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Généalogie de la famille Goullin


par Benoît Goullin    (version mai 2012)

Introduction

J’ai toujours eu envie d’écrire, et j’ai toujours été passionné de généalogie.

Il est donc particulièrement intéressant d’écrire ce mémoire sur la famille Goullin, d’autant que ma famille est un sujet intéressant, puisqu’il s’agit de notables de Loire-Atlantique : Machecoul, puis Bourgneuf (en-Retz), puis Nantes, qui ont marqué localement leurs concitoyens au XVII° et XVIII°, avant de se fondre dans le moule communautaire au XX°. (Rappelons que ce ne sont pas des ministres ou des députés, mais de simples citoyens !)

Et je voudrais pouvoir montrer toute la richesse d’une généalogie.

Chaque description d’ancêtre le ressuscite le temps de mon exploration, et j’apprécie ce moment où l’on recompose la vie d’une personne, qui était enterrée et oubliée à tout jamais.

Plusieurs pensées traversent mon esprit :

–          d’abord, la relative indiscrétion, car j’apprends des dates, des faits, que nos ancêtres n’auraient probablement pas imaginé être redécouverts plusieurs siècles après leur mort,

–          ensuite, la richesse des moyens de notre époque grâce à internet, qui nous permet de découvrir ou recouper des données concernant nos ancêtres ; et je pense aux moqueries de nos descendants qui auront des moyens incroyablement supérieurs.

–          Les engagements contraires de mes ancêtres, le plus typique étant Toussaint-Guillaume de Francheville (Sosa n° 232, 1736-1796) dit « le chouan », engagé dans les guerres catholiques au côté de Cadoudal, et qui sera tué par les républicains  dans une embuscade à Marzan le 22 mai 1796 (calvaire), tandis qu’un autre ancêtre Pierre Mourain (Sosa n°66, 1740-1793) Maire de Bourgneuf-en-Retz et Député de la législative, sera lâchement assassiné par les Royalistes en mai 1793 (plaque commémoratrice) ; j’imagine la rencontre dans un salon entre Toussaint-Guillaume de Francheville et Pierre Mourain aux premières années de la révolution et les discussions véhémentes (voire empoignades !) qui n’auraient pas manqué de s’en suivre ; et j’imagine doucement leur taper sur l’épaule pour leur dire « eh, calmez-vous : dites-vous bien que certains de vos descendants se marieront et que vous aurez toute une lignée de descendants en commun ! »

Toussaint et Pierre me regardent incrédules, car c’est complètement inimaginable pour eux, d’autant qu’ils ne sont pas du tout originaires de la même région géographique, et j’aurais tendance à penser que Francheville ne se considère pas du même milieu social que Mourain, et pourtant, je peux dire que la lignée ancestrale connue des Mourain remonte  6 générations au-dessus de la lignée connue des Francheville (plus de 150 ans)!

C’est l’histoire de « la flamme torse »[11], un livre écrit par un cousin germain de mon père (Francis III Goullin), qui racontait l’histoire de ses ancêtres Goullin, et comment la branche dite « rouge » c’est à dire républicaine et anticléricale, s’unissait par un mariage avec la branche « blanche », catholique et royaliste !

Voyez aussi la différence du chiffre Sosa   dans ces deux branches, c’est à dire que pendant la révolution, vivaient à la même époque mes ancêtres Toussaint-Guillaume de Francheville sept générations avant moi et mon autre ancêtre Pierre Mourain six générations avant moi. (Explications sur la numérotation Sosa en dernière page de ce livre)

Je dois avouer que je me sens plus près de la famille de Francheville pour avoir vécu dans leur propriété, à Truscat, tandis que je n’ai rien connu des Mourain et que aucun de leurs souvenirs n’est parvenu jusqu’à moi.

– je note aussi les points communs de mes ancêtres : Francis (I) Goullin, mon bisaïeul paternel publiait « Poésies Chrétiennes » (1876) et « nouvelles poésies chrétiennes » (1877) tandis que Jules de Francheville (quadrisaïeul du côté maternel) publiait à la même époque « Foi et patrie ».

Il y a eu déjà plusieurs essais sur le sujet, où j’ai pu puiser une partie de mes données :

–          « Notice sur la famille Goullin, de Nantes » [2] écrite en 1865 par l’historien Alfred Laillé; cette notice avait été rédigé à la demande de Pierre-Bénoni Goullin, à la suite du livre d’Alfred Lallié « le sans-culotte Goullin » pour montrer qu’il n’y avait pas de parenté avec Jean-Jacques Goulin, qui avait participé aux noyades de Nantes (nous en reparlerons dans cet ouvrage) ; cette notice fut réédité en 1927.

–          « Notes sur la famille Goullin », monographie familiale de Francis (III) Goullin, écrite en 1964 à Versailles. Jean-François m’a prêté en 2008 « souvenir de mes 2 grands-pères », du même auteur écrit en 1963 à Versailles.

–          « Bourgneuf, jadis » [3] livre de l’abbé Le Clainche, curé de Bourgneuf dans les années 1960, publié aux Ed. Lusseau à Fontenay-Le-Comte en 1970, et qui consacre un chapitre entier à la famille Goullin.

–          « Combien j’ai douce souvenance » [12], monographie familiale de Marguerite Crosnier, née Goullin, écrite en 1995.

–     « Souvenirs de famille » de François le Nail (1984) : la grand-mère de l’oncle   François Le Nail  était Lucie Toché, sœur de notre aieule Marguerite Toché, épouse de Francis I Goullin, l’artiste peintre (et poète). Les « Le Nail » se sentent complètement descendants des Toché, et leur aïeule est née et a grandi à « La Bouvardière ». On trouve dans le livre de l’oncleLa Nailde nombreux détails sur l’ascendance Toché et sur « La Bouvardière ».

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I° Partie

 

 

 

 

Quelques récits sur la famille Goullin

 

Origine de la famille Goullin

Il est passionnant de retrouver les origines les plus anciennes d’une famille.

On sait que l’orthographe des noms n’était pas stabilisé jusqu’au XVII° siècle, et il existe de nombreux points communs certainement entre Goulin et Goullin, mais aussi des rapports possibles avec les Golein, les Goulain, les Gouellain, etc..

L’origine du nom   .

Mon père me disait que le nom Goullin venait du celte et signifiait “feu du ciel” (in= feu, de ignis en latin, Goul = le ciel).

Golein est un mot que l’on trouve dans le dictionnaire breton et qui signifie : couvrir, dissimuler, se couvrir (ciel).

Golein était aussi un des titres des rois d’Irlande et d’Ecosse.

Selon Jean-Baptiste dela Grandière, éminent généalogiste contemporain nantais, le nom Goullin vient du prénom Josselin (ou Gosselin)

Les premiers Goulin/Goullin

Concernant la famille Goul(l)in, ce sont les recherches de François Goulin qui permettent de trouver cité le nom de Goullin au début du XIV° siècle :  Maroie GOULIN fille du Sr Leurench GOULIN manant à Fourdrinoy (Picardie) et écuyer en août 1309.

Pour notre branche Goullin (de Machecoul et Bourgneuf), la première trace est trouvée dans la généalogie de la famille Mourain.  L’ancêtre des Mourain de France, Estienne Mourain, était un gentilhomme anglais originaire du Somerset, et fait prisonnier à la bataille de Chizé, près de Fontenay (au sud de Niort) en 1372. [1]

Prisonnier, selon Benoît Goullin, errant dans la campagne après la bataille de Chizé, selon tante Margot, avant d’être recueilli par les Baraillon.

Voici le texte dont je m’inspire ;

“selon les chartres et les escritures que on a veu à Estienne Mourain, et mêmement ce que en dict que il est du Sommerset, le dict Estienne Mourain est gentilhomme, et il éstait avecques ceux-là qui furent par fourtune de guerre faicts prisonniers en la bataille qui n’a guères a été baillé à Chizi, prouche Fontenay, en ce païs de Poictou, et à l’autre baillée sur les coustes de la Rochelle, oùle sire comte de Pembroke estait pour li roy Edouart, et li sire de Glaiquin pour li roy Charles; et il dict que li roy Edouart avaict faict subhaster l’arrière-ban. Li ayant son père et un sien frère apeys li aussi bon pour li service faire, lour père aurait pour escient envoyé li dict Estienne à la guerre, et dont moult li aurait déplayst, pour ce voir son puisné rester et li aisné sortir pour telle avanture.”

ce fut faict le dix juillet mil trois cent nonante par moi Lebreton.

Dans la généalogie Mourain, on retrouve à la quatrième génération des descendants d’Etienne Mourain, Marguerite Cavoleau, qui a épousé N. Goullin, du Bois de Céné.

C’est intéressant, car c’est le pays de notre branche Goullin, et d’ailleurs, le sénéchal Pierre-Marie Goullin de l’Eraudière (1735-1805) était Seigneur dela Bailliepar un fief situé en Bois-de-Céné. [2]

Ce Goullin est né vers 1440-1450 et a épousé Marguerite Cavoleau vers 1470.

Parenté entre Estienne Mourain et N.Goullin époux de Marguerite Cavoleau

Estienne Mourain

ép. Jehanne Baraillon

Jacques Mourain (# 1375)

Olivier Mourain (# 1400)

Ep. Jacqueline Baet

Perrine Mourain (# 1425)

Ep. N.Cavoleau

Marguerite Cavoleau (#1450)

Ep. N. Goullin

Les Goullin (de Machecoul et de Bourgneuf) descendent aussi de la famille Mourain par le mariage de Benoît-Pierre Goullin (« Goullin jeune »,deuxième fils du sénéchal) avec Thérèse-Félicité Mourain, fille de Pierre Mourain à la fin du XVIII° siècle

Pierre Mourain fut un notable connu de Bourgneuf; nommé Maire de Bourgneuf en 1790, puis  élu membre de l’Assemblée Législative ; Pierre Mourain était de ceux qui crurent que les nouvelles lois permettraient de faire naître une république juste. Il fut tué par les Royalistes à Bourgneuf-en-Retz  le 24 mars 1793. (3)

Marguerite Goullin, née Cavoleau, se situe 4 générations après Estienne Mourain, tandis que Thérèse-Félicité Mourain, épouse de Benoît-Pierre Goullin, se situe 15 générations après Estienne Mourain.

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Les Goullin de Machecoul et de Bourgneuf

Au début du XVII° siècle, le régistre des paroisses se généralise, et l’on trouve bien sûr toutes les traces de nos ancêtes.

L’abbé Le Clainche dans son livre sur Bourgneuf-en-Retz [3] et qui a été longtemps curé du lieu, nous parle ainsi des parents de Nicolas Goullin : il s’agit de Jean (Jan) Goullin et de son épouse Jeanne Charrier. Jean Goullin est donc né vers 1600-1610.

Et Jean-Baptiste dela Grandièrea trouvé (archives notariées de Saint-Philbert de Bouaine) trois générations avant Jean (Jan) : son père : Michel, notaire à Saint-Philbert ,son grand-père Jean (ou Jehan), notaire du duché de retz à Legé, et son arrière-grand-père Jean (donc né vers 1525/1530).

Pierre-Bénoni Goullin (1799-1875) a publié en 1865 une “Notice concernant la famille Goullin de Nantes”, écrite avec l’historien Alfred Laillié, qui dit que la famille Goullin  descend de Nicolas Goullin (1635-1705), procureur et notaire de Machecoul.(2)

En fait, Nicolas est le fils de Jean Goullin et de Jeanne Charrier.

Nicolas Goullin est  Notaire à Machecoul, comme  le sera aussi son fils.

La généalogie est ensuite clairement établie entre Jean Goullin et Pierre-Marie Goullin de l’Eraudière (le sénéchal), qui suit. Les descendants du sénéchal sont bien connus.

Jean Goullin (#1525-1530)

ép. ?

Jehan Goullin (#1550)

ép. Louise Lardeau

Michel Goullin (#1575)

ép. Françoise Henry

Jean Goullin (#1600)

ép. Jeanne Charrier

Nicolas Goullin (1635-1699)

Procureur et Notaire à Machecoul

ép. Françoise Pouvreau

André Goullin (1670-1729)

Notaire à Machecoul

Procureur du Pays de Retz

ép. Charlotte Gallot

 

Pierre Goullin de la Brosse (1700-1778)

Capitaine des Milices Garde-côtes de Machecoul

ép. Hymène de Fonteveau

Pierre-Marie Goullin de l’Eraudière (1735-1805)

Avocat au Parlement de Bretagne

Sénéchal du Pays de Retz

ép. Marie-Anne Fouré

Pierre-Marie Goullin de l’Eraudière, “le sénéchal”est  enterré dans l’Eglise de Bourgneuf en Retz; on peut admirer la plaque commémorative dans le déambulatoire à droite de la nef.

Pierre-Marie Goullin de l’Eraudière épousa Marie-Anne Fouré et ils eurent deux fils :  Pierre-Marie, dit “Goullin aîné” dont descendent les Houeix de la Brousse, et Benoît-Pierre Goullin, dit “Goullin jeune”, qui suit, dont descendent tous les Goullin, mais aussi les Guillet dela Brosse.

Benoît-Pierre Goullin (1768-1838) a épousé Félicité-Thérèse Mourain, comme nous l’avons dit précédemment, et ils eurent trois enfants :

–          Benoît-Pierre Goullin qui fut médecin et qui était surnommé “Goullin tempête”. En tant que maire de Bourgneuf-en-Retz, il s’opposa beaucoup au curé de l’époque pour la construction de l’église actuelle (cf le chapitre sur les Goullin anti-cléricaux). Il n’eut malheureusement pas de descendants, car ses trois enfants moururent jeunes. Ils sont enterrés au cimetière de Bourgneuf-en-Retz.

–          Pierre-Bénoni Goullin, qui suit, dont nous descendons, qui épousa Joséphine Chaigneau. Pierre-Bénoni fut un grand notable nantais, puisqu’il a laissé son nom à un boulevard du sud de Nantes. Il fut Président du Tribunal de Commerce.

–          Thérèse-Adélaïde, célibataire.

Les enfants Goullin habitaient les hôtels du centre de Bourgneuf, comme on peut le voir sur cette carte postale adressée par tante Jeanne Goullin à Michel (II) Goullin.

Pierre-Bénoni Goullin (1799-1875) et Joséphine eurent quatre enfants :

Pierre-Bénoni Goullin

–          François-Michel (dit « Francesco »), mort à 2 ans, enterré au cimetière dela Miséricorde à Nantes. Plus tard, Bénoni fit bâtir la chapelle « Goullin » près de la tombe de son fils

–          Gustave, dont descend la branche ainée des Goullin, puisque sa fille Renée épousa son cousin germain Francis Goullin, ainsi que les Dubigeon, les Tertrais, etc…

–          Adèle, épouse  Camille Guillet de la Brosse, d’où une nombreuse descendance.

–          François-Benoît, dit “Francis”, qui suit, qui a racheté “la Bouvardière” à ses beaux-parents, belle propriété à Saint-Herblain, où il éleva avec son épouse Marguerite Toché une dizaine d’enfants sans travailler.  Il laisse le souvenir de ses peintures et de son œuvre poétique. Royaliste légitimiste, il a dépensé une fortune pour aider le prétendant au trône de France à vivre et revenir en France.

Francis (l) Goullin (1840-1913) et Marguerite eurent dix enfants; seuls quatre ont fait souche :

–          Marguerite (1868-1947) qui a épousé Victor Samson, dont descendent les Samson (et donc Bernadette Samson épouse d’Albert Reneaume), les Leroux, etc..

–          Emilie (1872-1917), qui épousa Auguste Brunelière, dont descendent les Brunelière et notamment les descendants du couple Joseph Reneaume-Marthe Brunelière.

–          Francis II (1874-1949), qui a épousé sa cousine germaine Renée Goullin

D’où la branche aînée, avec des prénoms de consonnance proche : Francis lll (1901-1971), Jean-François (1936), Pierre-François (1963), François (1997).

–          Michel Goullin (1876-1965) qui a épousé Elisabeth Reneaume (sœur de Joseph)

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Les Goullin : originaire de l’est de la France ?

Une autre tradition raconte que la famille Goullin est venue de l’Est dela Franceen même temps que la famille Raingeard.

Il est vrai que les familles Goullin et Raingeard ont cohabité à Bourgneuf-en-Retz, et que l’on retrouve dans les membres de l’Assemblée de Bourgneuf, qui s’est réunie le 1° avril 1789 pour recueillir les “plaintes et doléances ” des habitants et les adresser au Roi pour les Etats-généraux  : Pierre-Marie Goullin de l’Eraudière (sénéchal) comme président, et François-Yves Raingeard (avocat) comme membre élu [4].

Pour Charles Raingeard dela Blétière(1953), descendant de cette famille Raingeard, la tradition de sa famille raconte aussi cette migration depuis l’est dela Francecomme les Goullin; il cite aussi l’existence d’alliances entre les Raingeard et des Goullin.

Raingeard, selon lui, viendrait de “Rhein Hart”, soit “garde du Rhin”.

Pour François Goulin (5), le patronyme Ringeard est d’origine germanique, provenant de Ringhard (ring = anneau / hard = dur) avec un dérivé “Ringard” surtout porté en Picardie (Pas-de-Calais et Somme) et une version “Ringeard” portée essentiellement en Loire-Atlantique et en Vendée

Personnellement, je n’avais pas connaissance dans notre famille des Goullin de Machecoul et Bourgneuf d’alliance avec les Raingeard. Mais, les recherches de François Goulin permettent de trouver une  famille Goulin à Sainte-Pazanne,  où l’on trouve “Jacques Goulin”, qui épouse le 8 février 1716 “Jeanne Ringeard” [5].

On retrouve aussi différents Goullin (ou noms de consonnance voisine) dans la généalogie d’une famille de l’est, les Jenn [6],:

– Dans la seigneurie de Massmunster Niederbourback, au recensement de 1659, on note la présence d’un Christian Goullin (ou Gulling), laboureur de 68 ans, et un Jean Goulin, manouvrier de 33 ans. (Massmunster qui s’apelle maintenant Masevaux, et Niederbourbach / Bourbach le bas, se situent dans le Haut-Rhin)

– A Guewenheim (Paroisse de St-Maurice) au recensement de 1679 par le curé de Riegenbach, on note la présence d’un Christian Gullin (fils de Christian Gullin) , d’un Daniel Gullin (fils de Jean Gullin) et d’une Anna Gullin (fille d’Antoine Gullin)

– Dans la paroisse St-Georges, présence de Jean et Christian Gulling, mariés respectivement en 1705 et 1715.

Guevenheim se aussi situe dans la vallée de Masevaux, dans le Haut-Rhin, et il n’y a que quelques kilomètres de distance entre ces différentes cités. Il est donc possible qu’il s’agisse de mêmes familles.

De même, dans la généalogie des Goulin que l’on peut trouver sur le site internet de François Goulin [5], on trouve des familles Goulin en Lorraine : à Grand-Failly (54) depuis 1650, à Merles sur Loison (55) depuis 1640, à Châtel St-Germain (57) depuis 1640, à Dombras (55) de 1640 à 1837, et surtout à Reims et dans sa région depuis 1550.

On note aussi sur ce site [5] l’existence du sieur Jean Goulin, natif de Saint-Dizier en Perthois,  barbier et valet de chambre, attaché au service de la maison de Louis de Lorraine, évêque de Verdun, fils du duc René II de Lorraine. Ce « Jean Goulin » a été anobli le 23 décembre 1522 par lettres patentes données à Neufchâteau (Lorraine). Louis de Lorraine (né en 1500) évêque de Verdun, est le frère de Jean de Lorraine qui est évêque de Nantes de 1543 à 1550.

Goulin et Goullin

Il existe donc de nombreux points en commun entre les familles Goulin et Goullin. Les Goulin sont une famille de l’est dela France(Reims) mais une branche est venue au sud dela Loire, et les recherches effectuées par François Goulin montre que ces familles à l’orthographe si proche ont vécu quasiment aux mêmes endroits au sud dela Loire(voir cartes)

Le patronyme Goullin a longtemps été écrit et transmis selon divers orthographes, en particulier Goulin ou Goullin. Il faudra attendre le XVII° siècle pour qu’il soit stabilisé, et que les régistres paroissiaux distinguent les familles Goulin ou Goullin.

Les cartes dessinées par François Goulin nous montrent ces similitudes d’origine géographique :

–  Nous y voyons que les Goulin ont vécu au 17° et 18° siècles  à Saint-Mars de Coutais, Sainte-Pazanne, Saint-Hilaire, Saint Lumine de Coutais, Saint Même Le Tenu, Saint Etienne de Mer Morte

– Tandis que les Goullin ont vécu à la même époque à Sainte-Pazanne,  Saint Philibert de Grandlieu, Machecoul, et Saint Etienne de Mer Morte.

Ces villes et villages où ont vécu ces deux familles sont soit les mêmes, soit très proches les uns des autres, et quand on sait que jusqu’au 17° siècle, l’orthographe des noms n’est pas stabilisé, il parait complètement évident que les Goulin et les Goullin sont la même famille.

Voici les deux cartes de l’implatation des familles Goullin et Goullin aux 17° et 18° siècles.  Goullin (ci-dessus) et Goulin (ci-dessous)

(Cartes réalisées par François Goullin, et visibles sur son site internet [5]

les Goulain et Gouellain

Sur la site des familles Goulin |5], on apprend qu’en Normandie, il y a eu des Goulain, que l’on peut encore dénombrer sur l’annuaire téléphonique :

–          4 en Seine-Maritime

–          12 dans le Calvados

–          9 dans l’Eure

–          1 dansla Manche

Sur ce même Site [5], on apprend que l’on trouve des Gouellain dans la région de Cherbourg et en Seine-Maritime, depuis 1539, jusqu’à nos jours puisqu’il y a encore une soixantaine d’abonnés au téléphone.

–          29 dansla Manche,

–          22 en Seine-Maritime,

–          9 dans l’Eure.

Jean Golein

Le plus fameux personnage de toutes ces familles est très certainement Jean Golein , appelé ailleurs Jehan Goulain (# 1325 -1403) qui fut un des érudits conseillers de Charles V, roi de France.

Jean Golein naquit vers 1325 à Blaqueville en Normandie. Il entra dans l’ordre des Carmes à Rouen et devint, en 1357, le prieur du couvent des Carmes à Paris. Les mentions contenues dans le Cartulaire de l’Université de Paris indiquent qu’il participa activement à la vie universitaire.

Il est mentionné pour la première fois en 1362 dans le “Rotulus magistrorum theologie Parisius regentium ad Urbanum V missus” comme “Johanni Goulain, Ord. fratrum beate Marie de Monte Carmeli“.

Il dut donc obtenir le degré de maître en théologie au plus tard en 1362 et d’ailleurs, en mai 1363, son nom figure dans le document “Pro hospitali Sancti Spiritus Parisiensis” qui suggère la fondation d’un hôpital pour les pauvres à Paris.

En 1369-72 il fut le provincial de France de son ordre.

Jean Golein ne fut pas seulement un théologien mais également un traducteur au service du roi de France Charles V.

Ses propres ouvrages relatifs à la théologie n’ont pas été conservés mais beaucoup d’autres ouvrages ont été attribués à Golein notamment un commentaire en quatre livres aux Sentences de Pierre Lombard, le “In magistrum sententiarum commentaria“, ainsi qu’un livre “Super officio missae” et un autre “Questiones variae“.

Charles V employait au moins huit personnes pour traduire du latin en langue d’oïl, entre autres le philosophe Nicole Oresme, Raoul de Presles et Jehan Golein qui sont restés tous les trois dans les annales de l’histoire de France.

Dans le prologue de l’Arbor Genealogica de Bernard Gui (Arbre généalogique des rois de France, traduit en 1369), Golein déclare que cette traduction avait été précédée par celle d’une Vie de Sainte Agnès. Charles V était né le jour de Sainte Agnès, le 21 janvier 1338, et cette fête tenait une place particulière dans le calendrier de la cour royale. Les catalogues de la bibliothèque du Louvre ne portent pourtant pas d’indication d’une vie de Sainte Agnès en langue d’oïl. En plus de l’Arbre généalogique, Jean Golein traduisit en 1368 (d’autres sources parlent de 1369) le “Flores Chronicorum” de Bernard Gui, une compilation sur l’histoire des papes et des Opuscules historiques du même auteur.

En 1370, ce fut le tour des Collations de Cassien et quelques années plus tard, ou en 1372, ou en 1374, le “Rationale divinorum officiorum” de Guillaume Durant. A la conclusion du premier livre de ce texte, il ajouta le Traité du sacre, relatif au cérémonial du couronnement des rois de France.

La traduction du “De informacione principum” (De l’information des princes) fut présentée au roi en 1379. Nous savons qu’il traduisit également les “Chronica ab initio mundi ad Alfonsum XI, regem Castellae” (Les Chroniques d’Espagne et de Burgos), mais la date n’en est pas connue.

Au pape Grégoire XI, mort en mars 1378, succéda Urbain VI. Le Grand Schisme commença en septembre 1378 lorsque les cardinaux mécontents de l’élection d’Urbain élirent un contre-pape en la personne du parent du roi de France, Robert de Genève (1342-1394). Celui-ci prit le nom de Clément VII. Charles V se rallia à Clément, l’Université de Paris par contre à Urbain.

Jean Golein fut un partisan du pape Clément VII et occupa plus tard les postes de nonce et de chambellan apostoliques en Avignon. En 1389 il fut doyen dela Facultéde Théologie et poursuivit plusieurs dominicains qui contestaient le privilège de l’Immaculée Conception.

En 1393 Jean Golein s’opposa, selon les ordres de Clément VII, à la “via cessionis“, abdication volontaire des deux papes, et soutint la “via facti“, c’est à dire l’expulsion de Rome de Boniface IX, successeur d’Urbain VI. Cette idée ne trouva pas la faveur de l’université ; Jean Golein fut alors expulsé et ses degrés académiques furent temporairement annulés. Son nom est encore mentionné en février 1394 parmi les maîtres en théologie mais c’est la dernière fois qu’il apparaît dans le cartulaire.

Plus tard en 1401-1402 il traduisit encore l’appendice de la Legendedorée, “Intitulacions des festes nouvelles“.

Une question intéressante est de savoir s’il existe une traduction du “De eruditione filiorum nobilium” faite par Jean Golein.

La traduction par Jean Golein de cet ouvrage destiné à la formation des princes s’inscrit dans le programme lancé par le roi de France Charles V. Elle appartient, d’une part, à un mouvement plus large de traductions d’auctoritates latines qui débuta au XIIIe siècle. Ces traductions, au XIVe siècle commandées surtout par les rois, présentaient un intérêt essentiellement pratique en fournissant un savoir utile dans plusieurs domaines, notamment politique. D’autre part, et plus exactement, ce texte se situe dans le groupe d’ouvrages didactiques traduits en langue vulgaire que les clercs avaient pris l’habitude de dédier aux souverains pour leur édification surtout à partir du XIIIe siècle.

