était bien sûr déguisé en « tahitienne ». C’était un beau « rae-rae » et nous avions tous le droit à un bisou…

A Sumatra.(Djakartha) L’arrivée dans le port a encore été féérique. Il a fallu attendre l’après-midi pour descendre à terre, où nous avons pu aller visiter le centre ville et les magasins. Le soir, il y avait un grand cocktail à bord, comme d’habitude, et beaucoup de relations mondaines de l’ambassadeur. Mais, nous avons rencontré un ingénieur qui était là pour quelques années en coopération, et avec lequel nous avons sympathisé. Bien sûr, il nous a invités le lendemain à visiter le parc de Bogor, et la région, qui se situe à 30 kms au sud de la capitale. Nous sommes donc partis avec Alain Houlgate et Patrick Cosson au matin, et nous avons pris un taxi qui devait coûter une fortune locale à voir l’expression de contentement du chauffeur indonésien.

Nous sommes descendus vers le sud, et nous avons pu découvrir le magnifique jardin botanique de Bogor. Je me rappelle avoir acheté une boite d’insectes naturalisés, où il y avait notamment un lézard volant.

C’est une boite que j’ai toujours à la maison plus de vingt ans plus tard, mais elle n’a plus le droit aux honneurs des étagères du petit-salon.

J’ai acheté aussi des marionnettes indonésiennes, l’une était ancienne, et l’autre était plus récente, mais, cela faisait d’excellents souvenirs qui sont toujours à la maison, et qui, elles, ont encore le droit aux honneurs des étagères !

L’ingénieur nous a ensuite emmené voir les plantations de thé, mais, c’était dans le brouillard, et nous n’avons pas vu grand chose, en dehors de milliers de théiers. (Camalia sinensis).

Puis nous avons été voir une fabrique de gong, ce qui est quand même vraiment original. Des orchestres occidentaux viennent acheter leur gong jusque là (c’est au bout de nulle part !) et enfin, nous avons été dégusté des grillades de cuisse de grenouille dans un restaurant local, ce qui fut un moment très agréable

Nous sommes ensuite allés voir les plantations de thé dans les montagnes, mais le temps était pluvieux et c’est dans le brouillard que nous avons pu admirer toutes ces plantations.

Nous avons été aussi nous promener le long du port, où était alignés tous les voiliers qui assuraient les liaisons avec toutes les îles de l’Indonésie (environ 11000). En 1980, tous ces bateaux étaient à voile, mais cette époque doit être révolue !

Ensuite, nous sommes repartis avec la « Jeanne d’Arc » et nous avons contourné l’île de Bornéo. Je me souviens qu’à l’occasion des informations télévisées que nous diffusions à bord (à partir des dépêches de l’Agence Française de Presse), un médecin a malencontreusement lâché le mot de « lapin » ce qui ne se fait jamais sur un bateau.

Quelques minutes plus tard, nous étions en panne de moteur au large de Bornéo !

L’escale suivante était Manille aux Philippines.

Nous avons été fort bien accueillis. Le soir même, je dormais dans une belle chambre d’un de ces magnifiques hôtels sur le remblai qui longe la mer. C’était un plaisir que de pouvoir dormir dans une belle chambre, puisque l’on dormait habituellement dans la poste « Officier-élève » à 12 OE !

Lors du Cocktail traditionnel à bord, j’ai rencontré François Bouan du Chef de Bos, qui habitait Manille, et qui m’a invité à dîner un soir.
Nous avons  loué une voiture avec Jean-Luc Hervouet et Yves Nicollet, et nous sommes partis vers le nord, pour pouvoir admirer les rizières en terrasse. Mais, c’était beaucoup trop loin, nous avons traîné sur les plages, admirant les habitants, et nous sommes descendus dans un hôtel à Bangor, qui s’appelait « le Pines hôtel »

Je me souviens que nous étions en civil pour cette virée, et qu’avant de renter dans Manille, nous nous sommes arrêtés sur le bord de la route pour nous remettre en uniforme, ce qui nous avait valu l’arrivée d’une voiture de gendarmerie, à qui il avait fallu raconter nos aventures avec notre anglais approximatif – et le leur !

Nous avons fait d’autres ballades aux Philippines, et je me rappelle en particulier de bains dans des sources chaudes, des grains de café qui séchaient au soleil ou d’une promenade dans le magnifique cratère d’un volcan.         .
Un autre gag, à Manille : je me rappelle d’un jour où nous discutions de nos salaires avec des officiers philippins : nous finissons par nous rendre compte que nous gagnions pareillement 9000 Fr, médecins de la marine français et officiers philippins. Mais, soudain, l’un d’eux rajouta : « oui, mais, vous, c’est par mois, et nous, c’est par an… ! »

L’escale suivante était Shanghai, en Chine communiste : nous étions le premier bateau étranger à y faire escale depuis le début de la révolution (vers 1948) !

Incroyable : une aventure d’un autre siècle.

Nous avons remonté le fleuve avec notre gros bateaux, au milieu des jonques à voile : il y en avait partout autour de nous qui descendaient et remontaient le fleuve. Nous étions à la passerelle, car c’était l’enseigne de Vaisseau Henri Chavannes de Dalmassy, qui dirigeait la manœuvre. Je pense même que nous avons fait chavirer une jonque en la serrant de trop près avec notre vague d’aire.

Autour du fleuve, c’était l’hiver enneigé. Bien sûr, pas un seule voiture dans cette vieille Chine communiste, mais de nombreux ouvriers à pied ou à bicyclette, en tenue « Mao ». Je me souviens de la sirène d’une usine qui appelait les prolétaires au travail, dans la rigueur de ce matin hivernal enneigé.

Nous nous sommes mis à quai dans Shanghai : il y avait partout des banderoles (rouges, bien sûr) avec écrit « vive l’amitié franco-chinoise »,  en Français et en Chinois.

Lorsque nous sommes descendus à terre, nous avancions en uniforme au milieu d’une double rangée de soldats et marins d’état chinois, qui nous applaudissaient.

Nous avons passé quelques jours dans la shanghai communiste, avec ces milliers de chinois qui marchaient à pied ; une seule fois, nous avons vu une voiture dans les rues (une « Shanghaï » d’ailleurs !) sans doute une voiture d’une quelconque autorité politique, venue là à l’occasion de notre passage.

Nous marchions dans les rues avec nos beaux uniformes, nous pouvions acheter des souvenirs pour une bouchée de pains (j’ai encore de petits meubles miniatures achetés à Shanghaï).

Nous achetions la plupart des marchandises dans un grand magasin (luxe des années 1950) qui s’appelait « magasin du peuple ».

Tous les autres magasins étaient vieux, sales (moyenâgeux)  et il était vraiment impossible de communiquer.

Il nous est arrivé de nous arrêter devant la vitrine d’un magasin, et de nombreux chinois s’arrêtaient pour nous voir, si bien qu’il nous fallait bientôt faire face à une foule de 50 personnes, qui s’étaient arrêtés là pour nous voir, comme dans « Tintin et le Lotus bleu ». Dans cette foule, il y avait toujours quelqu’un qui parlais anglais, et nous pouvions échanger avec la foule chinoise.

Encore une fois, nous eûmes à comparer nos salaires : un officier chinois gagnait de l’ordre de 70 Fr par mois, pendant que nous avions environ 9000 Fr par mois…

Donc, vraiment grosse différence de revenu !

Nous étions bien sûr toujours accompagnés par des guides parlant français.

Un jour, comme je lui disais que la révolution était quasiment terminé, il me regarda et me dit que la révolution ne serait terminé que lorsque le monde entier serait communiste.

Un autre jour, j’ai acheté un cadeau pour remercier mon guide : je ne l’ai plus jamais revu (conséquence ou coïncidence)

Laurence et moi, sommes retourné à Shanghai en 2006, alors que Guillaume y habitait : incroyable, des voitures, voies express et métro partout : la Chine avait évolué d’au moins 1000 ans en à peine 25 ans !

En Chine, nous avons embarqué un jeune coopérant français dans le coma (après un accident) pour l’emmener se faire hospitaliser au Japon : la ″ Jeanne″  a donc fait la navigation vers le Japon en vitesse, et nous, les médecins, nous nous succédions au lit du comateux, pour le stimuler en permanence.

L’escale suivante était Kobe, au Japon, où nous avions le plaisir de retrouver nos femmes après environ trois mois.

C’est amusant, car la Marine nous avait autorisés à nous mettre en civil pour les retrouvailles avec nos femmes.

Nous les avons accueilli à déjeuner sur la « Jeanne » et nous avons dégusté des huîtres : nous avons eu le droit à une bonne intoxication alimentaire. Nous nous promenions dans les rues de Kyoto, et devant les restaurants, il y a avait des moulages plastiques des plats, et nous étions malades rien qu’en regardant ces moulages.