Il était moralement recommandable que les rois soient instruits, et l’on voulait leur donner en exemple les règnes prospères des sages rois du passé. Les XIIIe et XIVe siècles sont particulièrement intéressants du point de vue de la formation de la langue française savante, grâce justement aux nombreuses traductions de cette période. C’est le moment où la langue vulgaire arrive à un stade permettant la réflexion abstraite, domaine jusque-là réservé à la langue latine. L’étude de la technique de notre traduction présenterait un intérêt considérable pour l’élargissement de nos connaissances actuelles dans le domaine de la traduction médiévale et de l’évolution de la langue d’oïl en particulier.

Jean Golein mourut à Paris en 1403 et sa tombe, située dans le couvent des Carmes à Paris, est surmontée d’une statue de religieux et porte l’épitaphe suivante :

“Cy gist Frère Jehan GOULAIN, maistre en théologie,

né en Caulx à Blacqueville, vestu à Rouen,

 jadis légat et chapelain du Saint Siège apostolique,

qui ayant souffert plusieurs labeurs pour le bien de la religion et de toute la sainte église trespassa en l’an de grace M CCCC III  ”.

Cette statue et la tombe de Jean Golein ont disparu du couvent des Carmes, et François Goulin a demandé (2000) au conservateur des monuments historiques de l’endroit où pouvait se trouver cette statue, mais celui-ci est resté très évasif.

 

la migration des familles Goulin  (et consonnances proches) en France

François Goulin a étudié sur une carte de France les différents Goulin (ou nom de consonance proche) et il a noté que la répartition de ces familles suivait les voies de trafic commercial au 16° siècle.

L’origine des familles Goulin, Goulain, Goullin, Gouellain, et consonances proches est donc probablement la même : une famille venant d’Irlande ou d’Ecosse, Golein,  est arrivé en France sans doute vers le 13° siècle. Il s’agissait d’un famille cultivée d’origine noble ou royale, puisque “Golein” était un des titres portés par les anciens rois d’Irlande ou d’Ecosse, et que le premier Golein connu en France était un érudit, qui a écrit plusieurs ouvrages, donc qui possédait parfaitement la lecture et l’écriture, le français et le latin, ce qui était l’apanage des jeunes gens nobles à cette époque.

On trouve aussi un Goulin écuyer en Picardie au début du 14° siècle ( Sir Leurench Goulin)

Les Golein font souche en Normandie, et y resteront pendant des siècles : ce sont les Goulain et les Gouellain que l’on trouve actuellement en Normandie. Certaines branches de la famille partiront vers l’est, et ce sont les Goulin que l’on trouve encore actuellement, en particulier à Reims, ou les Goulin, Goullin, Gullin, Gulling que l’on retrouve en Alsace.

D’autres branches partiront versla Vendéeetla Loire-Atlantique: ce sont les familles Goulin et les Goullin.

Rappelons que de 1543 à 1550 (année de son décès), la ville de Nantes a eu comme évêque Jean de Lorraine (né en 1498, fils du duc René II de Lorraine, élevé au rang de cardinal à l’âge de 19 ans, par ailleurs évêque de Toul, Narbonne et Albi) et surtout frère de Louis de Lorraine celui qui a anobli le 23 décembre 1522 Jean Goulin (originaire de St Dizier-en-Perthois) lequel est l’aïeul présumé des Goulin de Champagne et de Lorraine.

Il est facile de penser que les Goulin (et familles de consonances proches) ont migré selon les voies commerciales de l’époque, et que certains membres de la famille ont suivi l’évêque de Nantes, Jean de Lorraine, tandis que d’autres faisaient partie de la maison de son frère Louis, évêque de Nancy.

En conclusion

J’ai rencontré souvent François Goulin, en particulier quand j’étais médecin-biologiste à l’hôpital du Val-de-Grâce à Paris. Nous avions notamment comme projet de comparer nos ADN à celui de Jean Golein, pour voir si, scientifiquement, nous étions parent. La tombe ayant disparu, cela est impossible. Mais il reste possible de faire le même examen pour voir un éventuelle parenté entre Goulin et Goullin. C’est à faire, mais il faut préciser cependant que si nous avons un ancêtre commun, cela doit être vers 1450 ou 1500, et que, depuis, il y a eu entre 15 et 18 générations; cela signifie que nous devons avoir 1/32768 et 1/262144 d’ADN en commun : faut le trouver !

NB : Les analyses génétiques que nous avons effectuées entre 2005 et 2008 (cf plus loin : haplotypes, page 51) ne confirment pas cette parenté.


 

Répartition en France des familles Goullin et de consonances identiques

(selon François Goulin)


Répartition des Familles Goullin et consonances proches (en rouge) et voies commerciales (en vert) au 16° siècle.

(selon François Goulin)

 

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L’histoire des Goullin : anti-cléricaux ?

 

NB: les lettres en caractère gras et entre parenthèses renvoient à la généalogie succincte présentée à la fin de ce chapitre.

 

Les Goullin sont une honorable famille de notables intellectuels (notaire, juge, médecin..) qui s’est établie à Machecoul en Vendée à la fin du XVI° siècle, puis à Bourgneuf au XVIII° siècle. A la veille de la révolution, notre ancêtre Pierre-Marie Goullin de l’Eraudière (E) est Sénéchal du Pays de Retz, c’est à dire l’équivalent actuel du Juge de Paix. Selon l’abbé Le Clainche [3.13], c’est l’homme le plus important dela Paroisse.

Ces notables, au XVIII°, sont des bourgeois qui ont fait le plus souvent l’acquisition de charges nobles, ce qui constituait la première condition d’accès à l’élite sociale de l’ancienne France, dans une société d’ordre dont nul (ou presque), avant 1750, ne remettait vraiment en cause les fondements et principes de hiérarchisation. Mais, il faut rappeler que ces mêmes notables connurent des suppressions d’office (par le gouvernement royal), en particulier en 1715 et 1724, ce qui renforcera le mécontentement, car ils durent racheter les charges, s’ils n’avaient pas les vingt années de charges nécessaires pour être anoblis !

Ainsi, André Goullin de la Brosse(D) (né en 1717), oncle propre du sénéchal, achète la charge anoblissante de “Conseiller secrétaire du Roy, avocat en la sénéchaussée et au Présidial de Nantes”.

A la fin du XVII° siècle, un office de conseiller-secrétaire du Roy se vendait en Bretagne aux alentours de 25-26000 livres, et seulement 18500-20000 livresvers 1710, auquel il fallait ajouter les frais d’enregistrement de l’ordre de 3-4000 livres[7]. Cependant, René Montondouin, célèbre armateur nantais, a acheté en janvier1723, l’office anoblissant de conseiller secrétaire du roi en la chancellerie près du parlement de Bretagne pour39000 livres|8].

André Goullin dela Brosseemprunta2000 livresà l’Hospice de Bourgneuf . Selon les archives nationales [17], il aurait pris sa charge de conseiller le 11 mars 1746.

Il était titulaire de cette charge lors de son mariage avec Anne de Lisle en 1763. Il revendit sa charge en 1780 (cinq ans avant sa mort) pour14000 livres, à Me Giraud, Sieur du Plessis.[13a]

Pierre-Marie Goullin de l’Eraudière, Seigneur de la Baillie, (E) (né en 1735) est avocat en Parlement vers 1760, puis il achète la charge de Sénéchal du Duché de Retz au siège de Bourgneuf et Pornic. Le sénéchal était un officier de justice seigneurial, le premier représentant du seigneur; il était aussi lieutenant de police; il était en même temps subdélégué de Mgr l’intendant au département de Bourgneuf.

Une charge de sénéchal se vendit1500 livresà Bouin en 1679 [13a]. Ces charges sont nettement moins onéreuses que celle de Secrétaire-Conseiller du Roi.

Celle d’avocat du Roy d’André Goullin deLa Brosse, fut évaluée à9000 livres, le 20 novembre 1771 par Bellabre, sénéchal, lors d’une séance du conseil du présidial de Nantes.

Un grand nombre de ces familles de notables sont donc favorables à un changement  à la veille de la révolution, parce que la société française d’alors est bloquée,  avec des familles nobles qui détiennent les privilèges, et les caisses de l’état qui se vident, en particulier pour l’entretien de ces privilégiés. La plupart des charges et les missions de service public sont assurées par ces notables bourgeois.

Les notables s’élèvent contre cette société figée. Ainsi, Benoît-Pierre Goullin (G), alors appelé Goullin de Sainte Marie, signe le 23 décembre 1788 une pétition qui demande notamment  le vote de tous les citoyens sur les affaires actuelles de l’état. [3]

Ces familles de notables  sont aussi le plus souvent des libre-penseurs, ou  franc-maçons; parmi leurs livres de prédilection, on retrouve les encyclopédistes. Il faut noter que dans l’inventaire des biens d’André Goullin de la Brosse(D), décédé en 1785, on retrouve les sept premiers volumes des encyclopédies. [13a]

Quand la révolution arrive, ils appuient ce mouvement de changement de la société. Par exemple, le sénéchal, Pierre-Marie Goullin de l’Eraudière (E) est le président de l’Assemblée de Bourgneuf, qui s’est réunie le 1° avril 1789 pour recueillir les “plaintes et doléances ” des habitants de Bourgneuf, et l’adresser au Roi pour les Etats-généraux. [4]

Et en 1789, Lorsque la ville de Nantes organise une milice bourgeoise juste après la prise dela Bastille, Bourgneuf s’empresse d’envoyer une députation dont fait partie Pierre-Marie Goullin, le sénéchal, pour offrir aux nantais son concours et son appui en cas de besoin. [3]

Un autre personnage important de la commune de Bourgneuf est Pierre Mourain (père de H), avocat en Parlement, dont la fille, Félicité-Thérèse (H) épousera Benoît-Pierre Goullin (G),un des fils du Sénéchal.

Pierre Mourain sera nommé Maire de Bourgneuf en 1790, et sera élu membre de l’Assemblée Législative le 28 août 1791; Il sera de ceux qui estiment que les nouvelles lois permettront de faire naître une république juste. Il sera tué par les Royalistes à Bourgneuf le 24 mars 1793. [3] Bourgneuf deviendra à cette époque : Bourgneuf-en-Retz.

C’est à partir de ce contexte engagé de la révolution que le famille Goullin s’affirmera comme une famille d’anticléricaux farouches; anticléricalisme qui durera pendant toute la première moitié du 19° siècle.

Les deux fils du Sénéchal, Pierre-Marie Goullin (dit Goullin-ainé) (F) et Benoît-Pierre Goullin (Goullin-jeune) (G) ont fait suivre leurs signatures des trois points des francs-maçons [3]. Mais, ce type de signature pouvait aussi témoigner d’un esprit libéral.

Il faut aussi préciser que si ces ancêtres étaient républicains, ils n’étaient pas pour autant des partisans acharnés de la Révolution. Ainsi, Pierre-Marie (II) Goullin (F), le fils aîné du Sénéchal (dit Goullin aîné ), sera arrêté à Nantes pour manque de civisme et jugé le 16 février 1794 par le Tribunal Révolutionnaire, qui le renverra hors accusation. (archives départementales L1516)

Benoît-Pierre Goullin  (G), époux de Thérèse Mourain, déclara au Conseil Municipal le 7 janvier 1798 qu’il allait procéder à la destruction du couvent des Cordeliers ; c’est dommage pour Bourgneuf car il s’agissait d’un beau monument du XIV° siècle qui renfermait notamment de magnifiques tombeaux, ceux de Gérard de Machecoul et de son épouse, Aliénor de Thouars, ainsi que ceux de Louis de Machecoul et de son épouse Jeanne de Beaucay [3]. Cette iconoclastie était typique de cette époque.

En 1811, l’abbé Dureau est nommé curé de Bourgneuf. Et il y a eu incompatibilité d’humeur avec les autorités communales : il s’agit de MM.Bruère, Goullin, Michon et Mourain ! L’abbé Dureau les traitent de “vieux et ambitieux républicains” (Benoît-Pierre Goullin (G) a la quarantaine). Les lettres de l’abbé Dureau laissent voir un caractère violent et entier. Il écrit aussi ” Ces individus, aussi pleins de moyens que de fourberie et d’ambition, font mouvoir à leur gré Saint-Cyr et Bourgneuf;  ils les régissent tyranniquement et sont aussi haïs d’un parti que de l’autre“, ou encore ” ces puants de Bourgneuf…”, “leur basse et ignoble calomnie…“, ” Peut-on calomnier avec autant de fourberie et d’importance..”. [3]

On voit par contre chez ses adversaires un esprit mordant et une ironie cinglante. Dans une réponse faite le 7 janvier 1817, ils écrivent : ” Vous oubliez la dignité de votre caractère.. Vous êtes trop fertile en injures pour un homme d’église..”

L’abbé Dureau abandonne Bourgneuf le 1° novembre 1811 et va s’installer à Saint-Cyr dans un presbytère et une église en ruines, sans permission de l’évêché. Ces monsieurs lui écrivent : ” Vous avez délaissé le troupeau confié à vos soins… votre désertion.. Vous vous êtes dégagé des obligations que votre saint-ministère vous imposait..” [3]

Mais, il est certain que cette opposition violente entre les notables de Bourgneuf, dont Benoît-Pierre Goullin, et l’abbé Dureau, se situe juste peu aprèsla Révolution, et qu’elle illustre la division entre  Saint-Cyr et Bourgneuf, mais aussi entre une paroisse qui avait soutenu les insurgés royalistes (Saint-Cyr) et une paroisse républicaine (Bourgneuf).

Mais, le pire anti-clérical fut sans doute le Docteur Benoît Goullin (1797-1864) (K), dit “Goullin-tempête” . C’est vrai qu’il a grandi à l’époque des injures de l’abbé Dureau envers son père et les amis de son père (dont son beau-père).

Notons que sur sa thèse de médecine sont inscrit comme prénoms officiels : “Pierre-Marie-Benoît”; mais, Pierre-Bénoni, son frère, l’apelle “Benoît-Pierre” dans sa brochure sur la famille Goullin parue en 1865 [2]. Quand à l’abbé Le Clainche [3], il l’appelle “Benoît” tout au long de son livre sur Bourgneuf et en particulier dans son chapitre sur les problèmes de la construction de la nouvelle église de Bourgneuf.

Benoît-Pierre Goullin fit ses études de médecine à l’Ecole de Médecine à Paris, en même temps que Henri Goullin (J), son cousin-germain, fils de Pierre-Marie (Goullin ainé). Dansla Bibliothèque de l’Ecole de Médecine à Paris, est encore conservée la thèse du Docteur Benoît Goullin, présentée en mai 1821, sur “l’hypochondrie”[10]. Il est alors agé de 24 ans.

Il épousa Félicité-Mathilde Bruère, d’une famille importante de Bourgneuf.

Ils eurent trois enfants :

–          Louise Goullin (1830-1850)

–          Stéphane Goullin (1833-1852)

–          Clara Goullin (1836-1847)

On rappellera que son beau-père (adoptif), François Bruère (1780-1862), avait aussi été insulté par l’abbé Dureau. Mais, celui-ci, après avoir été profondément anticlérical (recherche des prêtres insoumis pendant la révolution),  deviendra membre du Conseil de Fabrique de la paroisse de Bourgneuf à 27 ans, et il se chargera de donner des leçons de charité chrétienne à M. Dureau !

On  surnomma  le Docteur Benoît Goullin : “Goullin-tempête” à cause de l’impétuosité de son tempérament. On raconte de lui qu’un propriétaire de Bourgneuf ayant voulu boucher sur une de ses terres un passage que tout le monde utilisait depuis plus de trente ans, Goullin franchit le barrage à cheval, en présence de la population, pour affirmer les droits du public. [3]

Benoît Goullin fut maire de Bourgneuf en 1841, 1843,1848 et 1852. (A priori jusquà sa mort, en 1864)

Il a eu la tristesse de perdre ses trois enfants alors qu’il était âgé de 50 à 55 ans.

Clara est décédée la première, à l’âge de onze ans, en 1847.

Puis, Louise, l’ainée, l’année de ses vingt ans, en 1850.

Et le cadet, Stéphane, en 1852.

La tradition familiale dit qu’en temps que médecin, il avait ramené la tuberculose chez lui, dont sont morts ses deux premiers enfants; il a alors conseillé à son fils Stéphane de partir au loin, et malheureusement, celui-ci a été tué lors d’un accident sur les quais de Marseille; il aurait reçu le chargement d’une grue portuaire  [14].

” Mathilde, malgré sa santé toujours mauvaise, a encore pu supporter ce terrible coup. Sa religion la soutient, mais Benoît est accablé. Il se cantonne dans son cabinet, se refusant à toute activité. Seul, le temps, ce grand-maître de nous tous, pourra peut-être amoindrir ces souvenirs poignants et ces coups que nous a porté la cruelle providence.” (Selon Francis Goullin) [11]

…Plus d’enfants, une femme laide, épousée pour sa fortune, sans doute pas aimée : d’autres en supporteront les conséquences [3] selon  l’abbé Le Clainche.

Son curé, l’abbé Esseau, eut aussi à subir les défauts de son caractère.

Benoît Goullin, qui fut maire de 1841 à 1864 (+), et l’abbé Esseau se dressèrent violemment l’un contre l’autre.

Le Conseil Municipal, en accord avec le Conseil de Fabrique, décide en juillet 1851, de reconstruire l’église, car la vieille église du XV° siècle menaçait ruine.

Mais des oppositions se sont ensuite manifestées; le maire, et ses conseillers, mettent des obstacles à la prompte réalisation du projet. Pourquoi ?

Alphonse Charruau en témoigne : “on” a usé de mille délais, “on” s’est irrité contre les affiches, et “on” a fait manquer les adjudications avec une perte de 5 à 6000 F pour le financement de l’église. Enfin, quand il s’est agi de donner les travaux, “on” fit une scène incroyable à l’architecte, M.Gilée, “on” prétendit que l’église ne devait pas être élevée dans le cimetière, mais à la place de l’ancienne..

Qui est ce “on” ? S’agit-il des opposants en général, ou du maire, Benoît Goullin, en particulier ?

Les plans sont enfin agréés en février 1853 par la commission des Arts et Edifices Religieux, le devis rendu en décembre 1853 (64702 F) , l’adjudication accordée à un entrepreneur de Nantes; les fondations commencent enfin en avril 1854, soit trois ans après l’accord initial !

L’église occupera l’emplacement du cimetière, et celui-ci sera transporté sur la route de Nantes.

Mais certains habitants sont mécontents du déplacement du cimetière (et donc de leurs morts) et il semble que la famille Goullin ait manifesté à ce sujet; la belle unanimité de 1851 sur la construction d’une église neuve n’existe plus.

La bénédiction de la première pierre eut lieu le 26 avril 1855 et à la fin de novembre, chevet et transept sont couverts.

Mais, une question litigieuse s’élève entre la fabrique et la municipalité.

Benoît Goullin s’oppose ouvertement à M. le curé.

Celui-ci voulait employer les matériaux de la vieille église pour la construction de la nouvelle; pour cela il voulut transférer le culte de l’ancienne église dans la nouvelle, mais il fallait faire une cloison et ce fut le point d’achoppement. La demande de la fabrique fut transmise par l’évêché à la préfecture qui ne répondit pas. Le vicaire fut envoyé à Nantes et rencontra le responsable de la préfecture qui répondit que le maire, Benoît Goullin, avait eu la réponse (qu’il n’avait pas transmis !) et que la préfecture avait donné gain de cause à la fabrique et était d’accord pour la démolition de la vieille église.

Mais, il n’y avait pas de réponse écrite de la préfecture, et malgré cela, M. le curé fit commencer la démolition en mai 1857.

Dès le lendemain, M. Goullin entra brusquement dans l’église, et sans s’adresser au Curé qui était présent, il enjoignit les ouvriers de cesser la démolition, sinon il allait leur envoyer les gendarmes. Le Père Esseau répondit :”Envoyez-les, mais nous ne cèderons qu’à la force.” Le brigadier de gendarmerie vint demander au curé de cesser la démolition en disant “M. le Maire est furieux.”

Le préfet et le sous-préfet, présents pour un autre problème, vinrent le soir même rencontrer le curé en présence du maire et de M.Bruère.

Après explications et altercations, le Préfet promit de donner à M. le curé sa décision dès son retour à Nantes, ayant laissé entrevoir un principe d’accord entre la préfecture et l’évêché.

Mais, cette décision ne vint pas et la vieille église continua de servir au culte tandis que la nouvelle, sans fermeture au nord-ouest, servit de refuge à tous les oiseaux du pays.

Il semble que, d’après le maire et les délibérations du conseil municipal, qu’ils se refusaient à détruire l’ancienne église parce qu’ils estimaient que la nouvelle ne pouvait pas encore servir.

” Le service du culte pourrait en souffrir, ce que le Conseil Municipal doit et veut éviter.”

Mais, d’après Alphonse Charruau, une autre version était qu’ils estimaient que la station debout dans la nouvelle église était malsaine, parce qu’il n’y avait pas de dallage, et qu’elle était construite sur l’ancien cimetière. Or, d’après lui, dans la partie qui devait accueillir les fidèles, toutes les tombes avaient au moins 8 ans; certaines étaient plus récentes au niveau du chœur et de la sacristie, mais le sol sera recouvert d’un remblai de 30 à40 centimètresd’épaisseur…

En avril 1858, la fabrique demanda l’autorisation de construire une cloison, afin de protéger la toiture de la dégradation par le vent. La municipalité accorda cette autorisation après une longue correspondance, mais à la condition que la fabrique fasse cette cloison à ses frais. Mgr l’Evêque autorise qu’on y transfère le lieu de culte, le maire n’y fit pas opposition et le 24 octobre 1858 eut lieu la bénédiction.

Le curé écrivit au maire, Benoît Goullin, cette lettre :

Monsieur le Maire,

M. le sous-Préfet disait mardi à M. Alph. Charruau ces paroles que je vous cite comme elles m’ont été rapportées : ” c’est déplorable de voir ces deux hommes divisés comme ils le sont. N’y aurait-il donc aucun moyen d’espérer entre eux un rapprochement que tout le monde désire ?”

J’ai répondu à M.Charruau :” Le vœu de M. le sous-Préfet ne rencontrerait assurément de mon côté aucune opposition, que si cinquante pas nous séparaient, j’étais prêt à en faire quarante-neuf pour nous rapprocher et nous mettre d’accord” Ce que j’ai dit alors, je viens aujourd’hui l’accomplir et je vous tends la main en signe de réconciliation entière et d’oubli d’un passé malheureux. Les nombreuses et affectueuses relations que nous avons eu autrefois m’ont donné de l’élévation naturelle de votre cœur des preuves trop certaines pour que je puisse douter un instant de votre loyauté à accepter les avances que je vous fais avec bonheur. Cette réconciliation m’apparaît comme un devoir sacré que tous les motifs nous prescrivent de remplir. Nos présentes divisions troublent la commune et nuisent à tous ses intérêts. Les esprits s’agitent et se divisent à leur tour derrière nous et à cause de nous. Les œuvres les plus grandes et les plus saintes s’arrêtent suspendues devant nos mesquines oppositions. Chefs de la commune ou de la paroisse où notre union pourrait avoir de si féconds résultats, nous voyons dépérir, de nos mains, ou demeurer stériles, ce que la Providence a pu nous départir de zèle ou de talent pour le bien du peuple qui nous est confié. Nos amis gémissent, nos supérieurs sont désolés, nos ennemis triomphent. Le sentiment qu’une telle situation inspire ne pèse-t’elle pas à votre âme comme elle déchire la mienne ? Mettons fin à nos désastreuses animosités. Ne laissons pas ce jour s’écouler sans que nos mains unies témoignent de notre réconciliation parfaite. Jurons-nous un pardon généreux et sans réserve des torts mutuels que nous déplorons. Une circonstance heureuse nous convie. Voici notre nouvelle église, œuvre de tous, œuvre grande et populaire, qui doit être un jour la gloire de la génération actuelle. Allons sous son toit inachevé. Ces murs, ces colonnes nous rediront les vœux de la population entière. Jurons d’unir nos efforts pour arriver bientôt, dès cette année, à son complet achèvement et que ce temple que nous élevons au Dieu du pardon et de la paix soit le gage de notre union fraternelle, sincère et féconde.

J’attends votre réponse avec confiance. Ecrivez-moi que vous acceptez et, si vous le souhaitez, dix minutes après je serai chez vous. Ma main serrera votre main. Ne vous étonnez pas de ma démarche. Ne l’attribuez pas surtout à des motifs qui n’auront jamais d’emprise sur mon âme. Je ne cède qu’à une impulsion digne de vous et de moi.

Signé : J. Esseau.

Hélas, cet appel restera sans écho.

En juillet 1859, le Conseil Municipal accepte de se dessaisir de la construction de l’église au profit du Conseil de Fabrique, à la condition notamment que la commune ne participe à aucune dépense passée, présente et à venir.

Mais, dès le mois de septembre, les relations sont au plus mal entre le Conseil municipal et le Conseil de Fabrique. “Le Conseil de Fabrique, par ses assertions, ses expressions et ses insinuations ne s’est pas conformé à la vérité, ni à cette modération que naguère il invoquait. ”

Dans les discussions, il semble bien que c’est M. le curé Esseau qui est pris à partie, sans qu’il soit nommé,  pour avoir poussé l’entrepreneur à des travaux imprévus.

Nous sommes à la fin de l’année1859, l’église dont la construction a été décidée en1851, a  commencé en 1854, et six ans après, il n’y a que la moitié de l’édifice réalisé !

M. le curé Esseau a trouvé une opposition de la part du maire inexpliquée !

La soeur du maire, Thérèse Goullin (N), s’en est mêlée elle-même. Cette “vieille fille” a fait des chansons contre le Curé ! Elle a lancé une pétition pour demander son départ, pétition que bien des gens sensés ont refusé de signer, selon l’abbé Le Clainche [3].

M. le curé Esseau abandonne : il donne sa démission en Octobre 1860 et quitte à jamais Bourgneuf.

Benoît Goullin et sa soeur peuvent être contents : ils sont débarrassés de lui. Mais au fond, pourquoi ?

C’est M. Poëlane qui succéda à M. Esseau; il était arrivé à Bourgneuf en 1854, au moment de l’épidémie de choléra, et avait été nommé vicaire de la paroisse en 1855. Il avait donc connu les péripéties de la construction de l’église.

Mais, on apprend par une lettre de l’évêque de Nantes datée de janvier 1861 que le maire a protesté publiquement dans l’enceinte du cimetière ; contre quoi exactement ?

Vers juillet 1861, soit neuf mois après le départ de M. Esseau, Mr le Maire Benoît Goullin se met en devoir de régler la dette communale, en donnant ce qu’il reste d’argent dans la caisse de la commune et en imposant pendant cinq ans les contribuables à 12 centimes par franc pour payer le construction faite. Le conseil municipal accepte que le conseil de fabrique  reprenne les travaux à exécuter, moyennant la cession des matériaux de l’ancienne église.

En juillet 1862, les travaux reprennent enfin, pour la plus grande joie des paroissiens, mais aussi  dans les communes voisines.

L’abbé Le Clainche [3] en conclut que la construction finale de l’église a repris parce que Benoît Goullin était tombé gravement malade.