Nos femmes était logées à Kyoto (à 1 heure de train de Kobé) Nous avons donc pu les rejoindre, et nous avons visité un nombre important de temples à Kyoto.

Nous sommes allés avec Laurence  à Nara : nous avons pu y admirer ″ le temple d’or″ qui est une magnifique construction japonaise, que l’on voir sur tous les prospectus.

Près de nous, il y avait le ″ temple de mille lanternes″ que nous avons donc visité. Effectivement, un escalier assez long, zigzaguant dans la nature, montait jusqu’au temple, et à chaque marche, il y avait 2 énormes lanternes de pierre. On nous a expliqué qu’une fois par siècle, les mille lanternes étaient allumées, et que c’était absolument magnifique ! D’ailleurs, c’était la veille au soir. Nous avons donc promis que nous reviendrions dans 99 ans et 364 jours !

Vexant, à 1 jour près !

Cela m’est arrivé aussi en Nouvelle-Zélande à Noël 1994 : nous voulions prendre un petit train, qui avait servi à transporter les arbres coupés de la forêt, mais, manque de chance, le train était en panne ce jour-là, ce qui m’a fait dire « next time… » (je ne suis pas prêt de retourner en Nouvelle-Zélande au cours de cette vie !)

Quelques souvenirs moins sympathiques du Japon :

–          le jour de l’arrivée des femmes (A bord, l’avion qui nous amenait toutes les femmes était surnommé « le cargo du sexe.. ») nous avons été reçu à bord (dans la salle à manger des Officiers-Elèves) pour un « repas amélioré », avec notamment des huîtres, et la nuit qui a suivi, nous étions tous malades, avec une probable intoxication alimentaire. Or, une tradition japonaise est de présenter en devanture de leur restaurant, un moulage plastique des principaux plats préparés par le restaurant. Et nous nous promenions, Laurence et moi, et la vue de plats proposés par les différents restaurants nous donnait la nausée !

–          Dans la région japonaise où nous étions (autour de Kyoto) personne ne parlait français, et nous ne comprenions rien de ce qui était inscrit sur les panneaux indicateurs ou sur tout autre panneau. C’était donc l’inconnu total. A l’hôtel le matin (le « new Mikado »), nous expliquions à l’hôtesse notre programme de la journée, et elle inscrivait tout cela sur un papier en idéogrammes, en nous expliquant bien quel caractère voulait dire quoi : et nous allions prendre le taxi, en lui montrant la première ligne, puis nous arrivions à la gare, et nous montrions la deuxième ligne, et ainsi de suite…A chaque fois, nous avions le droit aux sourires moqueurs des interlocuteurs japonais !

Nous avons connu cela aussi en 2006, quant nous sommes retournés en Chine avec Laurence ; n’étant plus en uniforme, nous ne trouvions pas d’interlocuteurs anglophones, et nous étions obligés de prendre nos repas au KFC, car nous pouvions montrer du doigt la photo de notre repas, et nous savions quel était le prix.

AU Japon, il nous fallait sortir avec le serveur devant les moulages des plats en devanture, et montrer le quel nous voulions.

La vie était chère au Japon, et c’est vraiment dommage, car nous n’avons pas pu faire d’escapades ou de repas extraordinaires, comme nous l’avions fait, notamment à Ceylan.

Bien sûr, nous avons trouvé des tas de gadget électronique.

Nous avons acheté une énorme radio-cassette avec les 2 baffles, que nous avons gardés des années.

J’avais aussi acheté un montre-calculatrice.

Une caractéristique étonnante dans ces pays, ce sont les bouliers qui leur permettent de faire des calculs à toute vitesse.

La différence entre le boulier chinois et le boulier japonais, c’est que dans le premier cas, il y a 5 boules pour les « cinquaines », ce qui fait double emploi avec la boule du 5, et 2 boules pour les « cinquaines », ce qui fait double emploi avec l’unité de la dizaine suivante dans la rangée d’au-dessous.

Et donc, dans le second cas, boulier japonais, il n’y a que 4 boules à gauche, et une seule boule à droite pour faire la « cinquaine ».

J’ai même vue une calculatrice électronique à affichage numérique, avec un boulier inclus !

Sur la « Jeanne », pour les officiers-élèves, c’était la folie des montres et des « walk-man » (ces derniers n’existaient pas encore en France).

Pour les montres, on trouvait soit des écrans classiques, soit des montres à affichage numérique, ce qui a alimenté de longues conversations entre les midships entre ceux qui préfèraient voir l’heure, et ceux qui préféraient lire l’heure…

Puis, il a fallu quitter nos petites chéries, pour repartir en bateau vers Hong-Kong.

Pendant cette traversée sur « le Jeanne », elles faisaient un petit voyage à Canton.

Escale suivante : Hong-Kong.

Arrivée dans cette baie magnifique, accueilli par les bateaux de la Royal Navy.

Je me souviens surtout d’un gros hydroglisseur de la Navy, qui faisait des démonstrations éblouissantes de sa maniabilité autour de la JDA.

Ensuite, nous avons à nouveau été accueillis à quai par les femmes.

Puis nous avons découvert notre hôtel, magnifique : le Furama, une cinquantaine d’étages. Nous avons traîné de longues heures dans les magasins, c’était fabuleux, on y trouvait des tas de choses qu’on avait jamais imaginé…

J’y ai acheté, pour notre petit Erwann, un chien avec des piles qui aboyait et qui se retournait quand il trouvait un obstacle ; au retour, Erwann a toujours eu horriblement peur de ce petit chien mécanique.

Et une superbe voiture téléguidée ; evidemment, quand je l’utilisais, je la faisais foncer vers le petit Erwann, qui en crevait de trouille.

Je me rappelle que le chien a bien vite eu un jambe arrière cassée, et que je lui avais fait une magnifique prothèse avec une cheville en plastique vert et de la colle superglu. Malheureusement, malgré ma grande compétence chirurgicale, cette prothèse n’a pas tenu et le magnifique chien é dû partit à la poubelle.

Quant à la voiture téléguidée, je me demande bien ce qu’elle a pu devenir.

A Hong-Kong, il y avait un joli port chinois, qui s’appelait Aberdeen. Une soir, nous avons été dîné, sur un grand bateau-restaurant chinois : nous étions 7 ou 8 couples de médecins de « la Jeanne », et nous étions les seuls clients de ce restaurant : nous avons fait un superbe festin chinois, et cela reste un des souvenirs merveilleux de ma vie.

Puis, nous avons dû quitter les femmes pour continuer cette campagne de « la Jeanne ».

Quelques jours de mer avant l’escale suivante.

En passant au large du Vietnam, nous avons vu une fusée décoller. Je ne sais toujours pas ce que c’était…

Puis, escale à Singapour.

L’emplacement du bateau était au nord de l’île, en face de la Malaisie, si bien que je peux aussi dire que j’ai vu la Malaisie.

Singapour est une belle ville.

Au point de vue achat de matériel électronique, nous avions déjà tout acheté entre le Japon et Hong-Kong.

Par contre, ce que j’ai beaucoup acheté, ce sont des cassettes audio : de fausses grandes marques, type « Maxell » et qui était vendu vraiment pour une bouchée de pains : je crois que j’ai encore toutes ces cassettes, que je n’écoute plus jamais.

Deux grands souvenirs à Singapour :

–          Bugis Street : une rue avec des dizaines de prostituées, super menues, sexy et attirantes…en fait, ce n’était que des travesties ! d’ailleurs, le prostitution masculine de Bugis street a été interdite quelques années plus tard.

J’ai retrouvé un peu ce même type de (fausses) femmes à Tahiti, beaucoup plus tard avec les rae-rae du piano-bar.

–          Le « Raffles Hotel » : c’est un vieil hôtel de type colonial, où sont descendus les plus grands écrivains : Hémingway, Malraux, Walter Scot, Somersat Maugham. Bref, un excellent markettint a fait de ce beau bâtiment un lieu de légende : j’y avais acheté un magnifique parapluie, marqué « Raffles hotel », que j’ai perdu dès le retour.

«  Le soir, le visiteur s’installe dans un fauteuil en rotin sur le balcon qui court le long des chambres de l’hôtel Raffles de Singapour. Le crépuscule d’Asie tombe alors doucement sur les palmiers et les fleurs blanches des frangipaniers. La nuit allume les buildings démesurés de la ville écrasant les deux étages de l’antique établissement colonial, ses colonnades, ses jardins. La magie opère… »

 

DJIBOUTI

1982

 

Dîner au Restaurant « Les trois Banques »             

(écrit à Lille, Décembre 1996)

Un soir, nous avions été dîner dans un restaurant sur la place Mellenick, avec Christine et Philippe Eono (de Vannes) et Lurton (médecin qui sonnait de la trompe de chasse quand il était à Santé Navale).

Comme la température était agréable, nous nous étions installés sur la terrasse pour avaler quelques brochettes, mais le serveur djiboutien nous a demandé de rentrer à l’intérieur si nous voulions dîner, ce que nous fîmes.

Plus tard, lorsque nous quittâmes le restaurant, je remarquais une pancarte sur la terrasse où il était écrit qu’il fallait prévenir le patron si l’on refusait de nous servir à dîner en terrasse.

J’allais donc voir le patron, animé, je le crois, par l’idée de coopérer à une meilleure qualité du service de ce restaurant.

C’était un ancien légionnaire, d’environ 40 ans, qui avait décidé de rester sur le territoire à la fin de son contrat militaire, et qui s’était lancé dans la restauration, où il semblait avoir fait fortune en quelques années, puisque il était propriétaire de deux ou trois restaurants.

Il accueillit aimablement notre remarque, fit quelques reproches au serveur, et nous fit ses excuses; que nous refusâmes, lui répondant que nous avions fait un bon dîner et que nous n’avions signalé ce problème de terrasse, que parce que une pancarte nous demandait de la faire.

Mais, il tenait absolument à se faire pardonner cette erreur, et il nous proposa de venir dîner quand nous le voudrions dans son meilleur restaurant, qui s’appelait « les trois banques », je crois, et qui était alors le meilleur restaurant de Djibouti; et il me remit un papier où était écrit « Bon pour 5 repas ».

Quelques jours plus tard, nous sommes donc allés à trois personnes (avec les Eono) au « Trois Banques ». Le patron nous a accueillis, nous répétant que nous étions ses invités; nous avons tenu à lui préciser que nous prenions au minimum les boissons à notre charge; Nous nous sommes donc régalés, et le repas fut bien arrosé avec apéritifs, bons vins et digestifs. Et à la sortie, le patron ne voulut pas entendre parler d’un quelconque règlement…

C’est ainsi que pour une réflexion mineure, banale, voire mesquine, nous avons été invités à nous régaler tous les trois, et cela pour une petite fortune, car, quand on sait que le franc djiboutien était à l’époque à 2,5 fois le taux français, cette petite soirée avait du coûter 2,5 fois le prix de trois repas bien arrosés dans un des restaurants les plus luxueux de Djibouti …!!!

Poursuite d’Autruche dans le Grand Bara

et nuit piquante à Ali Sabieh                 

(écrit à Lille, Janvier 1997)

Laurence était venue me rejoindre 15 jours à Djibouti. Nous avions pris une chambre au Sheraton qui était à l’époque tout neuf. Puis nous avions passés quelques jours au centre d’Estivage d’Arta.

Lormel Riche, le Pacha du Commando Jaubert avait aussi sa femme Laurence qui était là, et les Officiers Mariniers avaient organisé une soirée à Ali Sabieh. Nous avions décidé de rejoindre tous les quatre Arta à Ali Sabieh au travers du désert, avec le 4×4 de Michel Bordaguibel (et de Philippe Eono). C’était un beau Nissan jaune-orange, flambant neuf, mais dont la copropriété entre Philippe et Michel fut houleuse.

Le (ou les) propriétaire m’avait donc demandé de prendre le volant moi-même, ne connaissant pas assez Lormel Riche pour lui confier.

Nous sommes donc partis sur la route goudronnée qui descend d’Arta vers Oueha, puis quelques kms après, nous avons bifurqué vers la gauche; il n’y avait plus qu’à couper au travers du désert pour atteindre Ali Sabieh. Lormel avait vaguement repéré une piste sur la carte, et installé à l’avant près de moi était censé nous diriger. Mais très vite, la piste est devenue impraticable. Le désert à Djibouti est constitué de nombreux  cailloux, de taille parfois énorme, qui sont répandus partout, et au milieu desquels poussent des épineux, les “ké-kés”. Nous nous sommes tout à coup retrouver coincés entre les kékés, avec le 4×4 à moitié grimpé sur de grosses caillasses. Nous étions arrêtés, lorsque, sorti de nulle part, est arrivé un nomade du désert, tout noir avec son ceinturon et son coutelas; nous lui avons demandé si nous pouvions rejoindre Ali Sabieh par là, et il nous a fait signe de retourner en arrière pour prendre la route, ce que je fis; Lormel était déçu, mais le 4×4 n’était pas à nous, et continuer au hasard sur les caillasses du désert me paraissait hasardeux.

la route goudronnée qui descend vers le sud du territoire traverse des baras, ce sont de grandes étendues sableuses toutes plates, qui sont de grands lacs asséchés depuis des millénaires. On aperçoit souvent des colonnes de poussières qui traversent ces étendues désertes, comme la colonne d’un ouragan, et que l’on appelle des “sorcières“.

La route contourne en particulier le Grand Bara, mais les automobilistes ont pris l’habitude de couper en allant tout droit sur le sable. Nous étions au milieu du Bara, lorsque traversa devant nous un troupeau d’autruches. « Suis-les » me crièrent mes passagers, et nous voilà en train de foncer sur le sable pour rattraper les autruches qui détalaient à toute vitesse, avec leur drôle de course déhanchée. Manque de chance, après quelques centaines de mètres, la plaine de sable sur laquelle nous roulions a commencé à se couvrir de petits monticules avec de grandes herbes, et j’ai été obligé  de ralentir pour ne pas faire sauter trop haut la voiture, au risque de casser les amortisseurs, et sauter trop haut les passagers, au risque de se heurter violemment au plafond du4x4…Nous n’avons donc pas pu rattraper les autruches, qui ont continué leur course pesante et déhanchée au travers de l’étendue sableuse du Grand Bara.

Plus tard dans l’après-midi, nous fûmes les premiers à arriver à Ali Sabieh. l’endroit où nous logions était un “hôtel”, sorte de motel avec un confort très africain. Et il y avait aussi 3 toukhouls, pour ceux qui voulaient vivre une nuit plus djiboutienne. Les toukhouls sont les huttes rondes typiques de Djibouti, sorte d’igloos en canis. Nous avons donc choisi cette “aventure”, et, après un dîner local avec les officiers-mariniers et leurs épouses, nous avons rejoint avec Laurence le Toukhoul, au milieu duquel tronait un lit double très européen. Quelques tortillons se consumant permettaient d’éloigner les moustiques; mais, à peine avait-on éteint la lumière, qu’il fut évident que cela était insuffisant ! Non seulement, nous devions faire face à des escadrilles de moustiques, mais en plus, le canis au-dessus de nos têtes était pleins de multiples bestioles, insectes divers et variés qui se décrochaient de la paille et se laissaient tomber sur nos corps, se délectant de nos épidermes riches en vitamines et de nos corps bien nourris…

Heureusement, avantage d’être médecin et d’avoir une trousse médicale bien fournie: J’avais là-dedans une lotion miracle, dont je n’arrive pas à retrouver le nom, et Laurence et moi nous enduisîmes de ce gras liquide puant, mais ce qui nous permis de dormir d’un profond sommeil aux confins du Territoire des Afars et des Issas. Le lendemain matin, nous pûmes constater notre chance : les Riche avaient peu dormi dans leur toukhoul, ayant passé la nuit à se battre contre les envahisseurs; le troisième couple bénéficiaire d’un toukhoul avait déménagé au milieu de la nuit pour aller dormir dans une chambre en dur…!!!

Moralité : pour les aventures exotiques, toujours se munir du produit qui va bien !


Les Commandos Marine à Mayotte.

Mayotte : Nous étions transportés avec les Commandos-Marine sur le BATRAL « Champlain ». C’est en naviguant vers Mayotte et en demandant quel était la monnaie locale, que j’ai appris que c’était une île française (!) qui utilisait tout simplement le franc. Notre mission était l’attaque fictive de l’île de Mayotte, pour en tester la surveillance et les moyens de défense. En fait, mission d’autant plus importante que les autres îles des Comores sont indépendantes depuis 1975 (nous sommes en 1982) et qu’une attaque reste toujours possible (En novembre 1975, la marche verte des Comoriens, qui a échoué,  avait pour but de prendre Mayotte)

Nous sommes mis à l’eau avec les Zodiac à environ 30 kms des côtes de l’île de Mayotte et nous faisons toute la route en mer en convoi de Zodiac; il fait chaud dans ces mers tropicales et les dauphins nous suivent et sautent autour de nous. Vers la nuit, nous arrivons sur l’île que nous contournons par le nord-ouest.