L’évêque de Nantes écrit à M. le curé Poëlane, le 20 janvier 1862 :

J’ai appris avec une grande édification les détails si consolants que vous m’avez donné sur les dispositions chrétiennes de M. le Maire qui vous a fait demander dès le début de sa maladie. C’est toujours une grande joie pour un pasteur que le retour d’une de ses brebis…J’appelle toutes les bénédictions les plus abondantes sur le malade qui vous est si cher. Veuillez lui porter tous les vœux de mon cœur d’évêque, ma bénédiction, et assurer sa famille de la part que je prends à ses inquiétudes. “  

(Signé, Alexandre, évêque de Nantes)

 

Les travaux des arcs-boutants commencent en avril 1863. Il a fallu reprendre ces arcs abimés par les intempéries durant l’interruption des travaux.

Le 28 novembre 1863, la bénédiction de l’église est faite par le supérieur du collège de Machecoul.

M. Benoît Goullin, maire de Bourgneuf-en-Retz, meurt le 20 juin 1864.

Et l’abbé Le Clainche de conclure [3] que sa maladie avait mis un terme aux difficultés; et qu’on peut lui imputer une grande responsabilité dans les retards qui ont été apportés dans la construction de l’église.

Il précise aussi  [3] que Benoît Goullin était un de ces vieux anticléricaux de l’époque, à qui  il a fallu  la maladie qui devait l’emporter pour qu’il acceptât un Christ au-dessus de son lit.

Il faut cependant faire remarquer que la situation s’est débloquée dans les mois qui ont suivi la démission de l’abbé Esseau. Il y a certainement un différent entre les deux hommes, mais il semble que l’abbé Esseau était très enclin à entreprendre de nouveaux travaux coûteux pour la commune (construction d’une cloison, démolition de l’ancienne église, etc..) et que le maire, Benoît Goullin, et le conseil municipal ont essayé de lutter contre cela.

On notera aussi que “Goullin-tempête” a été élevé dans l’anticléricalisme familial, exacerbé par les excès des guerres de Vendée, et par la mort de ses trois enfants; mais qu’il est revenu vers l’église catholique dès qu’il a été malade en 1862 et qu’il a remis un christ dans sa chambre. Il ne meure que trente mois plus tard, et on peut se demander quelle maladie à cette époque pouvait durer aussi longtemps.

Il est fort possible que le Docteur Benoît Goullin ait été franc-maçon.

Son père et son oncle, Goullin-ainé et Goullin-jeune, ont fait suivre leur signature des trois points, comme nous l’avons déjà relaté [3].

Son grand-père maternel  Pierre Mourain, Maire de Bourgneuf et Député du tiers-état, est très probablement franc-maçon; dans la chapelle de sa propriété, encore debout, on notait la présence d’un triangle sur le fronton (NB : les nouveaux propriétaires ont refait la chapelle à leur goût vers 2000, et des angelots ont remplacé le triangle ; cependant, le triangle est aussi le symbole chrétien de Dieu et de la Sainte-Trinité.)

Enfin, le propre frère du Docteur Benoît Goullin, Pierre-Bénoni (L) fut un notable important de la ville de Nantes, Président du Tribunal de Commerce : avait-il un rôle dans la franc-maçonnerie nantaise ? Un tablier de maçon légué à sa descendance, proviendrait de Mr Rossel, auquel il a succédé ( ?). Après sa mort, son nom sera donné à un boulevard du sud de Nantes.

Pierre-Bénoni Goullin a épousé Joséphine Chaigneau (M), fille d’un Officier d’Empire. Ils eurent quatre enfants:

–          François-Michel, mort à 2 ans (en 1836)

–          Gustave-Charles, qui a épousé Célestine Flornoy.

–          François-Benoît, dit “Francis” (O), peintre amateur, qui éleva 9 enfants dans sa propriété dela Bouvardière (Saint-Herblain)

–          Adèle Goullin, qui a épousé Camille Guillet dela Brosse.

Joséphine (M), notre trisaïeule était très religieuse. Son fils Francis (O) fut, dit-on, le premier Goullin pratiquant depuis bien des générations. Son épouse, Marguerite Toché (P) était très religieuse. Sa bru, Elisabeth Goullin, née Reneaume (décédée en 1993 à 103 ans)  racontait que Marguerite Toché était allée se confier à un prêtre de son désir d’entrer en religion; celui-ci l’encouragea au contraire à se marier et à fonder un foyer chrétien; Il lui avait précisé qu’il connaissait un “jeune homme très bien, mais sans religion” : il s’agissait de  Francis (l) Goullin (O) et ils fondèrent effectivement une belle famille chrétienne et eurent beaucoup d’enfants ! [12]

De fait, parmi ses descendants, on note de nombreuses personnes en religion;

parmi ses enfants :

–          Madeleine fut religieuse auxiliatrice, sous le nom de “Mère saint-Léonard de Port-Maurice” (elle connut d’ailleurs le tremblement de terre de San Francisco en 1905),

–          Gabriel fut moine Capucin sous le nom de “Père Marie-Joseph”.

Parmi ses petits-enfants :

–          Annick Goullin fut religieuse auxiliatrice,

–          Yves Goullin est fils dela Charité.

Parmi ses arrière-petits-enfants :

–          Charles et François Leroux furent prêtres de paroisse,

–          comme l’est encore Antoine Reneaume;

–          et Jean-Gabriel Goullin, qui est aussi fils dela Charité.

Enfin, Chantal Goullin est religieuse et a longtemps été directrice de collège.

Parmi ses arrière-arrière petits-enfants : citons Thomas Ghuist’hau (communauté de l’Emmanuel).

Neuf religieux dans la descendance de Francis Goullin et de son épouse née Marguerite Toché, dont six s’appellent Goullin.

Espérons que cet élan de foi chrétienne pourra faire pardonner aux ascendants Goullin et collatéraux leurs actions contrela Religion Catholique.

André Goullin (1670-1729)   (B)

x (1) Charlotte Gallot                     x (2) Claude Sauvan

Pierre Goullin de la Brosse(1700-1778)   (C)

Capitaine des Milices de Machecoul

x Hymène de Fonteveauv André Goullin de la Brosse(1717-1785) (D)

Conseiller du Roy, Avocat au Présidial   

x Louise de Lisle   Pierre-Marie Goullin de l’Eraudière  (E)

(1735-1805) Sénéchal de Retz

Avocat au Parlement de Bretagne,

x Marie-Anne Fouré Jean-Baptiste Goullin de la Brosse(sp) Sophie Goullin de la Brosse (sp)

etc.. (SP)

Pierre-Marie Goullin de l’Er. (1764-1840) (F)

dit “Goullin ainé”

x Rose-Hymène de Fonteveau Benoît-Pierre Goullin de l’Er. (1768-1838) (G) dit  “Goullin jeune”

x Félicité-Thérèse Mourain (H)

– Henri Goullin (médecin) (J)

– Charles Goullin x Nanine Gouy

–  Pierre Goullin

–  Rose Goullin x Houeix dela Brousse

– Armand Goullin Benoît Goullin (K) (1797-1864) médecin, maire de Bourgneuf

dit” Goullin tempête”

x Mathilde Bruère Pierre-Bénoni Goullin (L)

x Joséphine Chaigneau (M) Thérèse- Adélaïde (N)

sp        ***Famille Houeix

de la Brousse Louise Goullin

Stéphane Goullin

Clara Goullin Gustave Goullin

X Cél.Flornoy François-Benoît..(O)

Goullin, dit “Francis”

X MargueritToché (P)           Renée Goullin

X Francis Goullin (4) Marguerite Goullin (1)

Marie Goullin

Magdeleine Goullin (2)

Emilie Goullin (3)

Joséphine Goullin

Francis Goullin  (4)

Jean  (+)

Michel Goullin (5)

Gabriel Goullin (6)

Jeanne Goullin

*** Pierre-Bénoni et Joséphine Goullin ont eu aussi une fille: Adèle, que nous n’avons pas pu faire figurer sur ce tableau généalogique succint. Adèle Goullin a épousé Camille Guillet dela Brosse(d’où toute la descendance” famille dela Brosse”)

(1) x V. Samson, descendance Samson, Leroux

(2) Religieuse auxiliatrice

(3) x A.Brunelière, descendance Brunelière, Reneaume

(4) Francis x Renée Goullin, descendance Goullin, Rialan, Chéguillaume

(5) x E.Reneaume, descendance Goullin,Crosnier.

(6) Capuçin (Père Marie-Joseph)

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Les armoiries de la famille Goullin

« En chef, 5 rangées de besants d’argent sur fond d’or.

Dans le corps, sur fond d’azur, trois merlettes sans bec, ni griffes, 2 en chef, 1 en pointe, au croissant d’or »

Tel est (à peu près) la définition des armoiries  transmise oralement par mon père, Michel Goullin.

On retrouve ces armoiries sur des couverts en argent ; un couvert est chez Michel et Micheline Goullin, tous les autres seraient chez les Samson, descendants de la fille ainée de Francis (I) Goullin, le peintre-poète de la Bouvardière.(NB : je n’en ai pas retrouvé la trace)

Ces couverts ont donc été gravés au 19° siècle par (ou pour) Francis(I)  Goullin , ou  peut-être par son père, Pierre-Bénoni Goullin, riche négociant nantais, ou au 18° siècle pour le sénéchal, Pierre-Marie (I) Goullin de l’Eraudière.

En 2005, après le décès de Michel Goullin, son épouse Micheline décide de laisser sa chevalière, selon son souhait, à l’aîné de ses petits-fils Goullin, Erwann.

Benoît fera donc refaire l’anneau chez un joaillier nantais.

Le joaillier (M.Durand, de Nantes) consulté aussi pour la façon de la chevalière de Clément, inspectant les gravures existantes (la chevalière de Michel Goullin, celle de Benoît ou les cires) fera remarquer qu’il n’y a pas de besants sur le chef, mais qu’il s’agit tout simplement d’or.

En fait, le graveur (Mr Rouillé, de Vannes) sera tout à fait capable de graver 5 rangées de besants sur le chef (les 3 rangées du milieu en entier, les 2 rangées –en haut et en bas- avec seulement la moitié des besants) pour la chevalière de Clément., estimant que c’est la tradition familiale qui prime.

L’avis du graveur, c’est qu’avec le temps, les gravures peuvent différer, chaque graveur reproduisant les erreurs de son prédécesseur!

J’ai aussi demandé l’avis de Marc d’Amplemont, responsable du « grand armorial de France », pour qui cette superposition d’argent sur or est une enquerre (superposition de métaux), contraire aux principes de base de l’héraldisme.

Il redéfinit donc la lecture des armoiries : « d’azur, à un croissant d’or, accompagné de 3 merlettes, aussi d’or, au chef du même besanté d’argent »

(Il  précise aussi que toutes les merlettes sont par définition : sans bec ni pattes !)

En Mai 2005, maman me donne le couvert gravé aux armoiries des Goullin, de la part de Papa, avec un papier où il est inscrit de la main de mon père :

«  Poinçon Rennes 1771/1773

donc   Pierre-Marie Goullin de Léraudière,

avocat au Parlement de Bretagne

Tardy p.173, 12+ éd. « 

(voir page suivante, la gravure de ces couverts)

 

Je rencontre en mai 2005, un représentant de la fédération française d’héraldique, qui regarde chevalière et couverts, et pour qui le fait que le chef soit en or (sans besants) ne fait aucun doute.

J’ai envoyé des cires de ma chevalière et des couverts au responsable du « Grand Armorial » au mois de mai 2005. Par mail du 10 juin 2005, il me confirme que le chef est d’or, sans besants, et que les meubles sont tous les quatre d’argent.

J’ai aussi été en contact avec Gaso (armorial) qui confirme les mêmes données : Chef en or plain, et qui pense que les meubles sont en argent.

Dans la généalogie « Guillet de la Brosse » par Alain de la Brosse, (publiée au milieu du XX° siècle) les armoiries des Goullin sont notées : « d’azur au croissant d’argent accompagné de trois merlettes, deux en chef, une en pointe, au chef d’or. »


 

 

En conclusion, les armoiries de la famille Goullin datent

–          soit du XVIII°, attribué à Pierre-Marie Goullin, sieur de l’Eraudière (1735-1805) selon le mot laissé par mon père,,

–          soit du  XIX° siècle : les couverts ont été gravés par Pierre-Bénoni Goullin  ou son fils, Francis (I) Goullin

Il est probable que la relecture des armoiries ait été faite par mon père vers 1945, moment où il s’est intéressé à l’héraldisme, et qu’il a interprété les points de l’or sur le chef, comme étant de petits besants.

Par le jeu des héritages, je ne sais pas qui possèdent aujourd’hui (2005) ces couverts.

Papa avait hérité d’un couvert, qui est donc antérieur au décès de mon arrière-grand-père (1913).

GOULLIN

D’azur au croissant d’argent accompagné de trois merlettes du même, au chef d’or

Egoïste aux armes de la famille Goullin (coll. Benoît Goullin)


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les Goullin pendant la révolution

 

C’est Jean-Jacques Goulin qui a marqué la révolution à Nantes, mais cet homonyme ne fait officiellement pas partie de notre famille Goullin ; d’ailleurs, on peut faire remarquer que l’orthographe du nom n’est pas la même.

Si les deux orthographes GOULLIN et GOULIN sont proposées c’est parce qu’il semblerait que la seconde soit la bonne, en effet l’étude des plans anciens de Saint-Domingue montre que la propriété détenue par cette famille était dénommée GOULIN. (in « notice de la BNF sur Jean-Jacques Goulin)

Plan ancien de Saint-Domingue au 18e siècle

avec la localisat ion de Fort Dauphin et de la propriété “Goulin”

Pierre-Bénoni Goullin a fait éditer en 1865 une brochure [2] avec Alfred Lallié, Historien, (auteur d’un livre sur “les Noyades de Nantes” et du livre “le sans-culotte Goulin”) où il fait état des différents partages authentiques devant notaire de 1706 jusqu’à la révolution, où ne figurent ni Jean-Jacques Goulin, ni ses possibles ancêtres.

Une nouvelle édition de cette notice a été imprimé en 1927 (la réédition a été faite par Francis II et Michel I Goullin )

Cependant, d’après l’abbé Le Clainche [3], Jean-Jacques serait un parent éloigné de la branche Goullin de la Brosse(“du troisième au quatrième degré estoc paternel”).

C’est le rapport de parenté qui figure dans l’acte de tutelle des enfants d’André Goullin dela Brosse, après son décès, le 20 août 1785.

On retrouve une notion similaire dans le “Fonds Freslon” [15] où il est écrit :

–          à propos du mariage d’André Goullin dela Brosseavec Anne-Louise de Lisle, le 17 mars 1763, qu’il y avait parmi les personnes présentes, noble homme Jacques-Symphorien Goulin, Lieutenant de Milice, négociant au Fort-Dauphin de Saint-Domingue, cousin issu-de germain.

[NB : Jacques-Symphorien est né en 1713 ; il est alors âgé de 50 ans]

–          A propos du baptême de Jean-Baptiste Goullin de la Brosse(fils d’André Goullin de la Brosseet d’Anne-Louise de Lisle) c’est Jean-Jacques Goulin qui est choisi comme parrain, et il est précisé qu’il est cousin au quatrième degré.

[Jean-Baptiste est baptisé le 30 mars 1771 ; Jean-Jacques Goulin est alors âgé de 15 ans]

Enfin, Francis Goullin (III) [14] signale dans ses « notes sur la famille Goullin »  le mariage d’Anne Goulin, sœur de Jean-Jacques, le 14 juin 1783, où « Goullin dela Brosse, Conseiller du Roy, Premier Avocat Honoraire au siège présidial de la ville de Nantes » signe le régistre  comme « paren de la future épouse » (contrat de mariage, notaire Girard II, liasse 951).

Il s’agit très probablement d’André Goullin dela Brosse(II) (1717-1785) qui signe donc le registre à l’âge de 65 ans.  Anne a 19 ans et est la deuxième sœur du révolutionnaire Jean-Jacques qui a alors 27 ans.

Voici donc le premier cas de parenté, selon le fonds Freslon [15], où Jacques-symphorien Goulin serait le cousin issu-de-germain d’André Goullin de la Brosse, et où Jean-Jacques Goulin serait le cousin au quatrième degré de Jean-Baptiste Goullin dela Brosse.

Jean Goullin

ép. Jeanne Charrier

?????? ¬ frères  (1° degré)® Nicolas Goullin1635 –1705ép. Françoise Pouvreau
Gabriel Goulin(né vers 1695 à Nantes-+ 26/4/1735) ¬Cousins germains (2° d°) ® André Goullin (I)1670-1729ép.(1) Charlotte Gallotép (2) Claude Sauvan, dont:
Jacques-Symphorien Goulin1713-1785Ép. Françoise Mallet(ou Mellet) ¬C. issu-de-germains (3° d°® André Goullin de la Brosse (II)1715-1785époux de Anne-Louise de Lisle
Jean-Jacques Goulin

1757- 1797

¬4° degré® Anne-Louise-Victoire

Marie-Françoise-Sophie

Jean-Baptiste-Louis

Henry-Claude

Rose-Marie Melanie

Sans Postérité

Sans Postérités

Et voici le second cas de parenté, selon l’abbé Le Clainche [3], où Jean-Jacques Goulin serait apparenté aux enfants Goullin de la Brosse  “du troisième au quatrième degré estoc paternel” :

Jean Goullin

ép. Jeanne Charrier

 Gabriel Goullin° vers 1695 – 26/4/1735 ¬ frères  (1° degré)® Nicolas Goullin1635 –1705ép. Françoise Pouvreau
Jacques-Symphorien Goulin1713-1785*Ép. Françoise Mallet(ou Mellet) ¬Cousins germains (2° d°) ® André Goullin (I)1670-1729ép.(1) Charlotte Gallotép (2) Claude Sauvan, dont:
Jean-Jacques Goulin

1757- 1797

¬C. issu-de-germain (3° d°)® André Goullin de la Brosse (II)1715-1785Ep. Anne-Louise de Lisle

Sans Postérité

¬4° degré® Anne-Louise-Victoire

Marie-Françoise-Sophie

Jean-Baptiste-Louis

Henry-Claude

Rose-Marie Melanie

Sans Postérités

* décédé le 15/8/1785, inhumé le 16/8/1785 à Saint-Clément (Nantes) ancien capitaine de milice et négociant de fort-Dauphin à Saint-Domingue.

Dans ces deux cas, Jean-Jacques Goulin serait le descendant d’un frère de Nicolas Goullin (1635-1705), fils de Jean Goullin.

Le second cas n’est pas possible (celui de l’abbé Le Clainche [3] et de la parenté énoncée dans le conseil de tutelle des enfants Goullin de la Brosse),  car il est impossible que Gabriel, né vers 1695, soit le frère de Nicolas (ll) Goullin, né en 1635.

Il est certain que Pierre-Bénoni Goullin [2] ne fait pas état des actes notariés de partage à la mort de Jean Goullin, et que celui-ci peut donc avoir eu deux fils, Nicolas, auteur de notre branche, et un frère ?

Francis Goullin III [14] a trouvé notamment dans les actes de la paroisse de Bourgneuf, l’existence de René Goulin, et nous parle d’un frère de Nicolas (ll) nommé Jean (mais, est-ce le père, ou un frère ?)

Mais, rappelons que seule la branche Goullin dela Brosseavait gardé des relations avec ces Goulin de Saint-Domingue, et qu’il n’est fait état nulle part, dans les écrits de la révolution nantaise, ni dans le livre de l’abbé Le Clainche [3], du moindre rapport entre la branche Goullin de l’Eraudière, dont nous descendons, et les Goulin de Saint-Domingue.

Il me semble probable que les Goulin au retour de Saint-Domingue, aient été très honorés de pouvoir prétendre d’une soi-disant parenté avec André Goullin dela Brosse, notable nantais.

Il y a d’autres Goulin (ou Goullin) dans la région, et notamment à Machecoul et Saint-Lumine de Coutais. Jean-Jacques Goullin peut très bien appartenir à une autre de ces familles Goullin.

Outre son père, Jacques-Symphorien Goulin, propriétaire d’une sucrerie à Saint-Domingue, j’ai trouvé  (par mon  « # cousin » François Goulin) que son grand-père : Gabriel Goulin était né à Nantes vers 1695. Or, nos ancêtres habitaient Machecoul, à 75 kms de là, ce qui était une grande distance pour l’époque, et il n’y a aucune fratrie de nos ancêtres dans la dernière décade du 17° siècle.

On retrouve d’ailleurs des « Gabriel Goulin » à Saint-Lumine de Coutais. (site de Gabriel Travers : gaby.clarty@free.fr ). Ainsi, Gabriel Goulin, né le 7/7/1741  à Saint-Même (44) et décédé le 2/3/1804 à Saint-Lumine de Coutais ’44)

Ce qui est certain, c’est que Jean-Jacques Goulin se conduisit comme un voyou pendantla RévolutionNantaise, et que nous n’en descendons certainement pas.

Le texte de la « Notice concernant la famille Goullin de Nantes » [2] publié en 1865 par Alfred Laillé (réédité en 1927) explique la non-parenté de ces deux familles.

On y lit ceci :

« M. Pierre-Bénoni Goullin ayant été informé – à l’occasion d’une publication de M.Alfred Laillé, avocat, dans la revue de Bretagne et de Vendée » sur les évènements qui se sont passés à Nantes pendant la révolution de 1793 – que beaucoup de personnes de cette ville croient en l’existence de liens de parenté entre sa famille et celle d’un homonyme, Jean-Jacques Goul(l)in, qui a contribué à répandre la terreur à Nantes en 1793, a de suite offert à Monsieur Lallié de mettre à sa disposition tous les titres et papiers de famille qu’il possède, afin de lui démontrer la fausseté de ce bruit qui serait de nature à porter atteinte à sa considération et à celle de la famille dont il est le chef. »

 

M.Alfred Laillé y ayant consenti, a fait cette vérification le 23 août 1865 et a reconnu qu’il en résulte clairement et incontestablement ce qui suit :…

Suit l’numération des Goullin identifiés, de Nicolas Goullin (1635-1705) à Pierre-Bénoni Goullin (né en 1799).

Pierre-Bénoni Goullin et Alfred Laillé concluaient en ces termes :

« Ainsi, preuve est faite de sept générations, comprenant une période de plus de deux-cent ans jusqu’à aujourd’hui (1865), sans qu’on y trouve aucune trace d’émigration à Saint-Domingue, ni d’existence d’aucun membre de la famille Goullin de Machecoul, Bourfneuf-en-Retz, Nantes, qui ait pu se détacher du tronc principal pour aller s’établir à Saint-Domingue, ni à aucun autre point des Indes Occidentales. »

 

Les auteurs de cette intéressante publication fournissaient par ailleurs des informations sur les ascendants de ce trop fameux Jean-Jacques Goul(l)in. Ils invitèrent un véritable tribunal à contrôler leurs documents généalogiques ; lequel, constitué d’un notaire, du conservateur de la bibliothèque publique, de membres du tribunal de commerce, de la chambre de commerce, des sociétés savantes de Nantes, se réunit le 11 septembre 1865 pour «  établir que les 2 familles étaient absolument étrangères l’une à l’autre ».

C.Q.F.D.

Par contre, il y a à ma connaissance deux faits de la famille Goullin pendant la révolution, à Nantes, qui méritent d’être rappelés :

la branche Goullin de la Brosse (restée sans postérité après le début du XIX° siècle) s’est distinguée entre autres par la “pension pour orphelins” que tenaient à Nantes les soeurs Goullin dela Brosse, et en particulier Sophie Goullin dela Brosse qui a sauvé des enfants des victimes dela Guerre de Vendée. [16]

«  En 1795, les demoiselles de la Brosse, fille de l’ancien procureur du Roi au présidial de Nantes, tenaient dans cette ville une pension pour enfants abandonnés.

Au mois de juin 1795, une fillette leur fut confiée, qui avait été sauvée des colonnes infernales par un officier républicain.

Sophie Goullin de la Brosse s’attacha à elle, et la fit baptiser sous condition et lui donna le prénom de Clémentine. Sous l’empire, elle fit des recherches sur ses origines, lesquels aboutirent à d’interminables procès.

La conclusion fut favorable à Clémentine qui fut déclarée être “Charlotte Loubette Duvau de Chavagnes”, petite fille de Mme de Sapinaud.. Ses parents, qui avaient été obligés d’abandonner Loubette au cours de la “virée de galerne”, avaient été tués : le père fusillé à Savenay et la mère noyée en Loire.

A vrai dire, bien des arguments s’opposaient à ce jugement (qui ne faisait pas du tout l’affaire des familles Duvau et Sapinaud).

Loubette Duvau de Chavagnes épousa en 1818 Louis-Michel Crucy.

Louis-Michel Crucy était le fils d’un des trisaïeux d’Yves Cossé (Nantes). » [16]

Dans la branche Goullin de l’Eraudière, un des fils du Sénéchal, frère de notre ancêtre Benoît-Pierre Goullin, eut d’ailleurs des problèmes avec le Tribunal Révolutionnaire de la ville de Nantes. Pierre-Marie (II) Goullin, dit « Goullin aîné », sera en effet arrêté à Nantes [7] pour manque de civisme et jugé par le Tribunal Révolutionnaire.

Pierre-Marie comparait  le 16 février 1794 devant la commission Lenoir, à Nantes, par « mesure de sûreté », accusé d’incivisme, d’ailleurs sans aucun témoignage, ni dénonciation. Il est incarcéré par mesure générale du comité révolutionnaire.

Après un discours vigoureux sur son peu de civisme et attendu que les témoignages manquent à la dénonciation, il est acquitté et renvoyé hors accusation. (Archives départementales L1516)  [3]

Ces deux faits de la famille Goullin pendant la révolution à Nantes méritaient d’être rappelés.

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Guerre 39/45 pour la fratrie Goullin

Voici le récit des histoires de la guerre, vécues par Michel Goullin et sa fratrie, selon mes souvenirs, les souvenirs plus nombreux de Micheline Goullin, et agrémenté par les récits de Maguerite Crosnier-Goullin (en italiques) (qui a souvent remplacé nos récits personnels déformés par le temps), relu par le père Yves Goullin .

Michel Goullin (II) pendant la guerre 39-45 :

–        Sciences-Po Paris et droit, de rentrée 39 à été 42

« Le 11 novembre 1940, Mico a fait partie des étudiants étant allés à l’Arc de Triomphe y chanter la Marseillaise. Ils étaient nombreux, et ont été pourchassés par les allemands ; plusieurs d’entre eux ont été arrêtés. .Mico a pu filer. A la suite de cette manifestation, les universités et les écoles ont été fermés 15 jours (ou 1 mois)

Plus tard, vers 1943/1944, Mico a assisté (NBBG : tante Margot ne croit pas qu’il y ait participé)  à  une manifestation où les étudiants ont défilé, criant seulement « vive », tout en brandissant en cadence 2 cannes à pêche (ou gaules), une dans chaque main. Les allemands applaudissaient la blague sans comprendre, mais les étudiants n’ont pas trop prolongé le spectacle.

* Mai 1943.