Nous beachons sur une plage devant un petit village de brousse avec des paillotes, des feux, et quelques lanternes, mais pas d’électricité. Un zodiac perd de l’air et les commandos le dégonflent complètement et le rangent dans un autre. Nous dormons dans le noir près du village, où nous avons vu quelque  agitation consécutive à notre passage. De fait, une délégation est partie par les chemins prévenir que nous sommes là, mais les moyens de communication sont suffisamment lents pour nous laisser passer la nuit tranquille.

Le lendemain matin, nous repartirons dans le jour levant, pour contourner l’île par le sud, en zodiac.  En remontant le long de la côte est, nous apercevons quelques îles inhabitées, et nous allons nous installer sur l’une d’elles, qui deviendra notre base pour quelques jours.

Il y avait 3 vedettes maritimes pour assurer la surveillance de l’île de Mayotte. Les commandos-Marine en ont pris par assaut le premier jour. Mais lors de la réunion-bilan avec Lormel Riche, le commandant de Commando, au bout de 48h, nous avons été obligés de restituer les deux vedettes, et il a été décidé que nous irions sur l’aéroport, au sud de la petite île, et qu’il y aurait un parachutage de la légion de la Réunion, et bataille entre nous et eux. Bref, c’était un peu le piège, car la petite île doit faire 6 kilomètres de long, un régiment de la légion tient le nord de l’île, et des légionnaires étaient parachutés au sud : les commandos étaient donc au milieu !

Nous sommes donc partis vers l’aéroport, et le Commandant avait donné comme consigne : chacun pour soi, courrez, cachez-vous, et la première nuit à minuit, on passera en zodiac pour essayer de récupérer ceux qui n’ont pas été pris.

Sur l’aéroport, il y avait plein de monde car c’était la grosse attraction de l’île, et en particulier les familles de métropolitains venus avec leur moyen de locomotions. Devant nous, un camion de la gendarmerie a amené toute une cargaison de familles (une quinzaine de personnes), et s’est garé à proximité de nous. Puis, tout à coup, nous avons entendu le Nord Atlas qui arrivait et commençait à larguer les parachutistes; alors, Lormel m’a dit « viens, toubib » et nous avons couru vers le camion de gendarmerie avec l’EV Paul, second du Commando et quelques commandos. Le camion a démarré, tandis que les gendarmes propriétaires nous courraient après en criant « non, pas le camion ! » et que quelques spectateurs rigolaient. Nous sommes donc partis vers le nord de l’île et nous avons tout de suite mis nos bérets verts à l’envers, dans le même sens que les légionnaires. Nous sommes bientôt arrivés à un barrage routier des légionnaires, qui n’ont pas vraiment réagi au début en voyant arriver ce qu’ils croyaient être d’autres légionnaires.. Puis, en nous voyant dans un camion de gendarmerie, et avec notre mine suspecte, ils ont commencé à réagir, et à nous tirer dessus avec leurs balles à blanc : on ne craignait rien ! Nous avons continué jusqu’au nord de l’île, alors qu’ils avaient entamé la poursuite. Arrivé à la jetée extrême, chance, il y avait à quai la vedette officielle d’un bateau de la Marine, avec les deux matelots debout, l’un à l’avant, l’autre à l’arrière, avec leur gaffe à la main.. Nous avons arrêtés le camion, et couru vers la vedette, et nous sommes montés à bord, et tandis que les commandos faisaient descendre de force les deux matelots, Paul démarrait la vedette et prenait le large. Nous avons commencé à descendre plein sud, mais au bout d’un moment nous avons été pris en chasse par une vedette de la Marine Nationale, justement une de celles que nous avions restitué la veille !

Je me rappelle donc du Second du Commando, l’EV1 Paul, pilotant la vedette et refusant de s’arrêter aux injonctions des autorités de la vedette, et criant  » et avec quoi vous voulez nous arrêter, avec la vedette que nous venons de vous restituer contraint et forcé !!! »

Bref, la vedette a arrêté d’essayer de nous arrêter, et nous sommes retournés nous réfugier sur notre île déserte, où nous avons retrouvé les commandos. Nous avons encore passé une journée à nous bronzer au soleil de Mayotte, et à admirer les petits poissons de toutes les couleurs au milieu des rochers avec masque et tuba.

Le soir, nous sommes partis en zodiac pour récupérer les commandos qui avaient pu se sortir de ce piège organisé; et au fur et à mesure que nous longions la côte de la petite île, nous voyions dans la nuit les alignements de lampes (nous avions convenu que nous accosterions à chaque fois que nous verrions un alignement de deux lampes sur la côte. Nous avons ainsi récupérer un grand nombre de commandos. Au total, sur un commando de 45 personnes, les ennemis légionnaires n’ont récupéré que 4 commandos.. tous les autres ont réussi à s’échapper et à se cacher jusqu’au soir.

Ce furent de grands moments, qui m’ont montré la souplesse des commandos marine et leur adaptation à ce type d’opération militaire.

Puis, ce fut le lent retour sur les flots ensoleillés de l’Océan Indien, pour regagner Djibouti, avec le passage de la ligne, où je faisais partie des bizuteurs, et nous avons brimé tous les pauvres commandos-marine.

1985 : achat de l’appartement du 8, rue Monseigneur Trehiou, à Vannes.


Tahiti

Grand départ en famille en août 1994

Départ en août de Paris; chaleur particulièrement insupportable. Nous attendons dans l’appartement des Ghellinck (Manouche et Marc) dans l’appartement surchauffé de la rue Desnouettes dans le XV° arrondissement. La veille au soir, nous avons diné avec eux et les enfants dans leur restaurant fétiche, le « XIV Juillet »; leur ami et patron rentrait de Polynésie où il avait eu un temps de cochon; charmantes perspectives.

Nous commandons deux taxis pour rejoindre Orly: ce sont deux superbes Mercedes.

Nous arrivons longtemps à l’avance à l’aéroport (mais moins cependant que Daniel lors du voyage au Canada!) Nous errons avec nos nombreux bagages dans la grande galerie d’Orly, avant de faire une attente et une queue épouvantable au guichet d’AOM..Vraiment, ce n’est pas encourageant de partir à l’autre bout du monde!

Et puis, nous finissons par être enregistrés, et c’est à nouveau l’attente dans la galerie supérieure, au milieu des tchadors à destination du Maghreb.

Ce n’est que bien plus tard que nous avons passé le contrôle aux frontières et arpenté rapidement la galerie de Duty-free; Erwann a acheté une paire de lunettes (qui sera volée plus tard à Punaauia!), puis il a fallu attendre encore avant de monter dans le DC10 d’AOM, qui était complètement plein, avec, en plus, des bébés suspendus au-dessus de nous. Quelle angoisse de se savoir enfermé dans cette boite de fer pour 24 heures, avec à peine de quoi s’asseoir et l’impossibilité d’étendre les jambes.

Décollage, et rythme avion, avec repas minables sur des plateaux microscopiques, et cela pendant des heures.

Arrêt à Los Angeles, où nous découvrons les pièces noires, avec des vitres fumées, donnant sur un hall de débarquement, avec interdiction de prendre des photos ! Nous sommes parqués dans ces pièces-couloirs, pendant une  ou deux heures, le temps de l’escale.

Puis, nous retournons nous entasser dans les étroits fauteuils de notre autobus aérien; et c’est reparti pour 8 heures de vol…

Enfin, nous arrivons, comme quoi le bout du monde n’est pas si loin, puisque l’on finit par y arriver! Ce sont les enfants qui sont près des hublots, et qui peuvent admirer l’ilot verdoyant sur lequel nous allons être prisonniers pendant deux années. L’avion se pose, et c’est la queue pour descendre sur l’aéroport, pas très grand, dans lequel nous entrons au son de la musique tahitienne jouée par un orchestre de trois gros musiciens locaux; une jolie vahiné vous souhaite la bienvenue (Iaorana, Maeva..) et vous offre une petite fleur blanche, odorante, une tiare tahiti, que l’on met derrière l’oreille.

Passé cette ambiance de bienvenue, nous allons nous agglutiner tous les cinq dans une des trois longues queues du contrôle de police. Après un certain temps d’attente, il faut faire vérifier et tamponner les passeports (ce n’est pas vraiment la France !), puis, nous rejoignons le hall où il nous faut attendre les bagages ; il suffit d’être patient ; nous n’avons jamais qu’une vingtaine d’heures d’avion dans les pattes et une quinzaine au départ à Paris. Enfin, nos chariots sont pleins, et il ne nous reste plus qu’à faire la queue à la douane… ! cela n’en finit pas d’arriver à Tahiti !

Je porte en bandoulière le camescope, mon portable Mac Intosh,  mon appareil photo, et mon fax ! Devant la douanière (vahiné bronzée,  modèle usagé) je commence à exhiber les différentes factures, car il faut prouver que tous ces articles datent de plus de 6 mois pour ne pas payer de taxe ; à la deuxième facture, elle craque, et me dit de passer, sans vérifier toutes ces affaires. En fait, c’est une chance, car il était interdit d’importer des fax sur le territoire sans les faire vérifier par les services des télécommunications locales, l’OPT (Office des Postes de Tahiti), ce qui nous aurait privés de fax pendant au moins trois semaines, s’il l’avait trouvé conforme !

Nous sortons donc enfin de la zone de transit, et j’aperçois François Galland, un camarade de promotion, avec des colliers de fleurs, qui vient nous accueillir, suivi de Patrick de Mauleon, et de nombreux camarades, les Médecin-généraux, directeur de l’hôpital et directeur du Service de Santé du territoire, mes futurs techniciens. Chacun nous embrasse sur les deux joues et nous passe autour du cou un magnifique collier de fleurs (de tipaniers ou frangipaniers) et au fur et à mesure de ces embrassades de bienvenue, nous nous retrouvons avec une énorme pile de colliers de fleurs autour du cou, gangue colorée, pesante, et grattante qui finit par limiter terriblement les possibilités de mouvements de la tête…

Cette arrivée à Tahiti, et cet accueil par les camarades de l’hôpital est un des moments les plus merveilleux de ma vie, et je ne peux me le remémorer sans ressentir une émotion , qui traduit en fait les relations amicales tout à fait particulière que l’on rencontre à Tahiti, et qui est le souvenir aussi de cette poésie tout à fait extraordinaire de la Polynésie ; nous avons eu la chance, ainsi d’être touché dès nos premiers moments à Tahiti par ce charme polynésien (amitié et poésie) et c’est probablement pour cela que ce pays restera à tout jamais magique pour nous…

Le dimanche matin, nous nous retrouvons à la messe à Saint-Etienne, et nous entendons pour la première fois ces chants si beaux, si gais, que cela donne envie de pleurer. Enfin, quand on est là à Tahiti, au milieu de ce peuple beau, gentil, souriant, avec de tels chants, on sent que la vie est belle et que la distance est courte qui sépare ce bas monde de celui de Dieu ou de celui des dieux. En fait, nous sommes probablement au paradis, et Tahiti n’est pas un mythe, mais une réalité.

Nous avons ensuite passé quelques jours à « Iorana Villa », l’hôtellerie réservée aux militaires. Le faré n’était pas extraordinaire (nous avons pu en changer ultérieurement), et nous étions un peu déçus par ce que nous découvrions de l’île de Tahiti, sauf Clément qui passait son temps dans la (ou les) piscine (s) de Iaorana et qui trouvait que la vie était belle.

Environ 10 jours plus tard, nous avons intégré notre faré de PK 12,5 que nos prédécesseurs avaient (enfin) libéré. Le faré était en très mauvais état, au bord du lagon, avec une vue extraordinaire sur le lagon, le récif, le pacifique et l’île de Moorea. Vue paradisiaque, mais vieux faré en bois avec un toit en niaou que je trouvais bien vétuste, en particulier les jours où la pluie tropicale nous empêchait de sortir. Le propriétaire, Jimmy Nordhoff nous a refait certaines parties de la maison qui étaient pourries et j’ai repeint le sol des chambres, installés les bureaux des enfants, bref fait un faré agréable à habiter.

J’ai découvert aussi mon hôpital et mon service.


Tahiti

Huahiné : Atterrissage sur l’aéroport situé au nord de l’île. J’aurai l’occasion d’y atterrir moi-même plus tard, à l’occasion de vols d’entrainement, en particulier un vol avec ma belle-mère Jacqueline Cauchy, où j’ai freiné dès que nous avons touché terre, sans problèmes heureusement.

Nous descendons dans ce sympathique aéroport polynésien avec Laurence et les enfants, et nous prenons la voiture de location. Comme il fait beau, nous choisissons un modèle décapotable citroën. Nous regretterons bien les jours suivants, car il pleuvra des torrents, et il y aura carrément au moins 5 cm d’eau dans la voiture !

Nous avons pris quelques jours de vacances à la Toussaint 1994 avec les enfants à Bora-Bora; c’est un passage inoubliable. Cela commence par l’avion qui atterrit sur un étroit motu, puis les passagers qui se dirigent vers un bateau à moteur qui va nous amener du motu vers l’île principale : l’île haute. Nous naviguons donc sur le lagon, en admirant les autres motu, l’un des motus les plus proches, vers l’ouest est celui de Paul-Emile Victor. Il mourra d’ailleurs en mars 1995, quelques mois plus tard, et son corps sera immergé par un bateau de la Marine Nationale, commandé par le Lieutenant de Vaisseau Hélo.

Devant nous, au milieu de l’éclat des eaux du lagon, se dresse le pic central de l’île de Bora-Bora, majestueux. Sur le flanc de la montagne, on aperçoit de magnifiques bungalows. C’est un hôtel qui avait été construit à cet endroit, mais je crois qu’il est fermé par faillite. C’est assez classique en Polynésie, quelques personnes lancent un projet immobilier financé par les métropolitains grâce à un système de déduction fiscale, puis lorsque le projet est sorti de terre et que les promoteurs se sont bien enrichis (considérablement !) l’hôtel fait faillite, au détriment des investisseurs métropolitains, qui auraient du mal  à venir retrouver leurs sous à l’autre bout du monde, sous perdus de toutes façons tout à fait légalement.

Nous avons atteint le port de la ville principale de Bora-Bora, et un mini-bus nous a pris en charge pour nous conduire à notre hôtel,

Il pleuvait…

Notre hôtel était du type de ces merveilleux hôtels de polynésie avec un salon- aquarium, où l’on pouvait admirer les poissons du lagon, et de longs pontons qui conduisait à nombre de farés où logeait les touristes comme nous.

Nouvelle-Zélande, où nous avons été après Noël 1995 : nous avons loué une voiture avec Laurence et Clément, et nous sommes partis d’Auckland, et nous avons longé la côte : les paysages rappelaient ceux de Bretagne, peut-être en plus sauvages.

Les Néo-Zélandaises étaient plutôt laides, après la beauté des tahitiennes. (les dernières que nous avions vus étaient d’ailleurs des « ré-ré » lors d’une soirée organisée par mon infirmier-major : Rémy.

Un jour où nous prenions un café avec Laurence, l’aubergiste nous dit « Do you want molk ? » Nous nous sommes demandés ce que cela signifiait, jusqu’à ce qu’il aille nous chercher le produit en question, qui était tout simplement du lait : quel accent !

Une autre fois, nous sommes arrivés pour prendre un petit train, qui autrefois transportait des grumes des arbres ; mais, manque ce chance, le train était en panne ce jour-là, ce qui m’a permis de dire « next time… » sachant que je ne retournerai probablement jamais en Nouvelle-Zélande.

Je me suis fait flasher par un radar, un matin, si bien que j’ai une belle photo de moi et Laurence dans notre voiture de location !

Nous sommes allés à Roturoa, une ville superbe volcanique, avec des geysers. Passionnant, mais partout l’odeur de ces nuages volcaniques, si bien que cela puait vraiment, et les cartes postales en faisait état : « Roturoa stings… ! »

Le 31 décembre, nous avons eu un dîner maori typique, introduit par par une superbe « Haka » virile et agressive.

On ne peut vraiment pas dire que les femmes maori soient aussi belles que les tahitiennes..

Ensuite, le 1° janvier 1996, nous avons repris l’avion pour Tahiti, et je me souviens de notre escale aux îles Cook, en 1995, car avec le système des fuseaux horaires, nous étions revenus à la veille, et donc, l’année précédente !

Raïtea : Nous sommes descendus un soir, dans un hôtel de la ville principale de cette île : Uturoa. Nous allions passer quelques jours sur un motu à Tahaa.

La fleur endémique est « l’apetahi » qui ressemble beaucoup au « tiare Tahiti », qui sent la même odeur, mais qui ne représente qu’un demi-corolle.

Tahaa : nous avons passé quelques jours perdus sur un motu, avec Laurence et les enfants.

Maupiti :  toussaint 1996 : nous avons passé quelques jours aussi sur un motu, à l’entrée de la passe de l’île.

Nous étions une douzaine dans un petit fare, et le soir, nous défaisions la pile des matelas, pour pouvoir dormir.

Il fallait se couvrir de pommades pour ne pas être dévoré par les moustiques : et le matin, il fallait aussi se couvrir de pommades pour ne pas être brûlé par le soleil !

Nous passions la journée dans l’eau, à pêcher tout ce qu’il fallait pour le repas du soir, en particulier des oursins et  des « pahuas miti » c’est-à-dire des bénitiers.