A priori Michel et Pierre Goullin délivraient probablement des courriers à Paris pour un réseau de résistance (le groupe du Père Basset, aumônier des étudiants); Le père Basset, en mai 1943, se savait surveillé, mais n’a pas voulu fuir, disant qu’il fallait que des prêtres partagent le résistance, en assumant les risques et conséquences, afin de témoigner et d’entourer les prisonniers. On ne savait rien de précis sur les camps, et on n’imaginait pas ce qui s’y passait. (Le Père Basset est mort au camp de Struthof, en Alsace).

Le père Basset qui se savait surveillé, avait dit à Pierre « évitez de venir ces temps-ci » ce que Pierre avait oublié ou n’y avait pas prêté attention : c’est au domicile de l’abbé Basset que Pierre a été arrêté  (souricière de la Gestapo) ; Le soir même, il devait retrouver sa famille à l’Opéra, qui s’est beaucoup inquiétée qu’il ne vienne pas  (pour entendre « la barbier de Séville »)

Après une nuit d’angoisse, de téléphones dans les hôpitaux, les commissariats de police etc.., Françoise, très courageusement a dit : je vais aller chez le Père Basset et on verra bien si c’est une souricière ».

Armelle de Surgy l’a accompagnée, et d’un commun accord, elles se sont séparées à l’entrée de la rue, Armelle restant dans les parages pour voir si Françoise ressortait de l’immeuble. L’a t’elle vue partir en traction-avant ? Il faudrait le demander à Armelle ? en tout cas, elle a été emmenée dans un bel hôtel de l’avenue Foch, elle a été interrogée correctement, et a affirmé qu’elle venait se confesser (ce qu’avait dit aussi Pierre) ; elle a été mise en cellule quelques heures, elle y a chanté, et finalement, les allemands l’ont relâchée, ainsi qu’un abbé tombé, lui aussi, dans la souricière.

Les allemands lui avaient dit que Pierre était à Fresnes, mais c’est au fort de Romainville qu’il a été interné.

Il y est resté 5 jours, couchant sur de la paille, et nourri d’un brouet.

Il se trouvait avec un monsieur et son fils (dans les âges de Pierre), et ils jouaient tous les trois au « morpion » avec des brins de paille dans un silence prudent, craignant que leur vis-à-vis ne soit un mouton ; enfin, peu à peu, ils ont trouvé des points communs (les Thubé, je crois). Mr Terlynck (ou un nom de ce genre) était filateur dans le Nord, si bien que quelques semaines après leur libération, il a envoyé à Pierre un costume dont il avait grand besoin par ces temps de pénurie.

Dès qu’ils avaient su l’arrestation de Pierre, Yves et Marguerite, à Nantes, ont passé la soirée et tard dans la nuit à brûler des papiers et carnets et à en enterrer dans des bocaux dans le jardin.

(Oncle Pierre a forcément a été très impressionné par ce séjour en prison, et, en 2003, lorsqu’il était très mal, délirant, en réanimation, il était persuadé d’avoir affaire àla Gestapo, et il a même téléphoné à mon père, Michel, pour lui dire de venir le libérer).

Michel travaillait à Paris (pour financer sa vie d’étudiant) au « comptoir d’escompte ».

Fin ( ?) 1942, retour à Nantes, et travail aussi pour le « comptoir d’escompte ».

Il doit quitter Nantes pour Redon fin 1943 ( ?) : comme beaucoup de jeunes hommes à cette époque, il était recherché par le STO pour partir en Allemagne.

Mico a du aller travailler chez Mottais en début 43, je pense.

NB :entreprise de bois « Mottais », dont son oncle Joseph Reneaume était administrateur (et l’avait pistonné ?). Mollet collaborait volontiers avec les allemands, mais il a toujours été très correct avec Michel.(notamment, il lui avait dit qu’il le préviendrait quand il serait repéré par le STO.

Mico était bien sûr, ainsi que Pierre, réfractaire au STO : donc, plus de cartes de ravitaillement, plus rien. Les gendarmes, pour Pierre, venaient le demander à la maison (NB : Avenue des Roses, à Nantes) mais on donnait son adresse à Paris, et vice-versa : cela gagnait du temps.

Pierre dormait rarement à la maison, et allait coucher chez les Herme ou ailleurs. Quand Margot sortait et que Pierre l’accompagnait, pour revenir à la maison, il la suivait d’un peu loin ; si la voie était libre, sans gendarme, Margot  lui faisait signe de venir ; autrement, elle  devait  laisser tomber un de ses gants par terre.

Selon maman et tante Margot Crosnier, il faisait du renseignement pour la résistance.

Mico faisait partie du réseau de mademoiselle Mouraud, chez qui il logeait ; la maison existe toujours à l’entrée de Saint-Nicolas de Redon, à gauche, juste avant le passage à niveau quand on vient de Nantes : maison un peu en retrait avec deux colonnes à son entrée.

Le réseau a été trahi par un de leurs membres : Le Bihan ;

9 ont été fusillés, les autres, déportés, ne sont pas tous revenus.

Seuls Mico et Guillaumin s’en sont sortis.

Le Bihan, après la guerre, a allégué qu’il avait été torturé. Dans le doute, les survivants l’ont laissé tranquilles. (Le Seigneur jugera)

De notoriété publique, on savait que les « Mottais » travaillaient beaucoup pour les allemands. Mico a dit à Margot qu’il faisait des erreurs volontaires dans les expéditions de wagons pour les allemands. La direction des wagons n’était pas toujours la bonne et cela les retardait d’autant.

Mico avait l’habitude d’être souvent en retard, ce qui lui a sauvé la vie : il avait manqué son train pour rentrer à Redon, train que les allemands attendaient à son arrivée. Arrivé en retard, il était parti chez mademoiselle Mouraud, mais il est passé par derrière pour prendre sa bicyclette dans le fond du jardin. Trouvant la maison silencieuse, il n’y est pas entré. Il est parti chez les Mottais qui lui ont dit de filer, que les allemands le recherchaient.

Fuyant Redon, Mico ne savait pas trop où aller, quand il rencontre un de ses scouts, à qui il explique la situation : « va chez tante Jeanne à Drefféac (à la ferme de Beaubois), tu y seras sûrement accueilli. » Mico s’est donc retrouvé chez tante Jeanne, dans une ferme appartenant aux Baudinière.

Ces fermiers (nom ?) étaient de fervents  gaullistes. Il ne leur a pas caché qu’il était recherché par la Gestapo, et que s’il était trouvé chez eux, ceux-ci risquaient la mort ou la prison. Il est resté quelques jours chez eux, couchant dans la grange, très bien nourri. Le château, en plus, était occupé par les allemands, et était assez proche. Après le guerre, Michel est revenu chez ces fermiers, les remercier ; il était accompagné de Miche qui a offert une poupée à la petite fille. Quand Mico a su la mort de la « tante Jeanne », il est allé trouver le curé de Drefféac pour lui demander une messe pour elle.

Après ces quelques jours à Drefféac, Mico est parti au Séry à Pont-Château chez Mme Lerat, où se trouvait Françoise chassée de son logement de Pont-Château (où elle était assistante sociale du Secours National) une bombe étant tombé à 30 mètres de sa chambre.

Et voici la version que Maman (Miche)  et moi avions dans nos souvenirs à propos de cet épisode

–        Un soir  Papa  loupe son train de Nantes à Redon ; il prend donc le train seulement le lendemain matin, et, repassant chez lui, logé par Mlle Mouraud, il voit de loin que les volets sont fermés, et que le maison a l’air bizarre ; il va donc se renseigner au bistrot du coin, où on lui dit qu’il y a eu une descente des allemands chez Mlle Mouraud, et que tout le monde a été arrêté ( et donc de partir au plus vite). Il va donc discrètement récupérer sa bicyclette dans le jardin, et passe (en se méfiant) chez son patron pour le prévenir de son départ ; celui-ci lui dit aussi de partir au plus vite, car les allemands le recherchent, et lui donne même une somme d’argent liquide pour sa fuite. Il est parti se réfugier dans une ferme à Drefféac ; il s’agissait des fermiers des Baudinière (famille de Saint-Malo) et les parents sont retournés les voir après la guerre.

 

Voici une anecdote qui aurait pu être dramatique : un soir, rentrant tard à Redon d’une réunion avec ses scouts, Mico chargé d’un gros sac-à-dos est arrêté par une patrouille allemande. Evidemment, fouille : il pense alors qu’il a dans sa poche une petite boite d’allumettes contenant un insigne doré de la croix de Lorraine, motif suffisant pour être fusillé ou emprisonné. L’allemand ouvre la boîte d’allumettes à l’envers, et ne voit que le dos de l’insigne, et ne le retourne pas ! Deo gratias !

Par contre, les allemands poussent des exclamations en palpant son sac à dos « grenades, grenades ! » : c’était des étuis ronds métalliques contenant des œufs.  Mico a pensé qu’ils le prenaient pour un parachutiste.

C’est à l’automne 43 que Mico était à Nantes, après son départ en catastrophe de Redon (et ses refuges à Drefféac et Pont-Château) : il s’est dit qu’après les gros bombardements (des 16 et 23 septembre) de Nantes, tout était désorganisé, et c’est à déblayer qu’on ne penserait pas à venir les chercher.

Avec Pierre, toujours recherché pour le STO, ils ont fait un travail terrible, travaillant à la pioche et à la pelle. Quand deux immeubles voisins étaient effondrés, le chef de chantier demandait combien ils étaient dans la cave : les sauveteurs allaient alors essayer de sauver les survivants de la cave où ils étaient les plus nombreux, laissant les emmurés de l’immeuble voisin agoniser et appeler. C’était affreux ! On savait qu’il était impossible de les sauver tous. Mico et Pierre ont vu des morts accrochés à des barreaux de soupirail, avec les doigts coupés pour récupérer les bagues ou chevalières.

En guise de pause, Mico et Pierre ont été envoyé au musée des Beaux-Arts pour reconstituer les morceaux humains qu’on leur amenait plus ou moins décomposés, car il faisait très beau et chaud. Margot s’occupait de les faire dîner, quelque soit l’heure de leur retour, et il ne fallait surtout pas leur offrir de la viande..(De toutes façons, il  y en avait si peu !)

Ensuite, Mico, se trouvait à déblayer rue d’Aguessau, près de la chapelle de la maison de retraite où se trouvait les tantes Josèphe et Jeanne Goullin (alors évacuées) où le tabernacle avait volé en éclat, et les hosties étaient répandues sur le parvis de la chapelle et dans la rue. Le chef de chantier a dit à Michel « vous êtes scout et croyant, allez ramasser les hosties et portez-les à la cathédrale » ce que fit Mico, très ému et impressionné, car à cette époque, on ne touchait pas les vases sacrés, ni les hosties (on ne communiait que dans la bouche).

 

Margot note en passant que subissant les bombardements, la botte allemande, le froid, la faim, la peur (elle allait elle aussi, avant la rentrée, dans un centre d’accueil pour les bombardés), il n’y avait pas de psychologues à les bichonner, leur père les remontait avec une verre à liqueur d’eau de vie ! Ça devait faire tout aussi bien !

 

En ce qui concerne le drame Villeneuve-Calou, Margot est quasiment certaine qu’ils ne faisaient pas partie du réseau de Melle Mouraud… la cassure entre les Vichystes et les Gaullistes était infranchissable, et il en reste encore des traces ! tous les Vichystes ont tourné le dos aux Villeneuve après l’arrestation du père !  Marguerite-Marie Roy a subi le même traitement après l’arrestation de son mari pour l’OAS. Madame Crosnier (mère) a eu le même sort lors de la déportation de son mari en 1943. Les Goullin, sur une échelle sans gravité, recevaient par téléphone des menaces telles que « vous êtes gaullistes, on vous surveille, gare à vous » vous voyez l’ambiance ! Pour eux, c’étaient des terroristes !

 

Mr et Mme de Calou habitaient une superbe propriété au Parc Anger à Redon. Mr de Calou était un fervent gaulliste et on dit qu’il quêtait pour de Gaulle dans les cafés de Redon. Il hébergeait chez lui un neveu Laborde-Dupuis ( ?) (Il avait deux identités) car il était recherché par les allemands.

Arrivent les allemands, Laborde se sauve, saute par-dessus une haie du parc et se réfugie dans un collège de Vendée.

Calou, plus tard, est de même menacé d’arrestation par les allemands. A leur arrivée, il croit qu’il réussira à sa sauver comme son neveu, mais il n’avait pas pensé qu’il était plus âgé, plus enveloppé, moins rapide, et les allemands l’ont tué alors qu’il franchissait la haie. Marguerite Goullin-Crosnier s’est trouvé récemment à un déjeuner chez J. de Marcé, près du plus jeune fils Calou, qui avait 6 ans lors de l’assassinat de son père. Les allemands ont emprisonné pendant 1 an le fils aîné qui avait 15 ans.

En ce qui concerne Mr de Villeneuve, il a été arrêté chez lui dans sa propriété  près de Redon ; son épouse attendait un numéro 5 ou 6 d’un jour à l’autre. Emmené dans un train vers l’Allemagne, dans un virage, pas très loin de Redon, je crois, il a sauté dans une mare en bordure des rails et a réussi à aller se réfugier aux « Jarilles » (en forêt de Touvois) chez Mr et Mme de la Chevasnerie, amis des parents Goullin. C’est là que Mr de Villeneuve a demandé à Mico de prévenir chez lui qu’il était en sûreté et prendre des nouvelles. Mico s’est retrouvé devant une propriété cadenassée : tout était verrouillé ; à travers la porte, une vieille domestique, transie de peur, lui a demandé ce qu’il voulait. Mico a pu expliquer sans dire où était Mr de Villeneuve. La vieille bonne lui a dit alors « vous direz à Monsieur que tout va bien et qu’il a eu un fils ». Mr de Villeneuve, ne pouvant sortir, s’ennuyait beaucoup aux « Jarilles » et les parents y allaient souvent pour jouer au bridge avec lui, et faire de la musique.

Puis,  Mico a été chargé d’aller chercher Laborde (alias Dupuis) dans « un » collège de Vendée. Le directeur, prudent et astucieux, a réuni plusieurs jeunes devant Mico, mais comme celui-ci n’avait jamais vu Laborde, il n’y avait pas de reconnaissance visuelle possible. Mico a alors donné les précisions sur la mort de son oncle Calou et sur la naissance Villeneuve (NB : Villeneuve et Calou devait être parent), puis a ramené Laborde aux « Jarilles », lui aussi. Laborde venait à la messe à Bel-Air, passant pour un neveu des La Chevasnerie. Lors des présentations à la famille, les Goullin ne savaient jamais sous quelle identité le présenter ! Seuls, eux, les Goullin, étaient dans le secret des « Jarilles »

–        Enfin, c’est l’arrivée des américains ; Michel va essayer de les rejoindre ; il va d’abord à Pont-Château, chez Mme Le Rat, où il retrouve Pierre ; tous les deux tentent de rejoindre les américains en suivant la voie ferrée à bicyclette, car il y avait des allemands sur les routes qui arrêtaient les jeunes ; en sortant d’un tunnel , ils sont arrêtés par des soldats, dont il ne savait pas l’appartenance et qui leur parlaient dans un langage qu’ils ne comprenaient pas (NB : Pierre et Michel avaient pourtant appris l’allemand ; donc, Papa savait que ce n’était pas des allemands ; a-t’il cru que ce pouvait être des Géorgiens ?) Pierre croit comprendre que ce sont des américains qui se renseignent sur la présence des allemands, et il se met à crier « boche, boche..) pour la plus grande peur de papa qui avait peur d’avoir affaire à l’armée allemande ou ses alliés.

–        Le contact est donc pris avec les troupes de libération, et papa rejoint les troupes françaises régulières qui sont mis en garde autour de la poche de Saint-Nazaire ; en fait, il s’agissait des troupes FFI (2000 hommes) du Colonel Félix (Chambart de Lowe) ; une de ses armées faisait le siège de Saint-Nazaire (tandis que les américains continuent leur avance) .

–        Pierre rejoint quant à lui, par souhait une autre unité (dans mes souvenirs, il s’agit du « deuxième bureau ») ; en fait, il se retrouve au milieu des communistes, et cela se passe très mal ; Il s’enfuit donc (avec un autre ami de papa, Eugène Blanchard) et rejoint  Papa ; mais, les communistes veulent faire arrêter Pierre comme déserteur ; il faudra l’intervention de papa auprès du Colonel Félix, pour faire innocenter Pierre, et l’intégrer complètement à leur unité de Saint-Nazaire.

–        De ces mois à Saint-Nazaire, papa nous a raconté plusieurs anecdotes :

D’abord la capture de soldats allemands qui essayaient de fuir leur situation d’assiégés : prisonniers, ils étaient gardés par les soldats français, et papa s’essayait à leur parler en allemand ; un jour, en portant le repas, il dit à un allemand « du fresst » ce qui veut dire « manger pour les animaux », et l’allemand le reprend « du esst » ce qui veut dire « manger pour les humains », et papa lui répond « nein, du fresst..  ». ce qui en dit long sur la façon dont un jeune de cette époque pouvait considérer les soldats allemands.

Autre anecdote : papa servait comme sous-lieutenant, et l’officier l’avait mis à ce grade et ce poste de responsabilité, parce qu’il avait été chef scout.

Enfin, Saint-Nazaire dut se rendre, et les français sont entrés dans les locaux de l’armée allemande : nous avons grandi au milieu des nombreux objets qu’il avait pris : un drapeau à croix gamée, une casquette, sirène, fanion pour signaler les mines, photo (mitraillée) et cadre d’Hittler, etc…

– A un autre moment (fin de l’été 1945 ?), papa se souvient d’avoir vu un militaire de la « 2° DB », dont le père avait été déporté, et qui venait se renseigner (savoir pourquoi son père avait été arrêté, ou où il était ?) ; papa n’avait aucun renseignement pour l’aider, bien qu’il compatisse à son cas familial, et qu’il ait une immense admiration pour la « 2° DB » : il s’agissait de Pierre Crosnier, qui devait épouser plus tard Marguerite Goullin, sa propre soeur !

– La version de Pierre Crosnier (témoignage vécu !) est différente : vers fin 1944, étant à Nantes, il était venu enquêter sur l’arrestation de son père par les allemands ; le soir, il n’y avait plus de train pour retourner à Rennes ; il s’est donc adressé au service des armées sous le passage de la place Louis XVI, près du 11° corps, et il a eu affaire à Michel Goullin,  qui lui a dit qu’une navette militaire partait deux heures plus tard.

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Haplotype

En 2006, j’ai participé au « genographic project » de la société  national geographic.

Cela consistait à faire une analyse ciblée de l’ADN de 100000 participants, afin de pouvoir mieux comprendre les migrations de l’homme dans l’histoire.

Je suis de l’haplogroupe E3b (ou M35)

Cela signifie une origine méditerranéenne, puisque 75% des nord-africains sont de cet haplogroupe E3b, contre seulement 5% des français.

Cela signifie que nos ancêtres, 50000 ans avant nous, sont arrivés de l’Afrique de l’est, avant d’arriver au niveau de l’actuel canal de Suez, puis le proche Orient, avant d’arriver en Europe par l’actuelle Turquie.

J’ai bien sûr demandé à mon cousin germain de faire aussi son haplotype pour contrôler cette origine méditerranéenne, et j’ai aussi demandé à François Goulin de faire cette analyse, afin d’essayer de déterminer si nos origines sont communes..

En 2008, Bruno Goullin a bien voulu vérifié son ADN Y  (très compliqué, car Bruno ne voulait pas avoir son ADN sous son nom chez les américains, nous avons donc effectué le test sous le nom de mon beau-père) : Bruno est du même haplogroupe que moi : E3b1 (ou M35).

La preuve que nous sommes bien cousins ! L’origine de notre famille Goullin est donc méditerranéenne.

Et, contrairement à ce que nous supposions,  François Goulin  n’est pas du même haplogroupe.

Son haplogroupe (marqueurs M168 > M89 > M170) se retrouve le plus souvent en Scandinavie et dans les balkans, voire en Normandie méridionale !

Ce résultat est décevant.

–          C’est très probablement vrai ; ces analyses l’affirment à ce jour : les Goulin (de Reims) ne sont pas parents à notre famille Goullin.

–         En guise de consolation, voici la proposition de François Goulin : un enfant a pu être reconnu par un mari Goulin/Goullin, après veuvage ou aventure hors mariage ; de ce fait, les analyses biologiques sont différentes puisque les ancêtres biologiques masculins ne sont pas les mêmes.

On peut même imaginer qu’une ancêtre Goullin aie été la victime d’une colonne musulmane montée en France, ce qui expliquerait l’origine méditerranéenne des Goullin.

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Bibliographie de la première partie

1        – ” Les caprices d’une vieille famille maraichine” par la docteur Michel Pelletier

Revue du Centre Généalogique de l’Ouest, n° 38, 1° trimestre 1984

2 – ” Notice concernant la famille Goullin de Nantes “

par Alfred Lallié et Pierre-Bénoni Goullin, 1865

imp. Chantreau & cie, Nantes, 1927

3 – “ Bourgneuf …jadis”

par l’abbé Joseph Le Clainche. Imprimerie Lussaud, 85-Fontenay-le-Comte

4 – “Cahier des Plaintes et doléances de Loire-Atlantique, 1789″

Editions du Conseil Général de Loire-Atlantique, 1989 ,imp. Chiffoleau, Nantes

5 – site Internet de François Goullin  sur les familles Goullin et Goullin

http://perso.wanadoo.fr/francois.goulin/

6– ” les Jenn” par Yves Jenn, edition 2000

yves.jenn@wanadoo.fr

7 – “Messieurs de Saint-Malo” une élite négociante au temps de Louis XIV,

de André Lespagnol,  2 volumes, Presses Universitaires de Rennes, 1996

8 – ” René Montaudouin, grand armateur nantais”, le Chasse-marée n°148, janvier 2002.

10 – “Dissertation sur l’hypochondrie”

Thèse n°63 dela Facultéde Médecine de Paris, présentée le 10 mai 1821,

par Pierre-Marie-Benoît Goullin, de Bourgneuf (Loire Inférieure)

11 – ” La flamme torse” de Francis Goullin, 1963 (Editions de l’auteur)

12 – “Combien j’ai douce souvenance” de Marguerite Crosnier, née Goullin, 1995                                                                                                                                                                      (Ed.auteur)

13 –  « Etudes historiques variées sur le pays de Retz »,

publiées dans la presse locale, 1964-1970 in4°-73.

Abbé J.L. Le Clainche

13a : Tome II p.64

14 – « notes sur la famille Goullin »,

monographie familiale de Francis (III) Goullin, écrite en 1964 à Versailles.

15 – Fonds Freslon  (relevés de Michel Lopez)

http://www.cg44.fr/cg44 (fonds Freslon : Machecoul)

16 – courrier d’Yves Cossé.

17 – Archives Nationales, V/1/346 pièce 93.

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II° Partie

 

 

 

 

Eléments de la généalogie Goullin

 

 


Il est classique de commencer la généalogie par  Nicolas (I) Goullin qui a épousé Marguerite Cavoleau vers 1450, et que l’on trouve dans la généalogie Mourain [1]. Ce que l’on note, c’est que ce Goullin était du Bois-de-Céné, et on retrouve cette terre dans les propriétés du sénéchal, Pierre-Marie (l) Goullin de l’Eraudière au XVIII° siècle.

Voici ce que l’on note sur le site de François Goulin [5]:

« Nicolas GOULLIN de Bois-de-Céné, né vers 1450, époux vers 1475 de Marguerite CAVOLEAU dont descend probablement Jean GOULLIN (qui suit). »

(Dans cette généalogie Goullin, mes ascendants sont notés en caractères droits, et les branches collatérales en italiques)

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Les recherches de Jean-Baptiste dela Grandière (généalogiste nantais), en 2012, ont permis de découvrir 3 générations supplémentaires de nos ancêtres de la famille Goullin, générations de notaires, ce qui permet de confirmer leur situation sociale notable.


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Première génération

Jean Goullin (I)

[Sosa n° 8192]

 

Né vers 1520-1525

Mariages et enfants

  •  Marié avec ? ?, dont
  • Jehan 1550 ( ?)-1604, qui suit

Sources:
– famille: JB.de La Grandiere (Thierry Jaumouillé BMS St-Philbert-de-Bouaine avant 1724, edit 10/2000) 10 ii 2012

 

Première génération :  Jean (I) vers 1520-1525

Deuxième génération : Jehan [Jean (II)] serait donc né vers 1550, + 1604

Troisième génération : Michel (I) serait né vers 1580

Quatrième génération :  Jean(III), serait né vers 1610

 

Les rois de France :

– 1515-1547François Ier d’Angoulême 1494-1547

– 1547-1559Henri II d’Angoulême 1519-1559

– 1559-1560François II d’Angoulême 1544-1560

– 1560-1574Charles IX d’Angoulême 1550-1574

– 1574-1589Henri III d’Angoulême 1551-1589

– 1589-1610Henri IV “Le Vert Galant” de Bourbon 1553-1610

NB : 4 ° fille : Ozanne Goullin

  • Décédée après 1608

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Deuxième génération

Jehan Goullin (Jean II)

[Sosa 4096]

  • Né vers 1550
  • Décédé en octobre 1604

Parents

Mariages et enfants

Notes

  • vivant en juin 1604 mais décédé avant novembre 1604

Sources:
– personne: JB.de La Grandiere (Thierry Jaumouillé BMS St-Philbert-de-Bouaine avant 1724, edit 10/2000) 10 ii 2012,
– famille: JB.de La Grandiere (Thierry Jaumouillé BMS St-Philbert-de-Bouaine avant 1724, edit 10/2000) 10 ii 2012

 

NB : 2° fille : Catherine Goullin

Sources:
– famille: JB.de La Grandiere (Thierry Jaumouillé BMS St-Philbert-de-Bouaine avant 1724, edit 10/2000) 10 ii 2012

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Troisième génération

Michel  (l) Goullin

[Sosa 2048]

 

Il est intéressant de constater que le prénom de Michel était déjà un prénom familial, avant qu’il soit donné à grand-père Goullin (1876) et à papa (1919)

 

Ce prénom de Michel leur avait été donné en souvenir de Michel Chaigneau,

officier de l’Empire, leur  AGP et AAGP.

Parents

Mariages et enfants

* Julien est notaire en cours laye de l’abbaye de  Villeneuve (Les Sorinières -44) cité en 1616-1618

Il épouse Guillemine Chiron (+ 1636)

Le couple habiteSaint-Colomban (44)  et revient  vivre à Saint-Philbert-de-Bouaine (85) en 1635, avant le décès de Guillemine

Notes

Michel et Françoise Goullin habitent Saint-Philbert-de-Bouaine (Vendée)

Acte extrait des actes notariés aux archives municipales de Nantes concernant la paroisse de Saint-Philbert de Bouaine- (tablier Charrier Notaire à Nantes)

1608 “ Personnellement establiz en droict ont esté en la cour royalle à Nantes avecq deue submission et prorogation de jurisdiction Clemant SAUZEAU marchant demeurant au village de la Bretiniere marche et parroisse de Saint Colombain d’une part, …../….. et baillée par ledit acquereur audit vandeur auparavant (…) et en à quicté ledit Saulzeau a[vec] quictance (…) Ce fut faict et passé à Nantes en le tablier de CHARIER notaire tabellion royal à Nantes soubz signant le quatorze de mars mil six centz huict après midi soubz le seign desdites parties ” nota : voyez l’achat d’une partie de ce même moulin de la Basse Beliniere par ledit Julien Bossis infra en juillet 1605 chez le notaire Bodin – cote 4 E 2 / 450 …/… exprimé cy devant .. en la court de Roche Serviere par ledit sieur recteur allencontre des dessus lesdits nommez sa.. leur .. vers leurs .. .. codetenteurs pour le payemant des arreages d’un bouexeau de froment chacun an de rente deu a ladite cure de Bouainc en chacune feste de myaoust sur et par cause des maisons et heritages que possedent lesdits Penissons et consortz en ladite parroisse de Bouainc, amplement specifiez par la sentence doné em.. sur la.. devant en la cour de Rocheserviere le vignt deulxiesme jour de septembre mil six centz quatorze et .. par la monstrée referée par ladite sentence. Lesdictz heritages sont entre aultres une maison situez au bourgc de Bouainc apellée la maison des Penissons, tenant d’un costé aux maisons de deffunct Pierre BRENISSAN d’autre costé aux maisons de Michel GOULLINvenell entredeulx.

 

 

 

Sources:
– personne: JB.de La Grandiere (Pierre Parois & Thierry Jaumouillé ” Actes notariés concernant St-Philbert-de-Bouaine de 1402 à 1787″, édit. 2005) 10 ii 2012
– famille: JB.de La Grandiere (Pierre Parois & Thierry Jaumouillé ” Actes notariés concernant St-Philbert-de-Bouaine de 1402 à 1787″, édit. 2005) 10 ii 2012, JB.de La Grandiere(Thierry Jaumouillé BMS St-Philbert-de-Bouaine avant 1724, edit 10/2000) 10 ii 2012

 

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Quatrième génération

Jean (lll)  Goullin

[Sosa 1024]

né vers 1610 ?

décédé avant 1673.

Epouse en premières noces : Julienne Fleury

Epouse en secondes noves : Jeanne Charrier (de Legé)  [Sosa 1025]

Parents  de Nicolas Goullin (qui suit)

Notons que Francis III Goullin dans ses feuillets sur la famille Goullin [14] considérait Jean Goullin comme un frère de Nicolas (a-t-il trouvé la trace d’un autre Jean Goullin ?).

Depuis cette étude, l’abbé Le Clainche a travaillé sur les documents des paroisses de la région [15], et il a noté un Jean l Goullin qui était le père de Nicolas.

On trouve de même, dans le « fond Freslon » [13] (en annexe à la fin de ce livre), l’acte de baptême d’un Nicolas (lll) Goullin, né en 1673, où il est noté que Jean l Goullin est l’aïeul, et mari de Jeanne Charrier.

Mais, il reste tout à fait possible que Nicolas (ll) ait eu un frère nommé Jean.

Bibliographie : [15]

 

« Parmi les familles qui ont marqué Bourgneuf avant et après la révolution, il y a la famille Goullin qui a séjourné à Bourgneuf pendant un siècle.Cette famille était originaire de la paroisse de la Trinité de Machecoul. Le nom n’était pas inconnu dans la région, car on trouvait des Goullin dans l’autre paroisse de Machecoul, qui était Sainte-Croix, comme on en trouvait à la paroisse voisine de Sainte-Même; mais la situation humble de ces Goullin nous fait penser que, si des liens de parenté ont existé, ils étaient bien éloignés.

 

Le premier Goullin dont on trouve la trace, et qui nous intéresse, s’appelle Jean. Il est marié avec Jeanne Charrier. Il eut plusieurs enfants. Celui dont la descendance devait essaimer à Bourgneuf était Nicolas (ll) qui naquit en 1635 et mourut en 1699. »

 

(Abbé J.L. Le Clainche)

 

 

 

 

 

 

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 Manoir de la Brosse

Fresnay-en-Retz

Propriété de la famille Goullin, de 1676 à la fin du 18° siècle.

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Cinquième génération :

 

Nicolas (ll) Goullin 

né vers 1635, mort en 1689

Notaire établi à Machecoul en 1664

Procureur du Pays de Retz

[Sosa 512]

 

Fondateur de la famille Goullin, selon Pierre-Bénoni.

Acquisition de la terre noble dela Brosseen Fresnay en 1676 (archives de Nantes B1836 [14]) auprès de Julien Pouvreau. [Sosa 1024]

  • Dont il a épousé la fille en premières noces vers 1670 (donc vers 35 ans) :

x I)    Demoiselle Françoise Pouvreau[Sosa 513]  :  née vers 1650, décédée avant 1681

(absente lors du décès de Marie [13])

dont il eut:

1)       André (l) Goullin  [Sosa 256]  (1671-1729), qui suit,

2)       Nicolas (III) né le 22 mars 1673 vers 23h, baptisé à Trinité-Machecoul le 24 mars 1673, Décédé probablement avant 1675.

Parrain : Me Julien Pouvreau, Sieur de la Brosse, marraine Janne Charier, ayeule)  mort en 1673.

3)       Françoise (I) Goullin  né et baptisé le 28 avril 1674 à Trinité-Machecoul.

Parrain : Me André Boucher, Sieur de L’Espinay, greffier de Machecoul;

Marraine :honorable femme Anne  Pouvreau femme d’honorable homme Michel Girard.

Françoise (l) est l’épouse de Mr Bossis, sieur dela Bossière

4)       Nicolas (IV) Goullin  (baptisé le 25 juin 1675 à Machecoul-Trinité; décédé le 28 juillet 1698, inhumé le 29 à Trinité, près de la grande porte )

Parrain : noble homme Matthieu Bourgoigne, Sieur de la Rochebaron

Marraine : demoiselle Agnès Mosnier, femme de noble homme Julien Bodieu, Sieur des Plantis, médecin

5)       Marie (I) née le 24 novembre 1676, baptisée à Machecoul-Trinité  le 25 novembre 1676,

décédée en aoùt 1681.

Parrain : noble homme Pierre Guillon, Sieur du Vignaud,

Marraine : honneste fille Marguerite Pouvreau

  • Épouse en deuxième noce, vers 1682 (donc vers 47 ans)

x II)    Dame Anne Rousseau

Dont il eût :

6)       Marie Goullin (II) (née le 22 aoùt 1683, baptisée à Machecoul-Trinité le 23 aoùt 1683)

Parrain : noble homme Pierre Fauveau, apothicaire; marraine : Dame Marie Rousseau, tante

Marie est la marraine de Marie Goullin, fille d’André (I), en 1714 (?)

7)   Jean Goullin  (II)  (né le 15 décembre 1685, baptisé à Machecoul, Trinité le 16 décembre 1685)

       Parrain : noble homme Michel Girard; Marraine : Jane Rousseau, Dame de Nous, tante.

 

Remarques de Francis Goullin (III) [14] :

–          ces 2 enfants étaient morts avant 1691, puisque non cités dans l’acte de partage.

–          Nicolas (II) s’est-il marié deux fois, ou s’agit-il d’un autre Nicolas Goullin, de la même paroisse ?

NB : cependant, dans les archives paroissiales de Machecoul, lors du baptême de Jean, le 16 décembre 1685, on lit après Nicolas : Nore et Pr, ce qui me semble bien signifier « Notaire et procureur ».

 

  • Après son décès, ses biens ont été partagés :

«  Partage authentique de 1706 » indiqué page 9 de la notice de Bénoni sur la famille Goullin [2], alors que page 6 on peut lire qu’il s’agit d’un acte authentique du 24 novembre 1705, partage entre André (I) et Françoise (I), puisque Nicolas (IV) est décédé en 1698.

Selon Francis (lll) Goullin [14], il s’agit de l’acte de partage entre André (l) et Françoise (l), et non le partage post-mortem de Nicolas (II)

 

 

Remarques sur la date de décès de Nicolas (ll) :

Selon l’Abbé Le Clainche [13], Nicolas Goullin (ll) serait mort en 1699.

Il  dit aussi qu’André (I) avait 18 ans à la mort de son père [15]

C’est une erreur :

Nicolas (ll) est mort en 1689 ; ainsi, André (I) avait effectivement 18 ans [3] ;

Car, Francis III Goullin [14] cite un document du 2 mai 1691 : Archives de Nantes B1836, où il est écrit que Nicolas (II) est décédé («… héritiers de défunt Me Nicolas… ») d’autant qu’il y est précisé qu’André I est émancipé (18 ans) et Nicolas lV mineur (17 ans).

Le même acte parle aussi de Françoise, mais ne parle pas des enfants du deuxième mariage.

A noter que Nicolas (ll) n’est pas présent à l’enterrement de son fils Nicolas (IV) en juillet 1698 [35] ; et qu’il est effectivement mort lors du mariage de son fils André (I) en 1701 [13]

 

Pierre-Bénoni Goullin donne 1705 comme date de décès [2]), ce qui est une erreur : date qu’il a dû déduire de la date du « partage authentique » de 1706.

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Bibliographie:

 

* «  Celui [des enfants de Jean (l) Goullin] dont la descendance devait essaimer à Bourgneuf était Nicolas, qui naquit en 1635 et mourut en 1699.Il fut notaire et procureur à Machecoul.

Il épousa en premières noces Françoise Pouvreau dont il eut cinq enfants, et en secondes noces Marie Rousseau, de Saint-Philibert-de-Bouaine, dont il eut un ou deux enfants.

Il semble qu’il n’y eut qu’un fils à faire souche, les autres moururent en bas-âge.

Ce fils André, avait 18 ans à la mort de son père.(…) »

(Abbé J.L. Le Clainche)

* Commentaire de Francis (lll) Goullin.[14] :

 

«  Nicolas (II) Goullin, notaire et procureur à Mâchecoul.

Cette charge de notaire n’avait pas au XVIIe siècle le lustre qu’elle a de nos jours.

M. du Puy de Clinchamps dans le remarquable ouvrage qu’il a consacré à la noblesse (« La noblesse » A Colin, 19….) signale que les charges de « notaire, avoué, procureur » étaient des professions modestes qui entraînaient la dérogation pour les nobles qui les auraient exercées. D’autre part, M. l’abbé Le Clainche, dans un article paru dans les « Annales de Nantes et du Pays Nantais » (N° spécial du 1er trimestre 1964 consacré à Bourgneuf) mentionne (p.12) qu’en  « deux cents ans, il y eut plus de cent notaires à Bourgneuf ». – ce qui laisse supposer qu’il y eut simultanément certaines années une dizaine de notaires au moins ! C’est là certes un argument qui peut indiquer l’importance de Bourgneuf au XVIIe et XVIIIe siècles (périodes étudiées par l’abbé L.C.) mais qui montre aussi qu’à cette époque, la profession de notaire était beaucoup plus répandue que de nos jours. Ceci tenait au fait que nos  aïeux avaient la passion des « actes » et que la moindre circonstance de la vie était prétexte à des écrits établis sur parchemin et revêtus de nombreuses signatures aux paraphes compliqués.

Pour revenir à mon lointain ancêtre Nicolas, il ne semble donc pas qu’il ait eu une situation de premier plan à Mâchecoul.

Toutefois, deux faits donnent à penser qu’il avait acquis une situation sociale d’une certaine importance et une certaine fortune :

–          son mariage avec Françoise Pouvreau, fille de Julien Pouvreau, vieille famille de Mâchecoul

–          son acquisition de la terre noble dela Brosseen Fresnay, comme dit plus haut.

Il est à rappeler que l’acquisition d’une terre noble par un roturier ne conférait pas à ce dernier l’accès à la noblesse (voir du Puy, op. cit.) mais cela permettait (ou n’empêchait pas) les acquéreurs de se gratifier sur les actes du titre de «  noble homme ». C’était là le premier pas vers la « noblesse d’usurpation » – premier pas non sans danger parfois mais qui pouvait permettre après cent ans « d’exercice sans trouble » de s’intégrer à la noblesse. Du Puy de Clinchamps explique fort bien tout ceci dans son petit ouvrage. Il semble en ressortir que Nicolas, comme tous les bourgeois aisés de son temps, visait à la noblesse – ce qui se comprenait fort bien si l’on se rappelle qu’en ce temps c’était là non seulement une satisfaction de vanité (ce qu’elle est de nos jours purement devenue) mais encore la source de bénéfices financiers tangibles : exemption de certains impôts – et la possibilité d’accéder à certaines charges, de faire entrer ses enfants dans certaines institutions, etc… »

_________________

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Sixième génération :

 

André Goullin  (Sieur de la Brosse)  (l)

né vers 1670, décédé en 1729

 

notaire à Machecoul

Procureur du Duché de Retz

[Sosa 256]

 

André serait né en 1671,

Décédé en 1729

Partage authentique du 9 juillet 1732

 

– Il est noté : notaire à Machecoul, lors de l’inhumation de son frère Nicolas le 29 juillet  1698 [13],

Procureur lors de l’inhumation de Madeleine Goullin le 6  octobre 1706 [13],

Procureur lors du baptême de sa fille Charlotte le 30 du même mois [13].

 

– Bénoni Goullin écrit : « devint Sieur dela Brosse, en Fresnay, près de Machecoul, par suite de l’héritage, par sa femme, de la terre noble de ce nom, en Fresnay. » [2]

C’est inexact, puisque nous avons vu que Nicolas (ll) avait acheté cette terre noble en 1676 à son beau-père  Julien Pouvreau  (archives de Nantes B1836 [14]).

– André (I) demeura à Machecoul, où il avait pris la succession de son père (notaire) de 1701 (premier mariage) à 1708.

– Il a habité la maison “noble” dela Brosseà partir de 1708/1709.

Il s’installa à Fresnay à partir de 1708, selon Francis (lll) Goullin [14]

– On note que jusqu’à 1708, toutes les cérémonies religieuses ont lieu à Machecoul (Trinité) et qu’à partir de 1709 tout a lieu à Fresnay [13]

Lors de l’inhumation de Charlotte Goullin en 1709, les régistres paroissiaux précisent même : à présent à la maison noble dela Brosse[13].

Il est appelé Goullin, sieur dela Brosseen 1714.

Et son fils est appelé Noble homme Pierre Goullin, Sieur dela Brosseen 1732


André (l) Goullin, sieur de la Brosse épouse le 11 janvier 1701, à Machecoul (Trinité) en Premières noces :

fille de Jan Gallot (1641-1725) et de Madeleine Normand

Jan Gallot est  procureur fiscal à Machecoul [14]

Les Gallot sont une vieille famille noble de Bourgneuf, qui compte notamment 3 sénéchaux au 17° siècle ; dont Jean Gallot, sieur du Grand Marais, greffier de Bourgneuf, Procureur Fiscal à Machecoul (1672-1725) probable beau-père d’André.

dont il eut:

1)       Jean Goullin (III), 1701-1723   baptisé le 29 septembre 1701

Parrain :  Me Jan Gallot, procureur fiscal du Duché de Retz à Machecoul,

Marraine : Janne Goullin, femme d’honorable homme Michel Girard, notaire

Inhumé le 20 août 1723 en l’église de Fresnay-en-Retz.

2) Pierre ? (l) [Sosa 128]   né vers novembre 1702/janvier 1703  (?), qui suit ;

3) Magdeleine Goullin (I) , née 3 avril 1704 à Machecoul, baptisée 4/4/1704 à Trinité,

        Parrain : Noble homme Michel Bossis, sieur de la Bézière,( de Vieillevigne)

        Marraine : Demoiselle Magdeleine Gallot, tante.     

décédée le 5/10/1706, inhumée le 6/10/1706 (présent Me André Goullin, procureur)

4) André  Goullin (II), né le 21 août 1705, baptisé le 23/8/1705 à Machecoul, Trinité,

Parrain : Noble homme Mathurin Gallot, sieur de la Gravouillère, alloué et lieutenant général du duché de Rais et Pornic.                                              Marraine : Dame Françoise Goullin, femme de Michel Bossis de la Boissière            décédé avant 1708 :puisque naissance d’André (III)[14]

 

5) Charlotte Goullin, née le 28 octobre 1706, baptisée le 30/10 à Machecoul, Trinité.

Parrain : Jean Goullin, garçon,

Marraine : Demoiselle Marie Pouvreau, veuve de noble homme Guy Boucher, sieur de Maisonneuve

Inhumée le 23 aoüt 1709 à Fresnay-en-Retz.

 

6) André Goullin (III), né le 26 janvier 1708, baptisé le 26 à Trinité, Machecoul,

Parrain : noble homme Gilles Rocquaud, avocat et Procureur fiscal du duché

Marraine : Damoiselle Gabrielle Pouvreau, femme de noble homme Jan Dayte sieur du Pin.

Décédé avant 1717, car naissance d’André (IV)

Pierre-Bénoni cite l’ancêtre : “Pierre Goullin dela Brosse, né vers 1700″. Or, ce n’est pas possible, puisque André (I) n’est pas encore marié !

Quand on constate les écarts de naissance entre les enfants (1 an et 2 à 4 mois entre deux enfants), Pierre est très probablement né entre novembre 1702 et janvier 1703.

Les archives de Machecoul pour l’année 1703 n’existent pas (disparues ?), alors  que cette naissance de Pierre n’est pas signalée fin 1702 (Or, André y est cité à 3 reprises comme témoin de naissance) : j’aurais donc vraiment tendance à croire que Pierre est né en 1703.

Pierre est noté pour la première fois dans le Fonds Freslon [13] à la naissance de son premier enfant en 1732.

Pierre est noté né en 1702 selon certaines notes de F. Goullin (III) [14 : cahier 2]

André (l) Goullin, sieur de la Brosse, épouse en deuxièmes noces vers 1711 :

  • Claude Sauvan,

La famille Sauvan est un famille noble de Machecoul, dont Claude et une fille : Jeanne qui épouse Mathurin Bellabre, échevin de la ville de Nantes.

dont il eut :

7) Claude Goullin de la Brosse, (ou Claudine) baptisée le 30 avril 1712 à Fresnay-en-Retz

Parrain : Noble homme Jan Doyte, sieur du Pin, avocat,

            Marraine : Noble homme Mathurin Bellabre (???)*

épouse en1732 M.Leretz, notaire àLa Garnache

NB :   Simon-Hyacinthe Leray, sénéchal dela Coudrie, notaire deLa Ganarche[14]

Mention de ce couple dans l’acte B1836 (archives de Nantes) pour la copropriété dela Terre Nobledela Brosse, et dans les extraits des registres du Greffe du Présidial de Nantes (29/3/1748) même motif

8) enfant mort-né en décembre 1712  [14]

9) Marie (III) Goullin dela Brosse, baptisée le 6 décembre 1714 à Fresnay-en-Retz

Parrain : François Naviau, Sieur du Petit-bois,

                       Marraine : Demoiselle Marie Goullin (tante)

 

10) Catherine Goullin dela Brosse,

baptisée le 20 novembre 1715, Fresnay-en-Retz,

Parrain : François Mocquard, docteur, médecin,

                                      Marraine : Catherine Ragot

                                      Inhumée en l’Eglise le 7 juillet 1717.

11) André Goullin dela Brosse (IV)** , baptisé le 24 octobre  1717

(noté 1715 : Fonds Freslon)

Parrain : Mathurin Bellabre*

                       Marraine : Marie Sauvan

 

12) Nicolas Goullin dela Brosse (V)***, baptisé le 11 août 1719 à Fresnay-en-Retz,

Parrain : Jean Goullin, frère (18 ans)

                       Marraine : Claudine Goullin, soeur (7 ans)

* Mathurin Bellabre (1671-1748), écuyer, Conseiller- secrétaire du Roy, échevin de la ville de Nantes (1714  à 1718, Receveur de Fouages,   époux de Jeanne Sauvan (1673-1720). Leur fils, Mathurin sera maire de Nantes.

Claude et Jeanne Sauvan sont sœurs.

NB :Benoît Goullin (ll) descend  de Mathurin Bellabre et de Jeanne Sauvan par les Dumoulin de Paillart.

NB : « Sauvan » est aussi écrit « Sauvant »

**  André (IV) est l’auteur de la branche cadette Goullin dela Brosse, qui sera sans postérité

après la révolution)

*** Un généalogiste contemporain, François-Laurent Jacquier, signale dans la généalogie Portier de Lantimo, un Goullin de la Brosse prêtre à Saint-Nicolas qui inhuma Mathurin Bellabre en 1748 ; ce pourrait être: Nicolas Goullin de la Brosse,né en 1719.

 

 

 

 

 

Bibliographie:

 (…) Ce fils, André, avait 18 ans à la mort de son père. Il épousa en premières noces Charlotte Gallot, fille du procureur fiscal à Machecoul, et en secondes noces Claude Sauvan. Des six enfants issus de Charlotte Gallot, le seul garçon est Pierre. Des six enfants nés de Claude Sauvan, il y eut deux garçons ; un seul, André survécut.

 

Pierre constituera la branche aînée et André la branche cadette. Tous deux prendront le titre de “de la Brosse” qu’ils tenaient de leur grand-mère, fille de Julien Pouvreau, Sieur de la Brosse.

 

(abbé Le Clainche [15])

__

André (I) malgré les nombreux enfants qu’il a eu dans ses deux mariages, aura peu d’enfants à faire souche.

–          du premier mariage :

– Pierre (l) Goullin dela Brosse, qui suit (et d’où notre branche)

–          du second mariage :

– Claude, épouse Hyacinthe LeRetz (ou Le Ray) d’où descendance de nos jours.

– André (ll) Goullin dela Brosse( dont la descendance s’arrête au 18° siècle)

–  Nicolas (V) Goullin dela Brosse(probablement) prêtre

*****

Aveu pour les terres de La Brosse (1691)

archives de Nantes B1836

Ce document des Archives comporte l’aveu (reconnaissance de vassalité), de tous les héritiers Pouvreau, terres en 1691

Julien Pouvreau +

X Marguerite Pinson +

l

___________________________________________________________________                    l                           l                     l                         l                                        l

Marie                    Anne              Françoise         Jullien ; Sr Brosse        Marguerite X Guy Boucher   X Michel Girard  X Nicolas Goullin   X Gabrielle Guibert   célibataire

L

André   Nicolas    Françoise

 1691 Nantes

ADVEU  MINU et dénombrement des maisons et terres tant nobles que roturières

Situées en la paroisse de Fresnay

Que randent au Roy, notre sire par devant Monseigneur de la Chambre des Comptes,

–          maistre Guy Boucher, sieur de la Maisonneuve, greffier de duché, en charge pour la douane de Machecoul, mary et procureur de droit de Marie Pouvreau, sa femme,

–          et Honorable Homme Michel Girard, marchand, père et garde naturel de François, son fils, de son mariage avec feue Honorable Femme Anne Pouvreau, et comme tuteur de Nicolas Goullin,

–          André Goullin, émancipé, et procédant sous l’autorité dudit Boucher, greffier, et faisant pour Françoise,sa sœur, héritiers Goullins, enfants et héritiers de defunts M.Nicolas Goullin et d’honorable femme Françoise Pouvreau,

–          Honorable femme Gabrielle Guibert, femme  de deffunt Jullien Pouvreau, sieur de La Brosse, mère et tutrice des enfants de leur mariage,

–          Et Honorable fille Marguerite Pouvreau, demeurant les tous en la ville de Machecoul, paroisse de la Trinité, et au bourg, et paroisse de Nostre-Dame en Fresnay,

Les dits Pouvreau enfants et héritiers..des deffunts M.Jullien Pouvreau et de sa femme Marguerite Pinson ( ?) desquels terres et hérittages

La tenure en suit

PREMIER : le lieu noble de la Brosse estant en deux appartements

Une maison portant plancher couverte à ardoise

Un apantis au derrière et une chambre basse au bout, dans laquelle y a un four, le tout couvert de thuilles pourpres

***************************************************************************************

Septième génération   (branche aînée):

 

Pierre Goullin de la Brosse (l)

né vers  janvier 1703

mort en 1778

[Sosa 128]

Pierre (l) est un fils du premier mariage d’André (l) Goullin, sieur dela Brosse, avec Charlotte Gallot.

Il est Conseiller de fabrique de sa paroisse en 1736

Lieutenant de milice bourgeoise en 1741

Capitaine de la première compagnie détachée de la capitainerie de Machecoul.

Capitaine des Milices Garde-côtes de Machecoul, Bourgneuf etc…

Il demeurait à Machecoul, rue du Marché.

Pierre Goullin dela Brosseépouse :

-en premières noces  (vers 1730) : demoiselle Françoise Hymène de Fonteveau,

née en 1700  [Sosa 129]

 

dont il eut :       1) Françoise-Claude (1732- ?)

2) Françoise-renée (1734-1738)

3) Pierre-Marie Goullin de l’Eraudière (15 janvier 1736-1805), qui suit ;

4) N (1735-1736)

-en secondes noces, le 22 février 1750  : dame Suzanne Vrignaud,  (Vrigneaud ?)

fille d’Etienne Vrignaud  et de Suzanne Simoneau

veuve de François Goupilleau, notaire à  Machecoul

Suzanne avait 35 ans lors de ce remariage, Pierre Goullin dela Brosse : 47 ans.

Ce nouveau ménage sera sans postérité.

____________________

 

Septième génération  (branche cadette)

 

André Goullin de la Brosse  (lV)

né à Machecoul le 20/10/1717                     .

baptisé à Fresnay-en-Retz le 24 octobre 1717          .

décédé en 1785

        inhumé le 5 aoùt 1785 à Machecoul (Trinité)

Conseiller du Roy

Avocat enla Sénéchausséeet siège présidial de Nantes

Echevin de Nantes de 1753 à 1755. [17]

épouse  le 17 mars 1763 à Nantes [13] : Louise de Lisle

dont il eut :

1)       Anne-Marguerite Goullin  – Nantes Saint-Nicolas

Née le 18/3/1764, baptisée le 19/3/1764

2)       Anne-Claude Goullin  – Nantes  Saint-Léonard

Née le 19/6/1765, baptisée le 20/6/1765

3)       André-Joseph Goullin – Nantes Saint-Similien

Né et baptisé le 4/8/1767

Inhumé à Saint-Similien le 12/8/1769 à 2 ans

4)       Marie-Françoise-Sophie Goullin – Nantes Saint-Similien

Née le 14/11/1769, baptisée le 17/11/1769

5)       Jean-Baptiste-Louis  Goullin – Nantes Saint Similien

Né le 29/3/1771, baptisé le 30/3/1771

6)       Henri-Claude  Goullin  – Nantes Saint-Similien

Né le 14/2/1772, baptisé le 15/2/1772

7)       Rose-Claire Mélanie Goullin – Nantes Saint-Similien

Née le 13/11/1773 – baptisée le 14/11/1773

8)       Anne-Louise-Victoire Goullin – Nantes Saint-Similien

Née le 22/8/1783, baptisée le 23/8/1783

Selon les archives nationales [19], il aurait pris sa charge de conseiller le 11 mars 1746.