Humour tahitien ; il ne faut pas confondre le « pahua miti » (= bénitier) et le « pahua fenua »(= sexe de femme) !

Autre humour : le sanctus à la messe catholique se chante : « oh moa, moa, moa ». Mais moa signifie aussi sexe. Donc dès que c’est nous qui le prononçons, les tahitiens se marrent…

Même chose, quand il y a du poulet, qui se dit aussi « moa ». Il suffit qu’un popa dise ce mot pour que les tahitiens se marrent … !

Ile de Pâques : un souvenir de quelques journées merveilleuses à la fin de l’année 1996.

Le 31 décembre, nous avons assisté à un feu d’artifice sur le port, de retour à la pension de famille le soir, Laurence marchait quelques centaines de mètres devant nous, lorsqu’elle a été attaqué par un cavalier dans la nuit, qui a dû lui demander un butin en espagnol.. Comme nous arrivions derrière avec les autres enfants, le cavalier s’est enfui au galop : Laurence et Clément sont probablement  parmi les seuls français à avoir été attaqué par un cavalier dans la dernière décade du XX° siècle ! Le plus drôle, c’est qu’ils n’ont même pas eu le temps d’avoir peur !

Rangiroa : avec Laurence, quelques plongées assez fabuleuses, notamment à « la grotte au requins », qui se situe à environ 40 mètres de profondeur.

Hiva Hoa : j’ai fait une tournée d’inspection à Hiva Oa, aux Marquises : l’île de Jacques Brel et de Paul Gauguin.

On peut encore voir la maison de Gauguin « la maison du jouir », et l’avion de Jacques Brel.

Et même sur l’île de Tahiti, je me souviens avoir fait des promenades extraordinaires.

Les falaises du Pari : nous avons passé la journée avec un cousin de Boboé, pêcheur,  pour admirer ces falaises tout au sud de la « presqu’île ».

Plus tard, à l’occasion d’un vol en avion avec l’armée de l’air, je suis repassé au-dessus de ces falaises.

Nous avons fait aussi la traversée de l’île et les lavatubes.

En juillet 1996, nous avons fait un « stop over » en Californie et au Nevada, au retour de Tahiti. Nous sommes allés faire un tour au « Grand Canyon », et le lendemain nous nous sommes levés très tôt pour partir au « Brice Canyon », mais il y  avait eu une erreur dans la réservation, et nous n’étions pas prévus pour ce voyage..d’où ma phrase désormais célèbre dans la famille  : « we payed for a three days tour, and the second day, we have nothing to do ! »

Bref, nous n’allâmes point au Brice Canyon, et nous sommes rentrés à Las Vegas, où nous avons été surclassés dans une superbe chambre dans un grand hôtel Hilton, pour nous consoler.

Au moment de nous enregistrer dans ce grand hôtel,  les hôtesses m’ont demandé mon adresse ; et j’ai répondu que nous n’avions pas, puisque nous avions quitté notre maison de Tahiti, et que nous n’avions pas encore de logement en France. D’où la réflexion des hôtesses :   “ waouh : that’s the first time we see homeless in a Hilton! “ (homeless= SDF !)

A raconter aussi, lors de ce fameux voyage, nous avons survolé le « grand canyon » avec un petit avion : Guillaume était malade et passait son temps à dégueuler, et Clément passait son temps à jouer avec ses cavaliers fisher-price !

Belgique : De retour de Tahiti, nous nous sommes installés à Lille, une très belle ville, très probablement, la ville la plus sympathique où nous ayons vécu. Le week-end, nous allions souvent en Belgique, à Bruges surtout, mais aussi à Gand, où nous allions voir un tryptique magnifique du  XVI° siècle, peint par Van Eyck : « l’Agneau Mystique » que Briac de P. nous avait fait découvrir un jour (Briac habitait Carvin, une cité minière, où il était professeur de physique)

Espagne : nous avons souvent été en Espagne avec Laurence, à Saint-Sébastien au Pays Basque, mais nous avons loué aussi un appartement avec les enfants à Rosas, du côté méditerranéen. Nous avons pu aller à Cadalques, où a vécu Dali.


Tere api

I  tau feuua i Tahiti

Avril 1997

Après 22 heures de trajet, une escale à San Francisco, et des milliers de kilomètres de survol des océans, l’avion longe enfin notre île verdoyante et atterrit en 02 sur la piste de Faa’a, cette piste où j’ai appris à atterrir, il n’y a pas si longtemps que cela.

Nous quittons le 747, et descendons de l’avion dans l’air déjà chaud, bien qu’il ne soit guère que 5 heures du matin ; nous traversons les derniers mètres du parking de l’avion, vers l’entrée de l’aéroport : nous sommes déjà “chez nous”, ayant l’impression de reconnaitre le moindre mètre de cet aéroport.

Sur le seuil, 2 tahitiennes nous accueillent sourire aux lèvres et nous donnent la fameuse « tiare », jolie petite fleur blanche et odorante de Tahiti ; derrière elles, 3 musiciens jouent une de ces mélodies polynésiennes dont nous rêvions en France, et qui nous  semblent déjà coutumières : nous sommes tout de suite dans l’ambiance.

Il n’y a pas de queue à la police des frontières, et nous sommes vite dans le hall où nous devons attendre les bagages. Enfin, nous pouvons franchir la douane, sans être fouillé, et nous retrouvons la foule habituelle de l’aéroport de Faa’a, avec les colliers de fleurs dans la main ; nous la traversons en cherchant à droite et à  gauche, mais sans voir personne de connu ; tout à coup, nous apercevons Boboé et Maeva, qui nous embrassent et nous couronnent, selon la tradition.

Moment émouvant, bien sûr, mais, en fait, nous avons l’impression de les avoir quittés hier.

Nous montons dans la Mercedes, et sortons du parking de l’aéroport équipé maintenant d’un péage, détraqué ce matin. Nous longeons la BA 122, traversons Faa’a, passons près de chez Juanita (notre ancienne femme de ménage), près du carrossier de Laurence (celui qui nous a réparé la 205 entre le soir où nous l’avons vendu et le lendemain à midi où nous devions la livrer.. !), dans le virage du Beachcomber, près des petites boutiques en pandanus (c’est le sujet de l’un des tableaux de notre chambre à Lille), rejoignons la RDO (la voie express) près du Maeva Beach Hotel ;  nous passons devant Continent, devant la Marina Taina, devant Iaorana villa; nous retrouvons la circulation de la route côtière, et passons encore devant ″Week-end″ (le Chinois du Week-end !) et devant Saint-Etienne, avant de tourner à côté de la Banque de Tahiti et d’entrer dans la propriété Nordhoff (la serrure de la grille est cassée !).

Nous nous garons en haut du jardin de B&M, près de la benne. Nous déchargeons la voiture et nous descendons pour découvrir les magnifiques arrangements du fare : une entrée et une grande chambre à la place du garage et du débarras ; la chambre est superbe avec des murs blancs, un carrelage brun, un grand lit, un grand placard, et une décoration  polynésienne, avec de beaux cadres aux murs, une table en bambou, un canapé aux coussins attrayants, et un buffet bibliothèque, avec des photos des parents de Maeva. Une cloison japonaise sépare la salle de bains, avec une belle baignoire en angle.

Dans la salle de séjour du fare, B&M ont abattu la cloison de la cuisine, ce qui agrandit la pièce. Une table de salle à manger ronde, un coin musique, avec petit canapé et une jolie table, un coin salon télé, avec canapé en bambou. Sur la terrasse, d’autres changements : Une cloison basse en bois à gauche, permet d’isoler le coin repas, avec la belle table de verre sur deux blocs de bois blancs, et les grandes chaises avec coussins ; sur la droite, un coin salon, avec les fauteuils et la table que nous avions dans le grand fare.

C’est là que nous nous installons pour prendre ensemble la première collation des retrouvailles. Laurence et moi qui avons festoyé dans l’avion prenons, avec plaisir, notre première Hinano. Il est environ 6 heures du matin. Après les échanges de nouvelles, la fatigue commence à se faire sentir pour les voyageurs, mais aussi pour les hôtes qui ont du se lever si tôt pour venir nous accueillir. Et tout le monde va se coucher…

Pour moi, impossible de m’endormir. J’ai trop envie de redécouvrir “mon” lagon de PK 12,5. Et me voilà en bermuda et t-shirt sur la plage de sable noir. J’ai retrouvé mes savates après 8 mois d’abandon, et qui m’attendait, fidèlement, au pied de la terrasse !

Du  jardin, je promène mon regard  sur “mon” univers du bout du monde :

–          Le lagon, toujours calme, dont le niveau est bas ; un peu partout on voit les pâtés de corail qui émergent.

–          La barrière, avec les vagues, petites aujourd’hui.