A sa mort en 1785, il laissait 5 enfants vivants et mineurs :

On peut lire dans le certificat de tutelle déposé le 20 août 1785 :

Anne-Louise-Victoire (17 ans) ;

Etonnant, car serait née  en 1783 selon le Fonds Freslon

Je pense qu’elle est probablementt née en 1768, ce qui correspond à l’âge qui lui est donné sur le certificat de tutelle, et ce qui explique qu’elle soit  la marraine de Rose-Claire à son baptême  en 1773.

– Marie-Françoise-Sophie  (15 ans et 9 mois)

– Jean-Baptiste-Louis  (14 ans et 4 mois)

– Henry-Claude (13 ans et demi)

– Rose-Claire Mélanie (12 ans et 9 mois)

Ses huit enfants sont restés sans postérité. J’ai peu de renseignements sur eux :

– Selon Gernoux (annales), Henry-Claude a été sous l’Empire maire de Fresnay en Retz

L’abbé Le Clainche écrit aussi qu’Henry-Claude Goullin de la Brosse, devint par la suite maire de Fresnay-en-Retz [15c]. Il rappelle que c’est à Fresnay que se trouve la terre de la Brosse, la terre de ses ancêtres.

– Ce serait donc Jean-Baptiste  qui aurait fondéla Compagnied’Assurances Mutuelles de Nantes [14]

– Sophie Goullin de la Brosses’est illustré par son foyer pour les enfants victimes de la révolution. (cf chapitre sur les Goullin pendant la révolution)

Il est intéressant de voir qu’André (IV) Goullin dela Brossea été un notable de Nantes au XVIII° siècle. Le fait que sa mère soit une Sauvan, et qu’il soit le neveu propre de Mathurin Bellabre ( notable nantais et armateur),  et aussi son filleul, n’y est probablement pas étranger.

Dans le « Bulletin dela Sociétéarchéologique et Historique de Nantes et dela Loire-Atlantique » , nous pouvons lire « la déclaration pour la liquidation des offices du présidial » lors d’un conseil du présidial, le 20 novembre 1771.

Le conseil était présidé par Mr Bellabre, sénéchal.

Mr Goullin dela Brosse, avocat du Roy, était absent pour cause de maladie.

..Monsieur le Sénéchal, faisant et agissant pour Mr Goullin de La Brosse, dit qu’il évalue son Office d’Avocat du Roy à la somme de 9000 Livres. (En 1764, Château-Gaillard, château au centre-ville de Vannes, s’est vendu 7500 Livres)

 

Un autrerécit intéressant sur André (IV) est de l’abbé Le Clainche.[15b] :

« André Goullin dela Brosse, né à Machecoul le 20 octobre 1717, chef de la branche cadette…

“ Nous savons qu’il emprunta2000 livresà l’hospice de Bourgneuf en 1745, et qu’il éprouva beaucoup de difficultés à payer ses intérêts et à rendre le capital. Tous les ans, il comptait sur la vente de son blé, et celui-ci se vendait mal. La supérieure de l’hôpital, « la demoiselle et chère cousine » Mlle des Poislines, le relança à plusieurs reprises et alerta son demi-frère Pierre qui lui répondit : “ Faites qu’il vous donne un contrat devant notaire puisque vous l’avez déjà prévenu; il ne se doutera pas que c’est moi qui vous le demande.”

Ce conseil ne montre pas de chauds sentiments fraternels.

Ce n’est qu’en 1768 qu’André Goullin s’affranchira de cet emprunt.

Il était avocat au Parlement de Bretagne, mais nous ne savons pas quand il acheta sa charge au Présidial. Ses affaires devaient aller de mieux en mieux. Il acheta une maison à Nantes, rue du Bignon-Lestard, qu’il revendit.

A sa mort, il possédait sa maison d’habitation, place Bretagne à Nantes, une maison de campagne,la Girerdrie, à Saint-Sébastien “ à une petite lieue de Nantes”, et la maison dela Brosseà Fresnay; c’est donc lui qui possédait le domaine ancestral et il en portait légitimement le nom.

La Brosseétait important comme domaine, mais la maison était petite: une chambre, une salle basse, une cuisine, si bien que lorsqu’il mourut, il était chez sa soeur Claudine, veuve de M.Leretz (ou Leray), retirée à Machecoul.

Sa maison de Saint-Sébastien, achetée en 1774, était un peu plus importante puisqu’elle comportait un étage.

Par contre,la maison de la place Bretagne était digne de sa charge : Salon, bureau, cuisine, six chambres, et sans doute celles de ses filles en plus.

C’est en 1780, cinq ans avant sa mort, qu’il vendit sa charge pour14000 livresà Me Pierre-Guillaume-Henry Giraud, Sieur du Plessis; il devint Avocat Honoraire au Présidial.

Un conseil de tutelle fut fait à sa mort.

Me Anne-Jacques-Amable Bellabre devint le tuteur de ses cinq enfants. (…)

Ce qui nous intéresse, c’est l’inventaire fait à la mort d’André Goullin, inventaire de ses meubles, de ses “hardes”, de son linge, de sa bibliothèque, et de la vente qui en fut faite.

Jean-Baptiste Maillard,  juré de la sénéchaussée et du siège présidial de Nantes, vint présider à la mise des scellés;

François Fabre, maître serrurier, vint ouvrir les portes.

François de Paule de Sanlecque, marchand maître-fripier, rue de la juiverie, vint faire l’évaluation des meubles et des objets;

Jacques Gigougeux, marchand libraire, dela Haute Grande-Rue, vint faire l’évaluation de la bibliothèque;

Pierre Guillou, marchand maître orfèvre, fit l’évaluation de l’argenterie.

Laissons de côté meubles, hardes et linge, malgré leur intérêt; la bibliothèque nous intéresse davantage car elle nous donne l’idée de ce qu’était un homme cultivé à cette époque.

Bien entendu, les ouvrages de droit n’y manquaient pas, ils constituaient la moitié de la bibliothèque: Journal du Palais, Lois civiles, Lois ecclésiastiques, Arrêts de Toiret, Recueil de jurisprudence, Coutumier de France de Dumoulin, Coutumier d’Argentré, Corpus Juris Civilis, Questions féodales, Coutumes et arrêts de Sauvageau et de nombreux autres ouvrages.

André Goullin était un homme d’une certaine culture et amateur de poésie. Il possédait les œuvres de Rabelais, de Molière, de Regnard, de Crébillon. Il avait les aventures de Don Quichotte, de Télémaque, les Caractères deLa Bruyère, et des poètes oubliés : Charlieu,La Fare, Desmarets, Le Franc et J.B. Rousseau.

Etait-il voltairien ? On peut affirmer le contraire, car il n’a aucun volume de Rousseau, ni de Voltaire. Seuls les sept premiers volumes de l’Encyclopédie figurent dans ses biens.

S’il a “L’Esprit des Lois” de Montesquieu, cet ouvrage intéresse autant l’avocat que le lettré.

Il semble qu’il est resté un homme traditionnellement croyant, sans pour cela prêter une importance très grande à l’étude de la religion, car il ne possède que “L’Histoire du Peuple de Dieu”, les œuvres de Massillon et un traité dela Religionchrétienne.

Il est soucieux des sciences diverses. Il a les oeuvres complètes de Buffon, mais bien des hommes cultivés de ce temps les possédaient; cela représentait 43 volumes, qui furent vendus103 livres. Il y avait l’Histoire de France de Mazeray, l’Histoire dela Nouvelle-France,la Géographiede Noblot, le Dictionnaire Universel de Médecine en six volumes qui sera l’ouvrage le plus prisé après Buffon, puisqu’il trouve acheteur à81 livres, et le dictionnaire de l’Académie.

Mort en 1785, André Goullin n’a pas connu les dures années qui ont suivi. Ses enfants les ont vécues, mais comment les ont-ils passées ? Le plus jeune avait 20 ans en 1793.(…) »

On sait comment Sophie ouvrit un refuge pour les enfants orphelins à Nantes, pendant la révolution.

Kerviler [14] nous cite les références où l’on parle d’André (IV) Goullin dela Brosse .

– Archives dela Loire-Inférieure, B, 344, 2279.

– Archives d’Ille-et-Vilaine, C 1614.

– Livre doré, I, 407, 411.

– Mellinet, Commune et Milice, V, 156, 162 à 164, 226 à 23

– Confrérie du Saint-Esprit de Machecoul, p.36, 37.

Réflexions sur la noblesse

d’André Goullin dela Brosse

André Goullin dela Brosseavait-il acquis “la noblesse personnelle” du fait de ses offices d’Avocat et de Conseiller du Roi ?

La charge d’Avocat du Roi apporte la noblesse personnelle, transmissible au second degré (25 ans de service ou mort en charge à chacune des trois générations).

La charge de Conseiller du Roi apporte la noblesse personnelle, mais n’est transmissible qu’au troisième degré (30 ans de service ou mort en charge à chacune des trois générations)

Son grand-père, Nicolas (II)  Goullin était notaire à Machecoul, et procureur du duché de Retz ;  son père, André (I) Goullin dela Brosseétait aussi notaire à Machecoul, et Procureur du Duché de Retz : il ne s’agit pas de trois générations d’avocat du Roy.

Par contre, son grand-père, Nicolas Goullin, ayant acquis la terre noble de « La Brosse » en 1676, outre la possibilité d’inscrire « noble homme » sur les actes, la  noblesse était acquise après 100 ans « d’exercice sans trouble. ».(Référence : M. du Puy de Clinchamps, in « La Noblesse, 1968 » ; cf commentaire de Francis III sur la fiche de Nicolas II Goullin).

Cette forme d’annoblissement était donc acquise en 1776, ce qui pourrait expliquer qu’il ait pu vendre sa charge en 1780.

Il  vend sa charge en 1780. S’il se permet de la faire, Il est probable qu’il en avait acquis les avantages, et probablement pour sa descendance, sinon, il aurait gardé la charge pour l’un de ses fils. [18]

André Goullin, Sieur dela Brosse, fut Echevin de la ville de Nantes, du 11 juin 1753 à 1754, Puis du 10 juin 1754 à 1755.

Il est noté dans le Livre Doré : Conseiller du Roi, ancien avocat au présidial et sénéchaussée de Nantes,

Or, la fonction d’échevin ne fut une fonction anoblissante (noblesse de cloche) dans la ville de Nantes, seulement  que de 1560 à 1669, et de plus la durée minimale était de 3 ans. [18]

Ce chapitre est contesté par Dominique de Grandmaison, pour qui André (IV) Goullin de La Brosse n’a jamais été écuyer.

La tante Houeix de La Brousse (branche ainée) avait-elle ces papiers sur la noblesse des Goullin de La Brosse, et les aurait-elle détruits à la suite d’une fâcherie ?…( légende familiale)

J’ai posé la question à l’Association de la Noblesse Française, qui me répond que ces charges n’étaient pas (ou plus) anoblissantes, et que la possession d’une terre noble n’était pas un signe de noblesse, sauf exemption de paiement du droit des francs fiefs. ( A.de Savignac, 2/12/2008) : Il semble donc établi qu’André Goullin de la Brosse n’était pas noble.

(Il reste cependant à trouver s’il a payé le droit de francs fiefs.)


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  •                                   Pierre-Marie Goullin de l’Eraudière

 

« Le Sénéchal »
Huitième génération  

Pierre-Marie (l) Goullin de l’Eraudière   

Seigneur de la Baillie  

Né le15 janvier 1736

baptisé le 16/1/1736 à Machecoul-Trinité.

Décédé le 18 juillet 1805 ou 15 juillet 1806 ?

Le Sénéchal

[Sosa 64]

 

épouse  le 9 août 1762 à Pornic, demoiselle Marie-Anne Fouré  [Sosa 65], de Pornic

dont il eut cinq enfants  (six?):

Pierre-Marie (II) Goullin de l’Eraudière  (1764-1840), qui suit,

Benoît-Joseph Goullin de l’Eraudière (baptisé le 17 décembre 1765)

Françoise-Victoire Goullin de l’Eraudière (1767-1769)

Benoit-Pierre  Goullin de l’Eraudière (1768-1838), qui suit aussi,

Sophie-Bénédictine  Goullin de l’Eraudière (1770-1770)

Avocat au parlement de Bretagne,

Sénéchal de Bourgneuf en Retz et de Pornic.

 

la maison du Sénéchal Pierre-Marie Goullin de l’Eraudière, à Bourgneuf

Pierre-Marie Goullin de l’Eraudière devint Seigneur dela Baillie, en Bois-de-Céné, par suite de l’acquisition de ce fief.

Kerviler nous donne plusieurs références sur le sénéchal :

– Archives dela Loire-Inférieure, E 606

– Archives d’Ille et Vilaine, C 1238, 1404, 1435, 1438.

– Revue de Bretagne et de Vendée, 1865, II, p.221.

Mais, c’est encore l’abbé Le Clainche qui nous fait un récit intéressant [15a]:

« Pierre-Marie Goullin de l’Eraudière, seigneur dela Baillie(c’est une terre noble de Bois-de-Céné) naquit en 1736.

Il est Avocat en Parlement en 1760.

Il achète la charge de Sénéchal du duché de Retz au siège de Bourgneuf et de Pornic, et il vient demeurer à Bourgneuf.

Le sénéchal était un officier de justice seigneuriale, le premier représentant du seigneur. Il exercait les fonctions de juge au civil et au criminel; on l’assimilerait actuellement à un président de cour d’assises, car il pouvait prononcer des arrêts de mort. Il était aussi lieutenant de police. (Une charge de Sénéchal se vendit1500 livresà Bouin en 1679.) Le sénéchal de Bourgneuf était en même temps subdélégué de Mgr l’Intendant au département de Bourgneuf.

Pierre-Marie Goullin de l’Eraudière épouse Marie-Anne Fouré, fille d’un capitaine de navire de Pornic. Six enfants naitront de cette union. Deux vivront : Pierre-Marie (II) Goullin, dit Goullin ainé, et Benoît-Pierre Goullin de Sainte-Marie, dit Goullin jeune.

On voit Pierre-Marie Goullin de l’Eraudière dans les devoirs de sa charge; aucun événement sensationnel ne vient l’en déranger. Il administre, il juge, il prend part aux bénédictions de bateaux ou d’autels.

Lorsque le chevalier de la Grandièrevient prendre possession de la châtellenie de Bourgneuf le 17 octobre 1780, au nom de M. le marquis de Serrant, nouveau seigneur du duché de Retz, il est en robe à l’accueillir dans l’auditoire : ainsi est appelée la salle d’audience du tribunal. Il lui présente la main “ pour descendre du siège au dos duquel sont les armes de la maison de Gondy et celles de Villeroy”. Il le conduit à la prison, à l’église, chez les Cordeliers, dans les rues où la prise de possession est annoncée et publiée. Il va à la rade de Bourgneuf où le chevalier de la Grandière prend possession “en observant les formalités requises”.

Le rôle de Pierre-Marie Goullin a été discret au cours dela Révolution. Ila quitté Bourgneuf et gagné Nantes avec ses deux fils; il regagnera Bourgneuf lorsque le calme commence à y revenir. Il meurt le 18 juillet 1805; ses fils, par leur activité, l’ayant peu à peu effacé.

L’église de Bourgneuf a été édifiée sur l’ancien cimetière. Une petite fille du sénéchal a voulu que l’emplacement de sa tombe soit marqué dans l’église et elle désirait qu’une plaque en rappelle le souvenir. Pour cela, elle écrivit au ministère et laissa une certaine somme pour exécuter ses volontés. L’emplacement de la tombe est bien visible, mais la plaque n’a jamais été mise. Nous espérons qu’elle le sera un jour. »

 

NB : cette plaque a été mise en place vers l’an 200

– Pierre-Marie Goullin de l’Eraudière sera le président de l’assemblée de Bourgneuf en Retz et  Saint-Cyr en Retz, pour la rédaction du « cahier de doléances » de 1789.

Il est qualifié de « sénéchal, magistrat civil, criminel et de police au siège du duché et baronnie de retz à Bourgneuf.

On note parmi les membres de cette assemblée, Pierre Mourain  [Sosa 66] (le père de sa future bru), Charruau, Raingeard.

C’est lui qui signera ce cahier de doléances.[4]

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Notes sur l’épouse du sénéchal :     demoiselle Marie-Anne Fouré   [Sosa 65]

Née le 13 décembre 1747 à Pornic

Baptisée le 13/12/1747

       Parrain : SS Estienne Giraud, capitaine de navire

       Marraine : Delle Marie Rambaud

       grand-père et grand-mère dudit enfant, qui signent

Mariage le 9 aoùt 1762, à Pornic (Saint-Gilles)

Décédée le 23 janvier 1771 à Bourgneuf

Inhumée le 24 janvier 1771 à Notre-Dame du Bon Port (Bourgneuf)

 

Marie-Anne Fouré s’est mariée à 14 ans, elle est décédée à 23 ans.

Pierre-Marie et Marie-Anne sont restés mariés 9 ans.

Elle aurait eu six enfants, dont nous ne connaissons que cinq.

Elle est la fille de Benoît Fouré [Sosa 130], capitaine de navire, et de Mathurine Giraud [Sosa 131], mariés en 1744.

Elle appartient donc à une famille de capitaine de Pornic, et elle est la parente de nombreux ancêtres dont nous descendons par la famille Poisson, que l’on retrouve présent à son mariage :

– Maitre Pierre Bonamy, notaire, parent du 3 au 4 ème de la mariée
– Sr Jean Dousset, parent du 3 au 4 de la mariée
– Sr Pierre Baullon des Roussières, parent du 5 au 5 de la mariée

Benoît Fouré est cependant inhumé à Bourgneuf.

A noter que lors de son mariage le 09 août 1762, à Pornic avec Pierre-Marie (I) Goullin de l’Eraudière, ils bénéficient d’une dispense de consanguinité du 4 au 4ème degré.

 

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neuvième génération   (branche aînée)

 

Pierre-Marie II Goullin de l’Eraudière

né en 1764, mort en décembre 1840

Greffier et assesseur du Juge de Paix à Bourgneuf, au début de la révolution.

Ancien associé de la maison  “ Terrin, Vandamme et Goullin” de Nantes

C’est lui qui comparaîtra devant le tribunal révolutionnaire en 1794 (cf chapitre révolution)

On notera que lors de son baptême, c’est son aïeul,  Pierre (l) Goullin qui sera son parrain ; il était fréquent au XVII et XVIII° siècles que les grands-parents soient parrain et marraine des baptisés.

Pierre-Marie est le fils aîné du sénéchal, qui sera appelé toute sa vie « Goullin aîné », tandis que le deuxième fils, Benoît-Pierre, dont nous descendons, sera appelé « Goullin jeune ».

épouse le 26 octobre 1790: demoiselle Rose Himène de Fonteveau

Son épouse appartient à la même famille que sa grand-mère : Yves Himène (né en 1698) le grand-père de Rose est le frère de Françoise (née en 1700), grand-mère de Pierre-Marie (II).

Donc, ils étaient cousins germains.

dont il eut :

1) Rose-Désirée (1792-1795)

2) Marie-Aimée (1793-1794)

3) Pierre II         (1795-1819, sans postérité)

Décédé en Martinique, à bord du brick « Le Henry »

4) Henri           (1797-1823, sans postérité)

Médecin (école de médecine de Paris) décédé jeune (tuberculose ?)

5) Rose-Joséphine  (1798-1938) : épouse Charles Houeix dela Brousse.

Baptisée le 4 janvier 1792 – Nantes (Sainte-Croix)

Décédée le 7 avril 1838 – Ploërmel (56)

Le couple a deux enfants, dont Charles (ll) qui épouse sa cousin germaine, Juliette.

C’est une habitude familiale, puisque Pierre-Marie (ll) et Rose l’avait fait avant eux.

A la génération suivante, seule une fille (Camille, 1862-1936) a une nombreuse postérité au Canada (par son mariage en 1893 avec Denis Bergot)

6) Charles (l)   (1801-1860)        : épouse Pauline  Gouy, dite Nanine.

Le couple a deux enfants, dont Juliette, qui épouse son cousin germain, Charles (ll), d’oû la descendance au Canada.

7) Armand       (1803-1815, sans postérité)

 

 

On raconte dans la famille, que c’est la tante Houeix dela Broussequi avait hérité des papiers de la famille Goullin de l’Eraudière (branche aînée), papiers des titres, et que tout a été détruit. (Brûlé à l’occasion d’un différend).

Ce genre de mésaventures est arrivé dans d’autres familles, et cela me laisse incrédule.

 

Cette branche ainée, qui ne s’appelle pas Goullin, est nombreuse au Canada.


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neuvième génération    (branche cadette)

 

Benoît-Pierre Goullin

[Sosa 32]

Né en 1768, mort le 31 août  1838

Maire de Bourgneuf en Retz

Dit « Goullin jeune »

épouse : demoiselle Félicité-Thérèse Mourain [Sosa 33],  fille de Pierre Mourain  [Sosa 66]  

Pierre Mourain  était maire de Bourgneuf, et a été élu député de l’Assemblée Législative le 28 août 1791 (avec 183 voix sur 226);Il a été assassiné par les royalistes le 24 mars 1793.

Thérèse Mourain  est née à Bourgneuf le 4 octobre 1776, et y est décédée le 24 janvier 1861 dans sa 85° année.

Ce couple a trois enfants :

  1. Benoît-Pierre (II) Docteur en Médecine (1797-1864), Maire de Bourgneuf, ép. Mathilde Bruère

Mathilde est la cousine germaine de Benoît-Pierre, fille adoptive d’une sœur de Thérèse Mourain : Anne, épouse de François Bruère.

Mathilde serait la fille d’un frère de François : Jacques ; Mathilde a été élevé par Anne et François sans enfant.

  1. Pierre-Bénoni Goullin  (1799-1875) [Sosa 16],qui suit
  1. Thérèse-Adélaïde Goullin, célibataire (1804-1877)

Dans les archives de la paroisse de Bourgneuf, je ne trouve ni le mariage, ni aucun des baptêmes, ce qui me semble prouver leur anti-cléricalisme, à moins que ces actes aient été accomplis dans une autre paroisse ?

Benoît-Pierre Goullin, alors appelé Goullin de Sainte Marie, signe le 23 décembre 1788 une pétition qui demande notamment “le vote de tous les citoyens sur les affaires actuelles de l’état. [3]

Quand il a une vingtaine d’années, en plus de son père, le sénéchal, il y a un autre personnage important dans la commune de Bourgneuf : c’est Pierre Mourain , avocat en Parlement.

Benoît-Pierre épousera une des filles : Félicité-Thérèse.

Félicité-Thérèse (ou Félicité-Aimée-Marie-Thérèse) est la quatrième enfant d’une fratrie de douze enfants.

Leur mère est décédée en 1789.

Elle a perdu son frère Bénoni, mort noyé à 14 ans. C’est pour cela qu’elle donnera ce prénom à un de ces fils.

Son père est mort assassiné par les royalistes le 24 mars 1793.

Les Mourain sont une très vieille famille, installée au sud dela Loiredepuis le quatorzième siècle, date à laquelle Estienne Mourain, gentilhomme anglais a été fait prisonnier dans la forêt de Chizé (1372). Il a épousé la fille de la famille qui le logeait, et a donc fait souche en France [1].

La mère de Thérèse Mourain, était aussi une Mourain, cousine (éloigné) de son mari.

Les deux fils du Sénéchal, Pierre-Marie Goullin (dit « Goullin-ainé ») et Benoît-Pierre Goullin (dit « Goullin-jeune ») ont fait suivre leurs signatures des trois points des francs-maçons [3].

Benoît-Pierre Goullin, ordonna la destruction du couvent des Cordeliers à Bourgneuf en 1798 (cf le chapitre sur l’anticléricalisme des Goullin)

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dixième génération

 

Benoît (l)Goullin  (1797-1864),

Docteur en Médecine

Maire de Bourgneuf

Dit “ Goullin-tempête”

Epoux de .Mathilde Bruère

 

 

le fils aîné de Benoît-Pierre Goullin est rencontré dans les livres et généalogies, sous différents prénoms : Benoît-Pierre (II), Pierre-Marie-Benoît, Benoît.

Notons que sur sa thèse de médecine sont inscrit comme prénoms officiels : “Pierre-Marie-Benoît”[10] ; mais, Pierre-Bénoni, son frère, l’apelle “Benoît-Pierre” dans sa brochure sur la famille Goullin parue en 1865 [2]. Quand à l’abbé Le Clainche [3], il l’appelle “Benoît” tout au long de son livre sur Bourgneuf et en particulier dans son chapitre sur les problèmes de la construction de la nouvelle église de Bourgneuf.

Je n’ai pas résisté à l’envie de l’appeler de mon prénom, car cela me permet d’avoir un prédécesseur homonyme médecin : le docteur Benoît Goullin (l) !

Benoît Goullin fit des études à l’école de médecine de Paris, en même temps que son cousin germain Henri Goullin, le fils de Pierre-Marie (ll) (“ Goullin aîné ”).

Il présenta sa thèse de docteur en médecine devantla Facultéde Paris le 10 mai 1821.

(Thèse n°63 : “Dissertation sur l’hypochondrie”) [10]

Cette thèse est toujours dans la bibliothèque de la rue de l’école de médecine.

On  surnomma  le Docteur Benoît Goullin : “Goullin-tempête” à cause de l’impétuosité de son tempérament. On raconte de lui qu’un propriétaire de Bourgneuf ayant voulu boucher sur une de ses terres un passage que tout le monde utilisait depuis plus de trente ans, Goullin franchit le barrage à cheval, en présence de la population, pour affirmer les droits du public. [3]

Le docteur Benoît Goullin s’est illustré par son anticléricalisme, ce qui a retardé la construction de l’église de Bourgneuf-en-Retz de plusieurs années selon l’abbé Le Clainche.[3].

Un chapitre entier lui est consacré dans la première partie de ce livre.

Il épousa Mathilde Bruère et ils auront trois enfants :

–          Louise (1830-1850), décédée à l’âge de vingt ans.

–          Stéphane (1833-1852) décédé accidentellement à l’âge de 19 ans.

–          Clara, (1836-1847), décédée à l’âge de onze ans.

Les Bruère étaient une vieille famille de notables de Bourgneuf. Selon l’abbé Le Clainche, Benoît Goullin avait épousé Mathilde parcequ’elle était très riche.

Toute cette famille Goullin est enterrée dans le cimetière de Bourgneuf-en-Retz.

Malheureusement, cette branche de la famille Goullin restera sans postérité.


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dixième génération

 

Pierre-Bénoni  Goullin  (1799-1875)

[Sosa 16]

Né le 8 novembre 1799 à Bourgneuf en Retz, Loire Inférieure

Décédé le 29 mars 1875 à Nantes, Loire-Inférieure.

Négociant à Nantes (affaire d’import-export),

Juge, puis président du tribunal de Commerce,

Conseiller Municipal de la ville de Nantes,

Consul de Belgique.

Chevalier de l’Ordre de Léopold

Epouse le 1er juin 1835 Joséphine Chaigneau. [Sosa 33]. (28 juin 1798, Nantes, + 4 mai 1879)

Il faut noter que Pierre-Bénoni recevra le prénom du frère de sa mère, Bénoni Mourain, mort par noyade à 14 ans.

Pierre-Bénoni Goullin fut un notable nantais du XIX° siècle qui a marqué la ville de Nantes et les élus de l’époque.

Il dirigera une affaire d’import-export, l’ancienne maison Rossel, dont il prit la direction en 1828.

Selon Patrick Demont (petit-fils de Francis lll), il s’agissait d’une affaire d’assurance maritime, qui assurait notamment les bateaux des armements nantais qui commerçaient avec les colonies.

Il part à Buenos-Ayres à 25 ans, pour le compte de  la maison « Rossel » (du deuxième trimestre 1824 à juin 1825) Ce  voyage est, semble-t’il, infructueux.

En 1828, au moment de la mort de Mr Auguste.Rossel, il habite 3 rue Reignard, dans la même maison que l’affaire Rossel.

C’est d’ailleurs  Bénoni qui déclare la mort de Jean-Jonas-Auguste Rossel (59 ans, né en Suisse) le 10 mai 1828.

Directeur de son entreprise à 28 ans, il fut précoce dans d’autres domaines : Il fut élu juge au tribunal de Commerce dès l’âge de  37 ans et conseiller municipal de sa ville à 41 ans.

Pour comprendre le personnage, il faut savoir qu’il fut un ardent républicain, à l’époque de la restauration monarchique et du deuxième empire, qu’il a connu les révolutions de 1830 et 1848 (les trois-glorieuses et la révolution de 1848, suivi du coup d’état de Napoléon III en décembre 1851), et qu’il a su défendre les idées républicaines.

Son grand-père maternel, Pierre Mourain, était un républicain convaincu, premier maire de Bourgneuf-en-Retz, et député dela Législative, avant d’être lâchement assassiné par les royalistes (La cathelinière) en 1793. Sa mère, Thérèse Mourain se retrouva orpheline dans ces atroces conditions (à 13 ans), de quoi marquer la descendance.

Son grand-père paternel (Pierre-Marie Goullin de l’Eraudière) quant à lui fut un serviteur de la monarchie, puisqu’il fut le sénéchal de Bourgneuf et de Pornic, subdélégué de l’intendance en Bretagne.

Mais, sa descendance (par le mariage Mourain) fut républicaine ; à cette époque troublée (révolution, restauration), on savait viscéralement quel était son camp !

Le père de Bénoni fut aussi maire de Bourgneuf (comme son beau-père) mais c’est surtout à la génération de Bénoni que l’on fut le plus républicain et anti-clérical : son propre frère, le docteur Benoît Goullin, fut aussi maire de Bourgneuf et se fâcha avec le curé de l’époque, tant et si bien que la construction de la nouvelle église fut retardée de quelques années, ce qui est parfaitement relaté par l’abbé LeClainche dans son livre « Bourgneuf..jadis » [3], et que l’on peut lire dans le chapitre sur les « Goullin anti-cléricaux »; quant à sa sœur, Thérèse-Adélaïde, on dit dans ce même livre qu’elle composait des chansons contre le curé de Bourgneuf.

Bénoni, était républicain et athée, mais il épouse à 36 ans Joséphine Chaigneau, catholique fervente et royaliste, fille d’un officier d’Empire (génie)   : Michel Chaigneau  [Sosa 34]

Michel Chaigneau a fait de nombreuses campagnes napoléoniennes ; il avait épousé Joséphine dela Ville, d’un famille catholique et royaliste.

La famille dela Villeest une famille nantaise qui a fait quelques armements au commerce triangulaire.

Le grand-père maternel de Joséphine, François-Armand de la Ville[Sosa 70] vécut quelques années à Cadix en Espagne, où il développa le commerce maritime local. La mère de Joséphine est d’ailleurs née à Cadix.

Joséphine, orpheline de sa mère  décédée en1806, aété élevée (avec sa sœur Frasquita) par son oncle maternel : Pierre-François dela Ville, dans  la propriété de “La Jaunaie”, sur la route de Nantes à Clisson, où fut signé un traité entre Charette et la république en 1795 ; cette propriété sera vendue en 1826, après le décès de Pierre-François.

Je possède encore toutes les lettres de Pierre-Bénoni qui dut assurer le transport des tombes de la famille dela Ville, enterré dans la chapelle dela Jaunaie, vers un cimetière normal.

La grand-mère maternelle de Joséphine était une Portier de Lantimo, qui a aussi beaucoup armé de bateaux à Nantes au commerce triangulaire.

Le grand-père paternel de Joséphine était capitaine de vaisseau de la compagnie des Indes à Lorient ; il était appelé « Alexandre de Chaigneau » [Sosa 68] ; l’oncle propre de Joséphine, Jean-Baptiste Chaigneau, était mandarin du roi de Cochinchine [9] ;

Pierre-Bénoni et Joséphine ont quatre enfants  [Sosa 16 et 17]

–          François-Michel (1836-1838), mort à 2 ans, pour lequel ils firent construire la chapelle dans le cimetière dela Miséricorde à Nantes.

–          Gustave, né le 18 mai 1837, dont descend la branche aînée des Goullin ; sa fille Renée a épousé son cousin germain Francis Goullin (premier Polytechnicien) [cf page 117]; descendent aussi de Gustave, les Dubigeon, les Tertrais, les Vibert , les Pineau-Valencienne etc..

Gustave se mariera d’abord en 1868 avec Cécile Mulot, puis, veuf, en 1874 avec Célestine Flornoy.

Gustave est décédé le 18 juillet 1913, dans sa maison de la place Mellinet.

–          Adèle, née en1839, a épousé en 1860, Camille Guillet dela Brosse, dont descendent la plupart des Guillet dela Brosse actuellement. Elle est décédée en 1903.

–          François-Benoît, dit “Francis” [Sosa 8] né le 27 mai 1840, qui suit,

Bénoni Habite 2 place Graslin à Nantes en 1838

Entré dans la magistrature consulaire en 1834, il fut pendant cinq années,  juge suppléant d’abord, puis  juge ; il fut élu une première fois en 1860, à la présidence du Tribunal, charge qu’il remplit avec distinction pendant deux années, et une seconde fois en 1864, il accepta, sur les instances des membres du Tribunal, une nouvelle présidence de deux ans.

On note dans Le Livre Doré de l’Hotel de Ville de Nantes [17]

–          1° novembre 1836- juge du Tribunal de Commerce.

–          Tribunal de Commerce, 24 avril 1750, juge.

–          Tribunal de Commerce, 29 novembre 1860,  Président.

–          Tribunal de Commerce, 3 avril 1862, Président  (jusqu’au 17/12/62)

–          Tribunal de Commerce, 7 décembre 1864, Président.

–          Tribunal de Commerce, 21 décembre 1865, Président.

Il fut aussi Conseiller municipal de la ville de Nantes (1840,1843).  [17]

Il est Consul de Belgique en 1851 (Bd St Aignan à Nantes) ; à ce titre, il sera fait Chevalier de l’Ordre de Léopold.

Il habite ensuite 13 rue Gresset en 1861

Dans cet immeuble, Bénoni habitera au RDC avec Joséphine, et dans les étages au-dessus les ménages de Gustave (marié en 1868, veuf en 1869)  et de Francis (marié en 1867)

Décédé  le 29 mars 1875, à 06h du soir, 13 rue Gresset (déclaration faite par son gendre Camille deLa Brosse, et son frère Alfred deLa Brosse)

Il fut membre de la commission d’enquête sur les sels en 1866.

Recensement de 1866

– Les Goullin habitent au 6, rue Gresset :

–          Pierre Goullin, négociant, 66 ans

–          Joséphine Chaigneau, sa femme, 66 ans

–          Gustave Goullin, fils, 29 ans

–          Francis Goullin, fils 26 ans

–          la femme de chambre et la cuisinière

– Adèle est mariée avec Camille  dela Brosse : ils habitent le même immeuble.

Ils ont 2 enfants : Camille (6 ans) et Olivier (4 ans).

– Les Toché habitent aussi le même immeuble, ce qui peut expliquer que Marguerite (25 ans) et

Francis (26 ans) se soient mariés une année plus tard !

Bénoni  a laissé plusieurs écrits :

– « gare de chemin de fer de Tours à Nantes. Opinion de M. Goullin, lue au Conseil Municipal »

Nantes, V.Mangin s.d. (1845), in-8°, 31 p.

– « de l’altération des pommes de terre et des moyens à lui opposer »

Nantes, V.C.Mellinet (août 1846), in-8°, 8 p

– « sept lettres sur quelques questions d’économie politique et sociale. Banque de France. Banque de Savoie. Taux de l’intérêt » (avec son fils Gustave)  [20]

Paris, Guillaume, 1864, in-8°.

Et la première généalogie : « Notice concernant la famille Goullin de Nantes » avec Alfred Lallié [2]

Nantes, 1865, imp. Mthe Chantreau et cie, 15 rue du Chapeau Rouge, Nantes. (Rééd .1927)

Une grande idée de Bénoni fut celle du canal de Nantes à la mer [21]

Il sera vice-président dela Commissiondu canal de Nantes à la mer.

En fait, comme beaucoup d’autres, il avait constaté le déclin du port de Nantes au XIX°, clef du développement économique de la ville. Il fonda donc une Association dont le but était de faire un avant-port près de l’océan Atlantique, et de relier cet avant-port avec la ville de Nantes grâce à un canal ; Bénoni Goullin reçut pour ce projet de nombreux soutiens et subventions.

On sait maintenant que ce canal vit le jour (canal dela Martinière), mais ne fonctionna qu’une vingtaine d’années, car le tonnage des bateau devint trop important pour pouvoir remonter jusqu’à Nantes. Ce canal a coûté une fortune aux contribuables, pour quasiment rien !

Bénoni avait cru à son époque à ce canal, et avait vu dans ce canal le moyen de sauver la ville de Nantes, qui est devenue au travers des âges, une grande ville dynamique, mais qui n’a plus rien de maritime et portuaire, et dont les magnifiques canaux ont été bouchés pour permettre une meilleure circulation, notamment des tramways, installés à deux reprises aux grands frais des nantais.

Bénoni Goullin avait une certaine vision de l’avenir de la ville de Nantes, et l’histoire locale a gardé son nom sur une plaque d’une grande artère, actuellement boulevard.

Pierre-Bénoni est décédé  le 29 mars 1875.

* Voici les discours qui furent prononcés lors de son enterrement à Nantes :

– Journal « le phare » du 31 mars 1875

(Bibliothèque Municipale de Nantes)

« Nous apprenons avec un vif sentiment de regret la mort de Mr Goullin père, ancien président du Tribunal de Commerce, ancien membre du Conseil Municipal.

Mr Goullin, père, était un homme d’une grande droiture et d’une parfaite honorabilité. Les intérêts de la cité lui étaient chers. Il fit partie de ceux qui insistèrent avec énergie sur la nécessité de sauvegarder ses intérêts par la création d’un canal de Nantes à la mer.

Ses efforts éclairés et constants n’aboutirent à rien de décisif. On obtint l’autorisation de faire procéder à des études. Les souscriptions privées abondèrent et prouvèrent jusqu’à quel point la population était favorable à l’idée dont Mr Goullin, père, s’était fait peut-être le plus ardent propagateur. Mr l’ingénieur Carlier élabora un projet très sérieux. Depuis, on a su qu’il n’avait pas trouvé grâce devant le Conseil des Ponts-et-Chaussées, mais on ignore encore pourquoi. Il n’importe, le travail de Mr Carlier existe comme un témoignage de la possibilité de porter remède à un état de choses déplorables, et, l’absence de toutes explications de la part des « Ponts et Chaussées » nous donne le droit d’espérer qu’un jour viendra où le rêve de Mr Goullin pourra être réalisé.

Cet honorable citoyen professait, dans sa jeunesse, les opinions d’un libéral de 1830. Après le coup d’état de Décembre, ses opinions se modifièrent, s’accentuèrent pour mieux dire, et ce fut sous le Second Empire, le parti républicain qui confia à Mr Goullin, père, le mandat de Conseiller Municipal.

Une maladie longue et inquiétante le força de renoncer aux travaux et aux soucis de la vie publique.

Pour lui témoigner une sympathie bien légitime et pour utiliser une intelligence distinguée et ferme,la Démocratie Nantaiseenvoya son fils à l’assemblée communale où il continua d’honorables traditions.

Avons nous besoin de rappeler maintenant l’impartialité et les qualités remarquables dont Mr Goullin, père, fit preuve dans ses fonctions de Président du Tribunal de Commerce ? Tout le monde rendait justice  à cet esprit actif et indépendant et l’éloge des qualités qu’il déploya alors serait évidemment superflu.

Mr Goullin, père, semblait depuis quelques temps avoir recouvré la santé. Nous avons pu personnellement apprécier la sincérité de ses convictions et la hauteur de cette fierté civique dont il ne se départit jamais. De tels hommes sont rares  et nous ne saurions trop déplorer la perte de ce libéral de 1830, franchement rallié àla Républiqueet dont aucune déception n’affaiblit la foi robuste dans l’avenir dela Démocratiesagement progressiste. »

– « le Phare » du 1° avril 1875

Les obsèques de Mr Goullin, père, ancien Président du Tribunal de Commerce, ancien membre du conseil municipal, ont eu lieu ce matin à 10 heures.

Une foule considérable a suivi le convoi de cet homme de bien, de ce ferme esprit, si justement aimé et estimé dans notre ville.

Le corps a été porté à Saint-Nicolas, puis au cimetière de Miséricorde. Les cordons du poêle étaient tenus par MM. Lechat, maire de Nantes, Fruchard, ancien président dela Chambredu Commerce, et Delaunay de Saint-Denis, Président du Tribunal de Commerce.

Mr Lechat a prononcé le discours suivant sur la tombe du défunt :

« Messieurs,

Lorsqu’un citoyen éminent disparaît d’au milieu de nous, la mort est un deuil public, et le devoir des magistrats de la cité est d’être, sur sa tombe ouverte, l’interprète des regrets et de l’affliction de tous.

Qui, en effet, posséda de plus brillantes et plus solides qualités d’esprit et de cœur et les mit plus de dévouement au service des autres que Mr Goullin père ?

Nous avons vu Mr Goullin, tour à tour, et même simultanément, occuper les plus laborieuses et les plus importantes fonctions, soit au conseil municipal, soit au tribunal, soit àla Chambrede Commerce, président des deux derniers corps avec cette incroyable autorité que confère, non l’importance de la fonction, mais la valeur de celui qui l’occupe. Esprit lucide, s’il en fut jamais, prompt à saisir la pensée d’autrui et à formuler la sienne, habile à saisir les questions dans leur ensemble et leur ampleur, sans oublier la correction des détails, possédé, pour le vrai et pour le juste, d’un amour dont aucune considération secondaire ne venait arrêter ou affaiblir l’expression.

Mr Goullin était merveilleusement doué pour remplir ces fonctions que l’on tient de l’estime de ses pairs ; son aptitude n’avait d’égales que son énergie et sa volonté opiniâtres.

Cet homme, si propre à l’exercice des fonctions publiques, ne les rechercha jamais. Quand elles lui étaient offertes, et qu’il n’avait pas lieu de les refuser, il les acceptait simplement…C’est que jamais ce citoyen désintéressé, dont l’amour-propre consistait à bien faire ce qu’il faisait, ne rechercha dans les hauts postes où il fut placé parmi nous, autre chose que l’occasion d’être utile à ses concitoyens.

Aussi, quelle indépendance naissait de ce désintéressement. Il n’y avait pas à craindre, de la part de Mr Goullin, ces faiblesses de l’homme, qui, de peur de déplaire à plus puissant, assouplit sa volonté et ses résolutions à la volonté et aux résolutions d’autrui. Inflexible, jusqu’à la raideur, il ne fit jamais de sacrifices sur ses opinions premières, que ceux que conseillait la raison ou qu’autorisait sa conscience. On sait jusqu’à quel point son âpre franchise étonna le puissant ministre, le plus puissant ministre du règne dernier, dans une conférence où étaient en jeu les intérêts de notre cité.

« Il y a peu d’évènements dans l’histoire contemporaine de Nantes, où le nom de Mr Goullin ne se trouve mêlé à son honneur et pour notre profit.

Qui, par exemple, comprit mieux et développa plus clairement les conditions d’où dépend l’avenir commercial de notre port ? Qui fit de plus constants et de plus énergiques efforts  pour quela Loiremaritime améliorée préservât Nantes d’une décadence fatale ? Qui, si notre juste cause finit par triompher, aura acquis plus de droits que lui à la reconnaissance publique ?

C’est un privilège de certaines existences de demeurer jusqu’au bout, pour ainsi dire, à l’abri des atteintes de l’âge ; ce fut le privilège de Mr Goullin qui arriva au terme de sa longue carrière, sans que les ans eussent affaibli les précieuses facultés de son âme ; son esprit était demeuré ferme et droit comme le corps qui l’animait ; sa volonté aussi sûre ; son enthousiasme toujours ardent en faveur de ce qui était juste. Et les idées de patrie, de liberté, de progrès, faisaient battre son cœur, il y a huit jours encore, de la même ardeur juvénile que vous savez. »

(J’arrête là le discours qui se termine par un éloge des dernières années du défunt et des condoléances aux siens)

second discours , prononcé par Mr Delaunay, de Saint-Denis, président de la Chambre de Commerce.

«  Messieurs,

Permettez-moi de vous retenir quelques instants autour de cette tombe, pour rendre, au nom du commerce de notre ville, et particulièrement de Tribunal de Commerce, un dernier hommage à l’homme excellent, qui fut un de ses présidents les plus zélés et les plus honorés. Monsieur Pierre-Bénoni Goullin milita pendant cinq années, comme juge suppléant d’abord, puis comme juge, il fut appelé une première fois en 1860, à la présidence du Tribunal, charge qu’il remplit avec distinction pendant deux années. Et, une seconde fois en 1864, il accepta sur les instances des membres du tribunal, une nouvelle présidence de deux ans. Ce fut, messieurs, un acte de grand dévouement de sa part, car, à cette époque, sa santé était déjà ébranlée, et il fut longtemps à se guérir plus tard du mal que les travaux et les fatigues de ses fonctions  développèrent en lui. Mais, Mr Goullin n’était pas homme à ménager son dévouement.

Nature ardente et généreuse, il se dépensait tout entier aux œuvres qui lui étaient confiées.

Consul de Belgique, membre du Conseil Municipal de Nantes, président du Tribunal de Commerce, membre dela Commissiond’enquête sur les sels, en 1866, dans toutes les fonctions qu’il a occupées, et j’en oublie certainement, en cette carrière si bien remplie, partout vous retrouverez le même esprit intelligent et maître de toutes les questions, amoureux de la vérité, éminemment consciencieux et délicat, travailleur infatigable, et, surtout, messieurs, – c’est la qualité supérieure et rare que je veux mettre en relief- passionné pour le bien public, jusqu’à l’abnégation, jusqu’au sacrifice de ses intérêts propres. Que ce soit pour nous un grand souvenir et un grand exemple.

Sans doute, il arriverait bien quelquefois que dans l’ardeur de ses convictions, toujours sincères et profondes, qu’il soutenait avec une impétuosité  juvénile, dans son impatience d’arriver au  résultat, il s’irritait de ne pouvoir conquérir assez promptement ses adversaires, et il se laissait aller à quelques vivacités de discussion.

Mais aussi, cela passé, avec quel empressement et quelle loyauté, avec quelle chaleur et quelle effusion de cœur, il nous exprimait ses regrets , si bien qu’après ses petits nuages, on était tenu de l’estimer et de l’aimer plus encore. Ses amis le connaissaient bien et l’appréciaient à sa haute valeur, car il leur donnait tout son cœur, toute son âme, cœur d’or et âme d’élite.

(Suivent des condoléances à la famille)

C’est avec un profond sentiment chrétien que ma pensée s’élève vers Dieu, en songeant à cette âme qui vient de retourner à lui, et que ma voix lui demande : « Seigneur, recevez-le dans votre paix éternelle  »

La chapelle Goullin

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           Cimetière de La Miséricorde (Nantes)

 

 La plaque du boulevard (Nantes)

 

Joséphine

 

 

 

Les enfants de Bénoni et Joséphine

 

Gustave, Adèle et Francis


* Je termine ce chapitre sur Pierre- Bénoni Goullin par les minutes du conseil municipal de Nantes (1903), lors de la décision de donner son nom à une nouvelle artère de la ville. On notera que son fils Gustave est alors Conseiller-municipal.

Réunion du Conseil Municipal de la ville de Nantes

Procès-verbaux de 1903 (1Bain 8°18) –  12°

Si Mr Babin-Chevaye, comme président de la Chambrede Commerce, a eu une part très importante dans l’œuvre de la Loire-Maritime, un des initiateurs et on peut dire le principal, fut Mr Goullin, le père de notre honorable collègue. (NB : Gustave Goullin est conseiller municipal) Nous pensons que son nom, Bénoni Goullin, doit être donné à ce boulevard nouveau qui va faire le pendant du boulevard Babin-Chevaye. C’est grâce à son active persévérance que les études du Canal furent entreprises et il mérite bien que son nom soit conservé à côté de celui de M. Babin-Chevaye. M. Goullin a d’ailleurs d’autres titres de notoriété ; il a été juge, puis président du Tribunal de Commerce en 1862 et 1864 ; il fut également Conseiller municipal en 1840 et 1843 et plus tard en 1865.

Pour l’autre voie contiguë aux voies de triage du chemin de fer, en nous conformant au programme que j’indiquais tout à l’heure, nous lui donnerions le nom de rue Saint-Dominique.

Toutes ces dénominations ont été soumises et discutées àla Commissiondu Vieux-Nantes qui leur a donné un avis favorable ; nous vous proposons également de les approuver.

Nantes, le 2 mai 1903.

Le Maire, Em. Sarradin.

Avis favorable dela Commissiondes Affaires diverses.

L.Cassegrain.

M.Goullin demande à son tour la parole, et s’exprime ainsi : (il s’agit de Gustave G.) :

Monsieur le Maire, Permettez-moi de vous remercier de suite de la pensée que vous avez eue de donner le nom de mon père à l’un des nouveaux boulevards de la prairie au duc, et de remercier aussi nos collègues du Conseil municipal de l’unanimité bienveillante avec laquelle ils viennent d’accueillir votre proposition.

Je suis très sensible à l’hommage rendu ainsi à la mémoire de mon regretté père, et certain d’être l’interprète des sentiments de tous les membres de ma famille en ajoutant qu’ils y seront également sensibles.

Je suis heureux de voir que l’on se souvient encore de l’initiative qu’il avait pris lors de l’installation du Tribunal de Commerce le 7 décembre 1864, en rappelant à l’attention du gouvernement et des intéressés eux-mêmes la nécessité d’une voie navigable profonde de Nantes à l’océan. C’est à cette initiative suivie de la création d’un Comité de souscription et d’un Comité d’études qui, après de nombreuses démarches et de longs délais, a conduit à la construction du canal maritime dela Martinièreau Carnet, et ce sont les résultats obtenus par ce travail qui ont démontré la nécessité de nouveaux efforts, de nouveaux travaux en vue d’obtenir une voie plus profonde encore de Nantes à l’Océan.

Vous ne pouviez mieux faire, Monsieur le Maire, que de rapprocher le nom de mon père de celui de M. Babin-Chevaye par le voisinage de deux voies parallèles, comme ils l’ont été dans le passé par des relations d’amitié, de famille et de collaboration dans la campagne entreprise en 1864.

M. Babin-Chevaye  a été, en effet, avec M.Louis Flornoy, M.Amédée Brousset, M.Eugène Dubigeon et quelques autres amis, des premiers et plus actifs membre du comité de souscription. Son concours avait puissamment contribué à soutenir mon père dans une lutte difficile à cette époque, où beaucoup de nos concitoyens considéraient comme une utopie la prétention de faire monter à Nantes des navires de plus de 3m.50 ou4 mètresde tirant d’eau.

Lorsque l’âge et la santé de mon père l’ont obligé à prendre du repos, M.Babin-Chevaye a eu l’énergie et le grand mérite de continuer et de diriger cette lutte difficile pendant de longues années.

Commela Chambrede Commerce, nous lui en demeurons tous reconnaissants.

S’il n’a pas été assez heureux pour voir terminer les travaux du Canal maritime, il les a vus du moins commencés et en bonne voie d’exécution. Mon père, malheureusement, n’a pas eu, lui, cette satisfaction.

Messieurs, je vous remercie de l’hommage que vous venez de rendre à sa mémoire en donnant son nom à l’un des boulevards de notre ville pour rappeler l’initiative qu’il avait prise pour faire obtenir à Nantes des travaux indispensables à sa prospérité commerciale. Je vous en suis très reconnaissant.

M. Le Maire met aux voix ses propositions. Elles sont adoptées par le Conseil.

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onzième génération

Francois-Benoît  Goullin 

[dit Francis  (l)]

[Sosa 8]

Né à Nantes le 27 mai 1840

Décédé le 2 décembre 1913

Chevalier de Saint-Sylvestre

Artiste-Peintre

élève de Goutant et Gleyre

Elève du peintre Gleyre en 1861

Puis de l’Ecole des Beaux_Arts en 1862

Il revint à Nantes en 1865

Il fut chargé parla Sociétédes Beaux-Arts de peindre six médaillons décoratifs pour la salle principale du Cercle des beaux-Arts de Nantes.

Puis il a composé un grand nombre de paysages, de tableaux de genre et de nature morte qui ont été exposé dans des salles spéciales.

Le musée de Nantes posséde deux de ses œuvres : ” Le penseur” et” la nature morte”.

Les autres peintures et dessins sont répartis entre les nombreux descendants, puisque Francis Goullin et Marguerite Toché ont eu dix enfants, dont quatre ont fait souche.

Ecrits édités :

“L’humanité : chute et rédemption”

poème religieux

Nantes Libaros 1875 Gr in 8° VII 35 p.

“Poésies chrétiennes”

Paris Haton 1876

1877 in16; 194 p.

” Nouvelles poésies chrétiennes”

Paris Haton1877 in16. 94 p.

“La  Prusse, péché de l’Europe”

Comte dela Bouvardière

Albert Savine Ed, Paris, 1896

épouse le 26 juin 1867 à Nantes :  Marguerite  TOCHÉ . [Sosa 9]
Marguerite TOCHÉ est la septième enfant d’Émile François TOCHÉ et d’Émilie-Jeanne GARNIER. (Sosa 34 et 35)

Elle est Née le 21/05/1840 à Nantes (44).

Et Décédée le 22/01/1905 àLa Bouvardière, Saint-Herblain (44),.