–          La passe, au milieu du récif, où nous avons eu la chance d’admirer une baleine et son baleineau, il y a deux ans et demi.

–          Le Pacifique, et son bleu profond, qui m’impressionne toujours, car c’est un océan  qui me semble sans fin ;

–          Et puis en face, Moorea, qui dresse ses montagnes majestueuses, et d’un vert doux, éclairées par le soleil levant.

Je descends sur la plage et m’avance devant le fare où nous avons habité. Un grand grillage, couvert d’herbes cache le beau jardin. De gros chiens, peu avenants, manifestent par leurs aboiements leur indifférence totale au fait que j’ai vécu chez eux, il y a deux ans ; de toutes façons, la terrasse différemment meublée, les croisillons de bois au-dessus de la porte, une toile dans le beau Purau, font que je ne me retrouve pas du tout chez moi : ce vieux fare, barricadé derrière ces grillages, et ces cloisons de bois n’a rien à voir avec le fare polynésien, ouvert à tous vents (et aux cambrioleurs !) et en communion totale avec le Pacifique, dans lequel nous avons vécu.

Je marche sur la plage vers la petite pointe de sable noir, et jette un œil à « mes » cocotiers, toujours fidèles au poste ; c’est là que j’avais installé mon hamac, et que je pouvais enfin illustrer un poster de jeunesse, où, dans un paysage identique, le personnage étendu dans son hamac disait : “ It’s a hard work to think.”

Je continue ma promenade vers le nord : la maison des Noble-Demay, puis celle du chinois qui jetait ses sacs d’ordure le soir dans le lagon (“le tout-au-lagon”). Il faut à cet endroit franchir un petit ruisseau (le trop-plein de la piscine du chinois ?) puis se pencher sous quelques Purau, avant de passer devant une jolie propriété, avec un pavillon rond. C’est ici qu’habite Teura, la veuve du navigateur Alain Colas, qui a disparu en mer à la fin des années 70. Plus loin, il y a un fare bricolé avec des planches et des tôles où habite un pêcheur ; ses chiens me saluent . Je me souviens qu’il avait souffert de la tempête de juin 95, et qu’il avait passer une partie de la nuit à clouer des planches pour protéger son habitation des vagues.

Je remonte à Sainte Etienne ; il y a là une grotte avec la statue de ND de Lourdes, que je remercie d’avoir pu revenir dans ce merveilleux pays, et devant laquelle j’ai une pensée pour nos enfants “abandonnés” à l’autre bout du monde ; Un coup d’œil sur le cimetière où est enterré Tiurai, un des derniers grands Tahua (guérisseur) et hio-hio (voyant) de Tahiti.

Je repars dans l’autre sens, repasse devant les fares Nordhoff, et continue devant la maison de l’Amiral. A côté, il y avait un joli pavillon colonial, avec balcons, où avaient habité les Betito. Il a été rasé ; dommage, c’est encore une belle construction du passé de Tahiti qui a disparu. Je continue vers le ruisseau (“Matatia”) et m’avance sur la grande pointe de sable ; je m’assois  pour regarder la barrière de corail qui part de cet endroit précis pour enserrer le petit lagon de PK 12,5 ; près de moi, des petits échassiers décollent pour survoler le lagon ; je me tourne pour contempler la baie du musée des îles : tous ces fares entourés de cocotiers qui s’étalent le long de la côte jusqu’à la pointe des pêcheurs, avec au milieu le clocher rouge du temple protestant, et au dessus les montagnes couvertes de verdure. Vraiment, que c’est beau, et que c’est merveilleux de pouvoir à nouveau contempler tout cela.

Les yeux pleins des images superbes de ce lagon polynésien, et que j’avais tant rêvé de revoir pendant des mois, je rentre au fare, et je fais un tour du jardin pour admirer les fleurs magnifiques, tiare Tahiti, opuhi, hibiscus, bougainvilliers…

Une silhouette bouge dans le fare ; c’est Maeva, encore sommeillante, qui est déjà levée pour s’occuper de ses invités. La  vahine nehe-nehe,  son pareo drapé gracieusement autour de la taille,  noue ses grands cheveux et sort cueillir une fleur pour la mettre à son oreille. On entend Maui, de la maison voisine qui appelle sa maman ; il arrive dans les bras de Lallie, qui l’avait gardé pour la nuit ; un câlin à sa maman et il saute dans mes bras pour me dire bonjour. Il est toujours aussi beau !

Nous partons avec la Mercedes faire les courses ; nous sortons du jardin et traversons le parking devant la Banque de Tahiti. Maeva ne veut pas aller chez Daniel, le Chinois qui ne sourit jamais, depuis qu’elle l’a vu aiguiser les ergots d’un de ses coqs de combat au-dessus du pain ! Nous allons plus loin ; sur la route côtière, la circulation est déjà intense, avec les 4X4, et les Pick-up, et leurs passagers installés dans la benne : la réglementation de la ceinture de sécurité obligatoire à l’arrière n’est vraiment pas appliquée dans cette lointaine partie de la France ! Nous nous arrêtons devant un chinois ; Maui répond à mes questions sur son école, son travail, sa petite amie actuelle, pendant que je regarde tous les personnages autour de moi, tahitiens et tahitiennes vêtus simplement et légèrement, tout sourires, pour lequel la vie a l’air si simple et si heureuse ; que je suis loin de la grisaille matinale de Lille, où chacun déambule sans regarder son voisin, le visage triste, fermé et sévère…

Retour au fare, et préparation du café ; nous installons le petit-déjeuner dehors, sous le Gazebo, de manière à pouvoir contempler Moorea.  Maeva me donne les nouvelles des mois passés loin les uns des autres, et puis viennent nous rejoindre, encore bien endormis, d’abord Laurence, puis Boboe, et nous savourons notre café-pain beurre avec sous nos yeux ce panorama polynésien et le lagon qui s ‘éveille peu à peu avec l’arrivée de pêcheurs avec leurs filets, une pirogue ; une ou deux vahines passent sur la plage avec leur démarche lente et gracieuse, et leur joli pareo.

Je ne me souvenais pas qu’il y avait autant de tahitiens à Tahiti, (et tant mieux !) Et je suis content de voir que le pareo se porte encore et que le bermuda et le T-shirt américain n’ont pas encore tout envahi dans ce beau pays.

Le petit-déjeuner terminé, Laurence et moi retrouvons palmes, masques et tubas que nous avions laissé à Tahiti, et qui nous attendaient pour aller redécouvrir le lagon . Nous voilà donc, marchant dans l’eau dont nous apprécions la douce température. Nous marchons parmi les algues, en faisant bien attention à ne pas poser les pieds sur un caillou ou sur les espèces de grosses sangsues : les holoturies, et surtout les synaptes, sorte de longs serpents immobiles au fond de l’eau.

Nous nous harnachons, et approchons de la première zone de coraux, et sommes déjà salués par les jolies balistes Picasso (oiri uouo)

Je nage tout de suite vers le gros pâté que je connais bien ; il est habité par des dizaines de petits poissons noirs, qui défendent leur territoire en s’approchant de vous de façon menaçante ; mais ils s’enfuient tout de suite pour retourner protéger l’entrée de leur trou, dès que l’on essaye de les toucher ; je crois qu’il s’agit de Maitos (chirugiens noirs) .

Je contourne le pâté et arrive au-dessus d’un petit rocher où je connais une murène depuis longtemps ; quel plaisir, elle est là : elle a bien grossi ; c’est une murène très jolie, marron avec de multiples taches blanches (puhi ou murène ponctuée) ; elle me regarde de son œil curieux, sort un peu de son trou et entrouvre sa gueule : c’est un moment, en palmes-masque-tuba où je me sens toujours très vulnérable, ayant souvent vu des murènes sortir de leur trou, en général quand elles ont l’habitude d’être nourri (feeding) et j’ai entendu parler de plusieurs attaques avec morsures importantes ; dans ces cas-là j’ai toujours tendance à protéger avec mes mains les parties de mon corps qui me semblent les plus importantes, en me disant que ce n’est pas très grave, au pire, d’avoir des cicatrices sur les mains… ! !

J’appelle Laurence pour lui montrer la murène, et je repère un peu plus loin un poisson-pierre (nohu), immobile, et légèrement de travers : on croit souvent qu’ils sont morts ; j’avance doucement ma palme pour le toucher, et pfuiitt, il part d’un seul coup de nageoires se cacher très loin : il était bien vivant!

Nous remarquons qu’il y a maintenant de nombreuses anémones sur les rochers : des milliers de petits tentacules qui bougent doucement avec le courant provoqué par les vagues : les revers de ces anémones sont colorés en rose, et elles sont habitées par des colonies de ravissants petits poissons, des demoiselles, le plus souvent noires avec des taches bleu fluorescentes. C’est absolument superbe.