10 enfants sont nés :

  1. Marguerite Marie Emilie. ( 03/03/1868  Nantes -+28/01/1947 Nantes)

Mariage  le 16/07/1890 à La Bouvardière (Saint-Herblain) avec VictorSAMSON.  (de Pornic)

 

  1. Marie Françoise Joséphine. ( 08/05/1869 Nantes.+04/05/1895 Paris).

Mariage  le 15/01/1895 à Nantes  avec VictorMOROT, architecte (Sacré-Coeur)  [SP]

 

  1. Magdeleine Marie Léontine. (02/06/1870 Saint-Herblain,La Bouvardière -+13/11/1941Nantes)

Religieuse Auxiliatrice

 

  1. Émilie Marie Adèle. ( 08/02/1872  Nantes –  +21/09/1917 Nantes )

Mariage  le 03/06/1893 à Saint-Herblain  avec Auguste BRUNELLIÈRE. 

 

  1. Josèphine Marie Thérèse, dite “Josèphe“. ( 21/02/1873 Nantes –+ 31/01/1949La Bruffière (85).

 

  1. François Marie Pierre, dit “Francis (II)” ( 05/04/1874  Saint-Herblain – +08/12/1949 Nantes)

PolytechnicienMariage  le 08/10/1898 à Nantes  avec Renée GOULLIN, sa cousine germaine.

 

  1. Jean-Marie Michel.  (22/06/1875  Saint-Herblain ,La Bouvardière–+ 22/06/1875 id.)

 

  1. Michel Marie Benoît. ( 03/10/1876 à La Bouvardière   – +20/02/1965 à Nantes)

Mariage le 01/10/1918 à Nantes (44) avec Elisabeth RENEAUME.  [Sosa 4 et 5]

 

  1. Gabriel Marie Hermeland (20/04/1878 àLa Bouvardière – +22/10/1963).

Moine Capuçin

 

  1. Jeanne Marie Anne Antoinette.  (19/06/1879 La Bouvardière – +15/06/1955La Bruffière (85).

Marguerite (née Toché) et Francis (I) Goullin

Kerviler [16] nous donne plusieurs références sur Francis (l) Goullin (22,23)

ainsi que les références des archives départementales de Loire-Atlantique :72750, 73563, 43631.

Ses poèmes sont nombreux (3 livres).

Citons ce problème sur sa famille (il n’avait alors que huit enfants)

        Ma couronne

 

Les beaux fleurons que Dieu me donne,

Sont déjà huit à ma couronne !

 

Jean, avec l’ange, habite au ciel !

 

Le plus petit c’est mons  ’Michel,

 

Et la plus grande est Marguerite

Qui court si vite !

Ah ! l’étourdie ! à chaque instant

Mon regard croit la voir tombant !

 

Voici Marie,

Tout attendrie

Pour un oiseau

Tombé dans l’eau !

 

Jamais tu ne feras de peine

A tes parents, ô Madeleine ;

Tu les consoleras un jour,

Par ton amour.

 

Pour eux non plus, je le devine,

Ta bonne mine,

François, mon fils, ô mon Dauphin,

Ne peut cacher aucun chagrin.

 

Rose pompon, fraîche et jolie,

C’est Emilie !

Un vrai trésor !

Sage plus tard, mais pas encor.

 

Ma Joséphine,

Perle très fine,

Bleus et limpides sont tes yeux,

Comme les cieux.

 

 

Citons aussi ce joli poème sur le printemps :

          Le Printemps

Célébrons le printemps, cet instant de mystère,

Ce moment passager, ce baiser qu’une mère,

Comme un gage d’amour,  accorde à ses enfants.

Vivent les verts sentiers et les prés abondants

Qui bientôt vont s’orner comme un manteau de reine !

Heureux le voyageur qui, traversant la plaine,

Respire les parfums que l’aubépine en fleurs

Mêle dès le matin aux humides vapeurs !

Pâquerettes, parlez ! qui, du sein de la terre

A pu vous appeler ? Etes-vous la prière

Vers le ciel adressée, ou regrets innocents,

A ce monde envoyés par des âmes d’enfants.

Que faisiez-vous naguère aux jours de la froidure

Quand sous son linceul blanc frissonnait la nature?

Vous vous cachiez alors, craignant le froid mortel

Comme l’enfant se cache au giron maternel

Mais le buisson s’anime et la fauvette en joie

S’élance, gazouillant, sur la tige qui ploie

Il ne s’est pas courbé, le délicat rameau

Tant, même à sa faiblesse, est léger le fardeau

Comme si du zéphyr il ressentait l’haleine

Sous le petit chanteur, il se balance à peine

La source va courant sur son lit rocailleux

Et raconte sans cesse un récit merveilleux

Tandis que l’œil devine, à travers le feuillage

Les sinueux détours que forme le bocage.

Et voici « le petit marquis », un de ces  tableaux (en fait, c’est Michel I)

Pour terminer ce chapitre, voici quelques mots sur la magnifique propriété de Saint-Herblain, où Francis(l) et Marguerite ont élevé leur grande famille :

La Bouvardière

 

La Bouvardière, aquarelle de Jeanne Goullin

 

Le vieux manoir a été construit au XV° siècle par Pierre Landais (de Vitré), Trésorier général de François II de Bretagne (1458-14888).

Au moment de la révolution, le manoir dela Bouvardièreappartient au Marquis de Coutances, qui quittela France(comme émigré).

La propriété est vendue comme bien national et achetée par Mr Touzeau , Maitre Boucher retiré des affaires.

Mr Touzeau fit démolir deux tours féodales du vieux manoir (dit de Pierre Landais) et déçu de ne pas y trouver le trésor caché qu’il escomptait, il se décide à revendrela Bouvardièrenon sans avoir fait beaucoup de dégâts, saccageant la chapelle, les vitraux, les sculptures de l’autel, les boiseries, allant même jusqu’à arracher toutes les fleurs des arbres fruitiers (avril 1825)

Ce sont les GARNIER (Clément Garnier, Chirurgien d’Angers, et son épouse Aimée Joubert) qui achètent “La Bouvardière” en 1825.

Ils habitaient Angers (Maine et Loire) où les Garnier étaient une famille de Chirurgiens. Mais, leur fille, Jeanne-Emilie, a épousé un nantais : Emile-François TOCHE; les Garnier ont donc quitté Angers pour suivre leur fille à Nantes.

Emile-François Toché et son épouse Jeanne-Emilie, habitaient 15 rue Gresset à Nantes, et Emile assurera différentes fonctions, notamment celle de Président du Tribunal de Commerce.

(On remarquera que le fils du président du tribunal de Commerce de 1860 et 1865, Pierre-Bénoni Goullin, a épousé la fille du président du tribunal de commerce  de 1857 )

“La Bouvardière” est donc la propriété des parents Garnier, mais aussi la maison de campagne des Toché.

A la mort des parents Garnier (Clément est décédé le 25 septembre 1846, son épouse Aimée-Jeanne le 31 juillet 1863), les Toché décident de garder “la Bouvardière”, et ils élèvent leurs dix enfants entre la rue Gresset et “la Bouvardière”.

NB : La famille Toché avait une autre propriété à Carquefou : « La Madeleine » dont hérita la sœur d’Emile : Emilie, épouse de Félix Talvande. Cette propriété sera transmise par héritage Talvande, à Emmanuel Naudin, puis à Jean Lebec, dont un petit-fils, Marc Romefort, épousera Isabelle Goullin, descendante d’Emile Toché : la boucle est bouclée ! (la propriété et sa chapelle furent détruites dans les années 1980)

La septième enfant d’Emile Toché, Marguerite, épouse en 1867 François-Benoît GOULLIN, dit “Francis” Goullin, et ce couple rachète “la Bouvardière” aux parents Toché en 1875.

A la mort de Francis (I) Goullin en 1913, ses enfants décidèrent de vendre “La Bouvardière”, qui avait donc appartenu 88 ans à la famille ( 21 ans aux Garnier, 29 ans aux Toché, et 38 ans aux Goullin)

“La Bouvardière” fut vendue 100 000 Francs Or avec les terres et les quatre fermes qu’elle comportait à un marchand de biens qui la revendit peu après aux Amieux, conservateurs nantais.

 

(NB : Pascale Poisson, fille de Monique Reneaume et de Patrick Poisson, donc une arrière petite-fille d’Emilie Goullin s’est mariée en 1980 avec Jacques-Henri Amieux.)


 

Avril 1903 : photo de la famille Goullin

 

 

 

On reconnaît au milieu de la photo, assis : Francis (I) Goullin et son épouse Marguerite.

 

Voici tous les personnages :

Dernier rang : Renée Goullin portant dans les bras Gabrielle, Francis (II), Jeanne, Michel

Avant-dernier rang : Auguste Brunellière, Emilie, Gabriel (frère Marie-Joseph, opm), Madeleine (sœur Saint Léonard de Port Maurice), Victor Samson, Marguerite

3 petits enfants dont Xavier Brunellière(à g.), Yves Brunellière (à d.) et Michel Samson devant les deux précédents, Francis I (François Benoit), Marguerite(née Toché), Marguerite Samson, Jean Samson

Au premier rang : Francis (III), Geneviève Samson, puis Marthe Brunellière, Maurice Brunellière et Anne-Marie (Annick) Goullin, sans idée d’ordre pour les trois derniers.

 

Il manque Josèphe qui a du prendre la photo !

 

[photo et identification : Patrick Demont, petit-fils de Francis lll Goullin]

 

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douzième génération

(NB : ape= arrière petit enfant, aape = arrière-arrière petits-enfants..)

  • 1° enfant:   Marguerite Goullin (1868-1947)

Mariée  avec Victor Samson, docteur en médecine

1) Marguerite: 5 enfants, 6 petit-enfants, 33 ape, 3aape

2) Jean-Victor : 5 enfants, 17 petit-enfants, 37 ape, 3 aape

3) Genevière

4) Michel : 3 enfants, 9 petit-enfants, 26 ape, 14 aape.

  • 2° enfant :     Marie Goullin (1869-1895)

Mariée  avec Victor  Morot

  •  3° enfant :       Madeleine  (1870-1941)

               Religieuse Auxiliatrice : Sœur Saint-Léonard de Port-Maurice

présente à San Francisco, lors du grand tremblement de terre de 1905.

  • 4° enfant :      Josèphine (1873-1949)  dite “Josèphe“.
  • 5° enfant :  Emilie Goullin (1872, 1917)

Mariée  avec Auguste  Brunellière,  dont

           1  Yves (mort pour la France en 1915)

2  Marie-Armelle (1895-1895)

3 Xavier (1896-1999): 6 enfants, 14 ape, 14 aape.

4 Marthe (1899-1990) ép. Joseph Renaume : 9 e, 29 pe, 89 ape, 20 aape

5 Maurice (1900) 1 enfant, 1 pe, 3 ape

  •  6° enfant :  Francis (II)  Goullin (1874-1949)

Marié  avec Renée Goullin [fille de Gustave Goullin] , dont

  • Annick , 1899,  religieuse.
  • Francis, (1901, 1971)
    Marié le 28 décembre 1933, Nantes, avec Annick O’Neill,
    7 enfants, 18 petits-enfants, 42 arrière-petits enfants
    dont Jean-François : aîné de la branche aînée Goullin
  • Gabrielle (1902-+) mariée avec Paul Rialan
    4 enfants, 5 petits-enfants, 7 arrière petit-enfants
  • Renée (1904-1998) mariée avec René Chéguillaume
    7 enfants, 19 petit-enfants, 2 arrières-petit-enfants

 

 

  • 8° enfant : Michel Goullin (1876-1965) 

Marié avec Elisabeth Reneaume (1890-1993), dont

5 enfants

Michel : épouse Micheline Goullin : 3 enfants (dont Benoît, l’auteur- qui suit), 12 petits enfants, 15 arrière-petits-enfants.

Pierre : épouse Odile Cesbron de Lille : 2 enfants, 3 petis-enfants

Françoise

Marguerite, épouse Pierre Crosnier : 6 enfants, 19 petits-enfants, 1 arrière-petit enfant

Yves, prêtre (fls de la charité) 1926-2011

 

 

  • 9° enfant :   Gabriel Goullin  (1878-1963)

Moine capucin.

En religion : le Père Marie-Joseph.

 

 

  • 10° enfant :  Jeanne      (1879-1955)

 La tante Jeanne était la marraine de Marguerite Crosnier, née Goullin.

 Elle était très artiste : c’est elle qui a peint la jolie petite aquarelle de la Bouvardière (cf Chapitre sur Francis (I) Goullin )

 Petite dernière de sa fratrie, elle était la mémoire de notre famille.

 Vous pouvez admirer dans le premier chapitre sur la famille Goullin,  la carte postale, qu’elle avait envoyée à Michel (II) Goullin vers 1935, avec les annotations sur les différentes maisons Goullin.

 

 

 

 

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Conclusion

Voici donc quelques données sur les  « Goullin », résultat de trois ou quatre décades de notes accumulées sur la famille, et grâce aux renseignements que j’ai pu glaner en divers endroits, et dont je cite les références.

Toutes les données généalogiques (fratrie, différentes dates …) proviennent du « fonds Freslon » ou des archives paroissiales, les deux consultables directement sur internet.

( http://www.cg44.fr:cg44 )

 

Je suis né à Vannes, et j’ai toujours passé mes vacances à Truscat, une belle propriété au bord du golfe du Morbihan qui nous vient du côté Poisson, par les Dumoulin de Paillart et les Francheville.[24]

J’ai épousé une vannetaise.

Ma carrière de médecin dela Marine, m’a amené à vivre à différents endroits du monde, mais dès que j’ai pu partir, je suis venu vivre à Vannes, au bord du golfe du Morbihan, et à 20 kms de Truscat.

Pour moi, le golfe du Morbihan, c’est le paradis sur terre.

(et pourtant, j’ai habité Tahiti !)

Quand je vois mes ancêtres qui ont vécu à Machecoul, Bourgneuf-en-Retz et Nantes, je suis vraiment  d’ailleurs !

Benoît Goullin, juillet 2006

 « Truscat »  et le golfe du Morbihan


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Fonds Freslon

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relevés de Michel Lopez 

 http://www.cg44.fr/cg44 (fonds Freslon)

 

 

  • Goullin André (I)

– Machecoul, Trinité, 11 janvier 1701, mariage entre Me André Goullin, Procureur au duché de Rais, fils majeur de feu Me Nicolas Goullin   et Françoise Pouvreau , et demoiselle Charlotte Gallot.

 

  • Goullin André (II)

– Machecoul, Trinité, 23 août 1705, baptême de André, né le 21, fils de André Goullin (I) et Françoise Gallot. Parrain : Noble Homme Mathurin Gallot, sieur dela Gravoullère, alloué et lieutenant général du duché de Rais et Pornic. Marraine : dame Françoise Goullin, femme de Michel Bossis, Sieur dela Boissière.

  • Goullin André (III)

Machecoul, Trinité, 26 janvier 1708, baptême de André (III), né ce jour, fils de Me André Goullin (I), procureur, et de Charlotte Gallot. Parrain : Noble Homme Gilles Rocquaud, avocat et procureur fiscal du pays de Rays. Marraine : Damoiselle Gabrielle Pouvreau, femme de noble homme Jan Dayte, Sieur du Pin.

 

  • Goullin André (IV)

– Fresnay en Retz, 24 octobre 1717, baptême de André, fils de André Goullin, Sieur dela Brosse, et demoiselle Claude Sauvan. Parrain : Mathurin Bellabre; marraine : Marie Sauvan.

– Nantes, Saint-Similien, 17 mars 1763,(46 ans) mariage en la chapelle du Bon-Pasteur entre Maître André Goullin dela Brosse, avocat du roi au siège présidial de Nantes, fils majeur de noble homme André Goullin sieur dela Brosse et de demoiselle Claude Sauvan domiciliée en Saint-Vincent et demoiselle Anne-Louise de Lisle. Présents : Mathurin Bellabre, président sénéchal au siège présidial de Nantes, cousin germain maternel.

  • Goullin Catherine  (I)

– Fresnay en Retz, 20 novembre 1715, baptême de Catherine, fille de Noble Homme André Goullin, Sieur dela Brosseet demoiselle Claude Sauvan, demeurant au lieu noble dela Brosse. Parrain: François Mocquard, docteur, médecin; marraine : Catherine Ragot. Inhumée en l’Eglise le 7 juillet 1717.


 

  • Goullin Charlotte (I)

– Machecoul, Trinité, 30 octobre 1706, baptême de Charlotte, née le 28, de Me André Goullin, procureur, et de Charlotte Gallot. Parrain : Jean Goullin, garçon. Marraine: Demoiselle Marie Pouvreau, veuve de Noble Homme Guy Boucher, Sieur de Maisonneuve.

(NDBG: Ce Jean Goullin est-il Jean Goullin, né en 1683 (23 ans au baptême) ou Jean Goullin né en 1701 (5 ans au baptême), ou un autre Jean Goullin ?

– Fresnay-en-Retz, 23 août 1709, inhumation en l’église de Fresnay, de Charlotte, 3 ans, fille de Me André Goullin, notaire et procureur du duché de Rays et de dame Charlotte Gallot, à présent à la maison noble dela Brosse…

  • Goullin Claude (I)

– Fresnay en Retz, 30 avril 1712, baptême de Claude, fille de André Goullin et de demoiselle Claude Sauvan. Parrain : noble homme Jan Doyte sieur du Pin, avocat; marraine : noble homme Mathurin Belabre.

 

  • Goullin   (enfant)

–          Machecoul, Trinité, 20 novembre 1736 (mars ?), inhumation au cimetière d’un enfant ondoyé à la maison Goullin-Himène.

  • Goullin Françoise (I) 

– Machecoul, Trinité, 28 avril 1674, baptême de Françoise, fille de Me Goullin (Nicolas), notaire à Machecoul, et d’honorable femme Françoise Pouvreau; parrain : Me André Boucher, Sieur de l’Espinay, greffier de Machecoul; marraine : honorable femme Anne Pouvreau, femme d’honorable homme Michel Girard.

  • Goullin, Françoise-Claude

– Machecoul, Trinité, 22 août 1732, baptême de Françoise-Claude, née ce jour, fille de noble homme Pierre Goullin, sieur de la Brosseet de demoiselle Françoise Himène . Parrain : x.. , avocat à la cour, oncle; marraine : demoiselle Claude Goullin, femme de Simon-Hyacinthe Le Retz, avocat à la cour, procureur fiscal de la Garnache.

  • Goullin, Françoise-Renée

– Machecoul, Trinité, 25 septembre 1734, baptême de Françoise-Renée, née hier, fille de noble homme Pierre Goullin, et de demoiselle Françoise Himène. Parrain: noble homme Jean Gallot, avocat au Parlement, Sénéchal du duché de Retz au siège de Bourgneuf et Pornic; marraine : demoiselle Renée Rocquaud.

– Machecoul, Trinité, 10 décembre 1738, inhumation au cimetière de demoiselle Françoise Goullin, 4 ans, fille de noble homme Pierre Goullin.

  • Goullin Jean  (II)   Machecoul, Trinité, 16 décembre 1685

baptême de Jean (II), né hier, fils de Mr Nicolas Goullin (II) Ntaire et Pr, et de Dame Anne Rousseau.  Parrain : noble homme Michel Girard. Marraine: Jane Rousseau, Dame de Nous, tante.

  • Goullin Jean  (III)  

– Machecoul, Trinité, 29 sptembre 1701, baptême de Jean, fils de André Goullin (I) et Françoise Gallot. Parrain : Me Jan Gallot, procureur fiscal du Duché de Rais à Machecoul. Marraine : Janne Goullin, femme d’honorable homme Michel Girard, notaire.

– Fresnay-en-Retz, 20 août 1723, inhumation en l’église de Jean, fils de Noble Homme André Goullin et Charlotte Gallot.

  • Goullin Magdeleine (I)

– Machecoul, Trinité, 4 avril 1704, baptême de Magdeleine, née hier, fille de André Goullin et Françoise Gallot. Parrain: Noble homme Michel Bossis, Sieur dela Bézière, dela Paroissede vieillevigne, oncle. Marraine : Demoiselle Magdeleine Gallot, tante.

– Machecoul, Trinité, 6 octobre 1706, inhumation de Madeleine Goullin, morte le 5 à 2 ans. Présent : Me André Goullin (I), procureur.

  • Goullin Marie (I)

– Machecoul, Trinité,25 novembre 1676, baptême de Marie, née hier, fille de Nicolas Goullin  (II) et d’honorable femme Françoise Pouvreau; Parrain : Noble homme Pierre Guillon, Sieur du Vignaud; Marraine: honneste fille Marguerite Pouvreau.

  • Goullin Marie (II)

– Machecoul, Trinité, 23 août 1683, baptême de Marie, née hier, fille de Nicolas Goullin (II) et de Dame Anne Rousseau: Parrain : Noble homme Pierre Fauveau, apothicaire; Marraine : Dame Marie Rousseau, tante.

  • Goullin Marie (III)

– Fresnay en Retz, 6 décembre 1714, baptême de Marie, fille de Noble homme André Goullin, Sieur dela Brosseet demoiselle Claude Sauvan, demeurant au lieu noble dela Brosse. Parrain: François Navau, Sieur du Petit-Bois; marraine : demoiselle Marie Goullin (tante).

  • Goullin Nicolas   (III)

Machecoul, Trinité, 24 mars 1673, baptême de Nicolas  (III) fils de Nicolas  Goullin (II) et d’honorable femme Françoise Pouvreau; parrain : Me Julien Pouvreau, Sieur dela Brosse, du bourg de Fresnay; marraine: honorable femme Janne Charier, veuve de Me Jan Goullin, ayeule de la paroisse de Legé, né dans la nuit du 22 au 23 environ onze heures.

  • Goullin Nicolas   (IV)

– Machecoul, Trinité,25 juin 1675, baptême de Nicolas, fils de M.Nicolas Goullin et d’honorable femme Françoise Pouvreau; parrain : noble homme Matthieu Bourgoigne, Sieur dela Rochebaron; marraine : Demoiselle Agnès Mosnier, femme de noble homme Julien Bodieu, Sieur des Plantis, docteur médecin.

– Machecoul, Trinité, 29 juillet 1698, Inhumation près de la grande porte de Nicolas Goullin, mort le 28 juillet 1698 à 23 ans. Présent André Goullin, notaire à Machecoul, son frère…

  • Goullin Nicolas   (V)

– Fresnay-en-Retz, 11 août 1719, baptême de Nicolas, fils de André Goullin, sieur de la Brosse, et demoiselle Claude Sauvan. Parrain : Jean Goullin,  frère; marraine : Claudine Goullin, soeur…(NDBG : il s’agit probablement de Claude)

 

  • Goullin  Pierre-Marie  (I)

– Machecoul, Trinité, 16 janvier 1736, baptême de Pierre-Marie, né hier, fils de noble homme Pierre Goullin, et de demoiselle Françoise Himène. Parrain : Me Rucher, sieur des Salles, notaire et procureur à Machecoul; marraine :demoiselle Marie Mocquard.

– Pornic,9 août 1762, mariage entre noble homme Pierre-Marie Goullin, Sieur de l’Eraudière, avocat à la cour, sénéchal du duché de Retz à Pornic et à Bourgneuf, subdélégué de l’intendant de Bretagne à Bourgneuf, fils majeur de noble homme Pierre Goullin, ancien capitaine garde-côte et demoiselle Françoise Hymène défunte, et de demoiselle Marie-Anne Fouré, fille de noble homme Benoît Fouré, capitaine de navire et de feu demoiselle Mathurine Giraud.

 

________________________________________________________


Bibliographie de la deuxième partie

1         – ” Les caprices d’une vieille famille maraichine” par la docteur Michel Pelletier

Revue du Centre Généalogique de l’Ouest, n° 38, 1° trimestre 1984

2 – ” Notice concernant la famille Goullin de Nantes “

par Alfred Lallié et Pierre-Bénoni Goullin, 1865

imp. Chantreau & cie, Nantes, 1927

3 – “ Bourgneuf …jadis”

par Joseph Le Clainche. Imprimerie Lussaud, 85-Fontenay-le-Comte

4 – “Cahier des Plaintes et doléances de Loire-Atlantique, 1789″

Editions du Conseil Général de Loire-Atlantique, 1989 ,imp. Chiffoleau, Nantes

Tome I, page 357 et 361, archives départementales de Loire-Atlantique, C 575

5 – site Internet de François Goullin  sur les familles Goullin et Goullin

http://perso.wanadoo.fr/francois.goulin/

9 –   ” un mandarin breton au service dela Cochinchine” par A . Salles (1923)

Réédition Les Portes du large, Rennes, 2006

10 – “Dissertation sur l’hypochondrie”

Thèse n°63 dela Facultéde Médecine de Paris, présentée le 10 mai 1821,

par Pierre-Marie-Benoît Goullin, de Bourgneuf (Loire Inférieure)

13 –  Fonds Freslon  (relevés de Michel Lopez)

http://www.cg44.fr/cg44 (fonds Freslon)

14 –  ”notes sur la famille Goullin”,

monographie familiale de Francis (III) Goullin, écrite en 1964 à Versailles.

15. –  ”Etudes historiques variées sur le pays de Retz”, de l’Abbé J.L. Le Clainche

publiées dans la presse locale, 1964-1970 in4°-73.

15a : tome l, page 75

15b :Tome II p.64

15c : Tome I p.76

16 – Kerviler. Biobibliographie bretonne. tome XVI, page 408, 409.

17 – Livre Doré de l’Hotel de Ville de Nantes, tome 1°,      Imp. Jules Grinsard, 1883

18 – L’anoblissement par charges avant 1789″ de François Bluche et Pierre Durye

L’intermédiaire des chercheurs et curieux,

rue Geoffroy Saint-Hilaire, Paris V°, septembre 1998

19 – Archives Nationales, V/1/346 pièce 93.

20 – “sept lettres sur quelques question d’économie politique et sociale .

Banque de France, Banque de Savoie, taux de l’intérêt .”

P-B Goullin (avec son fils Gustave Goullin). Paris, Guillaume, 1864, in-8°

21 – Bulletin dela Sociétéd’études et de recherches historiques du pays de Retz

1992 n°12, page 13

22 – Dictionnaire de Biographie Française,

de Prévost, Roman d’Amat, Tribout de Morembert,

tome XVI, page 746.

23 – Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs de E.Benezit (1999)

24 – Gaëtan de Langlais, « les Francheville » tome I et II, Surzur 1997.

________________________________________________________

Post-face

Cette notice généalogique sur la famille Goullin est classée selon la numération Sosa, dont nous expliquons ici le principe.

 

Jérôme de Sosa présenta en 1676 une méthode de numérotation des ancêtres pour les généalogies ascendantes.

Elle attribue le numéro 1 à l’individu étudié

(Ce sujet est appelé « de cujus »).

Puis, le numéro deux à son père et trois à sa mère.

Chaque homme a un numéro double de celui de son enfant (2n) et chaque femme un numéro double de celui de son enfant, plus un (2n + 1).

            Les hommes ont donc un numéro pair,

            Les femmes un numéro impair.

Chaque degré d’ascendance a un effectif théorique correspondant à la puissance de 2 qui est celle du degré.

En même temps, le plus petit numéro d’ascendance de ce degré est le même que l’effectif théorique du degré.

Ainsi, au degré des bisaïeuls (3° degré), dont l’effectif théorique est de 8 : (23), le plus petit numéro d’ascendance est 8, celui du père du grand-père paternel du sujet.

.

  1°degré  2°degré 3°