Et puis, partout, des poissons cochers,  et des paraharaha multicolores, un véritable festival de couleurs pour le plus grand bonheur de nos yeux.

Nous nageons dans cet univers sous-marin extraordinaire de la Polynésie, profitant de chaque image de notre lagon, et jouissant en plus du plaisir de nous ébattre et de nager dans cette eau à température si agréable, redécouvrant le bonheur de cette symbiose totale du corps avec les éléments liquides : plaisir de descendre en plongée, de se diriger  d’un simple mouvement de palmes ou des mains..

Nous nageons vers la passe ; le chenal devient de plus en plus profond, et sur les côtés, le corail forme des cloches de plus en plus majestueuses ; les poissons sont plus nombreux et plus gros ; Entre ces falaises, l’eau prend une couleur d’un bleu profond, zébrée par les rayons du soleil : on a alors qu’une seule envie, c’est de s’enfoncer, de danser et pirouetter dans ce monde fantastique ; malheureusement, le besoin d’air nous ramène toujours trop rapidement à  la surface.

Arrivé à la barrière de corail, je prends pied et me laisse balancer par le mouvement des vagues ; près de  moi les pêcheurs plaisantent et rigolent.

Nous rentrons au bord en flânant dans ce monde sub-aquatique, et près du bord, j’entends Boboe m’appeler : un des pêcheurs (un tinito) en nageant est venu se coller sur une grande anémone de mer et s’est brûlé tout le ventre.

Je rentre au fare pour chercher s’il y a des corticoides parmi les médicaments que j’ai laissés chez B&M ; mais, impossible d’en trouver. En attendant, Boboe a amené le Chinois chez le taote de la place, où je les rejoins ; malgré une injection de polaramine et de corticoides, il ne semble pas aller mieux ; nous prenons la camionnette Citroen pour aller le conduire à l’hôpital Mamao.

Boboe s’installe au volant, avec le Tinito à côté de lui, et je monte à l’arrière avec deux vahines, dont la femme du malade ; elle a un joli visage, avec une bouche large, de belles dents blanches, un visage carré et bronzé, et de beaux yeux noirs. Elle est assez mal vêtue, avec un t-shirt débrayé et un bermuda mal fagoté. Quel dommage cette mode vestimentaire nord-américaine si moche, même si c’est agréable à porter, c’est tellement moins beau que le pareo.

Nous prenons la route de la côte, puis la RDO, avant d’atteindre Papeete. Je redécouvre cette vue magnifique de la baie de Papeete, quand on descend entre Pamatai et Auae. Boboe m’explique le nouveau plan de circulation de PPT. Nous passons par la rue de RFO, et nous arrivons à Mamao. Je saute de la fourgonnette pour demander si le Taote Turgeon est là, mais il n’est pas là. La femme du tinito veut absolument payer Boboe pour le transport ! Celui-ci refuse gentiment. C’est si simple et si naturel, ici, de rendre service. Quel pays !

Nous rentrons vers Punauia, et en route j’aperçois la  voiture de fonction du commandant de la Base aérienne, que je salue, et qui doit être surpris de me voir après tant de mois. La descente de la RDO vers le Maeva Beach Hotel permet d’admirer les couleurs incroyables du lagon, et l’imposante silhouette de Moorea. Enfin, nous voilà arrivé à Punaauia, et prêt à goûter le maa préparé par Maeva ; bien sûr, elle nous a fait du poisson cru, et nous retrouvons le bonheur de notre palais avec la saveur délicieuse de ce met tahitien.

Enfin, nous sommes bien là, à Tahiti, devant le lagon de PK 12,5, avec Moorea sous les yeux, en compagnie de nos amis, Maeva et Boboe,  le palais éveillé par les saveurs du poisson cru et nous retrouvons pour  notre plus grand plaisir l’atmosphère charmeuse de la Polynésie ..

Le Maroc

Enfant, j’ai toujours rêvé de ce pays, parce que mes cousins germains habitaient Casablanca, et que nous recevions une fois par an de belles cartes postales de feria ou autres merveilles folklorique du Maroc.

Etudiant à Bordeaux, j’avais sympathisé avec des copains marocains (Karim, Driss) et nous avions même créé « l’association franco-marocaine de Biologie Clinique ».

Mais, il a fallu que j’attende l’anniversaire de mes 50 ans, pour aller pour la première fois au Maroc.

Ouarzazate, le « Berbère Palace », que de bons souvenirs !

L’hôtel était superbe, et nous avons en particulier admiré les bougainvilliers en fleurs, qui grimpaient le long des façades de ce palace.

En fait de chambre, nous avions un appartement (une suite ?) avec 2 chambres, ce qui était inutile puisque Laurence et moi dormions dans le même lit ?

Nous avons déambulé dans Ouarzazate avec Laurence, en particulier chez les vendeurs de tapis. Il y avait un magasin de souvenir berbère, en face de l’hôtel. Nous allions assez facilement traîné chez ce sympathique marocain, y boire des thés à la menthe.

Un jour, nous sommes allés dans la montagne, montés sur des ânes et traînés par des marocains : nous avons cassé les cailloux pour rechercher des géodes, mais nous avons rapportés un grand nombre de pierres sans beaucoup d’intérêts esthétiques. Si bien que nous les avons toutes donné à notre commerçant berbère, en lui précisant cependant de nous faire parvenir une partie du produit de la vente, ce à quoi il nous a répondu « pas de problème, mais il faut que tu me donnes ton adresse ! »

Nous avons visité la superbe Casbah de Ouarzazate, et notre guide nous a invités à déjeuner le 29 mai (c’était le jour de mon cinquantième anniversaire), la superbe Casbah d’Aït-Benhamou, les casbahs de la vallée des Casbahs. Nous avions trouvé un guide qui avait un hôtel paumé au fond de la vallée, et qui nous a remis des produits à l’eau de rose, pour une de ses correspondantes qui habitait Baden. Nous lui avons rapporté ces cadeaux du Maroc, directement à Baden, mais, cela lui était complètement égal !

J’ai joint les parents par téléphone, puisque papa était bien fatigué.

La veille de notre retour, nous apprenons que la compagnie marocaine qui doit nous ramener en France (« Royal Air Maroc ») est en grève ; mais il faut se lever à 4h00 du matin pour prendre le bus devant l’hôtel, or le jeune cuisinier du restaurant marocain du “Berbère palace“ nous a dit qu’il n’avait pas préparé de repas, compte  tenu de cette grève prévue : il me faut donc convaincre par téléphone la compagnie qu’il ne nous sert à  rien de nous lever tôt, ce qu’ils acceptent. Nous passons donc une nuit et une journée de plus à l’hôtel ; le lundi soir, un avion vient nous chercher pour nous amener à Roissy (alors que la voiture est à Orly !) mais il faut reconnaître que le chauffeur de bus a été capable de faire Roissy-Orly en moins d’une heure, malgré les embouteillages du matin (et les files de bus).

Retour à Vannes, pour retrouver mon pauvre père en bien mauvais état.

Papa est mort une semaine plus tard.

Le Pauvre Guillaume, qui venait de faire un semestre aux USA,  n’est arrivé que le soir.

MAROC

Nous sommes retournés au Maroc

–          en novembre 2004

–          en mai 2008

–          en mai 2010

En novembre 2004, c’était une semaine organisée par Jacqueline et Daniel C, qui avait invité tous leurs enfants et petits-enfants.

Pierre C.  n’avait pas pu venir, et avait été remplacé par Patrick.

Nous étions donc

–          Jacqueline et Daniel

–          Patrick C. (« Patou »)

–          La famille d’Arnaud : 3 personnes

–          La famille de Laurence  : 5 personnes

–          La famille de Pascale: 5 personnes

–          La famille de Manouche : 5 personnes

Les parents C. avait loué à Marrakech, 3 magnifiques maisons marocaines – véritables petits palaces – avec piscines et parc de jeux.

Nous étions merveilleusement logés.

Il y avait 3 « 4 x 4 » à notre disposition.

Chaque jours, nous pouvions donc nous promener dans l’Atlas, ou aller à Marrakech, notamment Place Jama-el-Fna.

Nous avons fait une visite extraordinaire (avec guide) où nous avons vu l’école Coranique et le palais Saadien.

Nous sommes allés aussi à Essaouira, qui nous a permis d’admirer le port (et ses barques de pêcheurs bleus) et aussi de choisir son poisson pour une bonne grillade.

En Novembre 2008, avec Laurence, nous avons été invités chez Marie-Jo et Karim B., qui ont un magnifique appartement à Marrakech, dans une résidence (avec piscines) au bord du golf. C’est un lieu assez paradisiaque.

Publicités
Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :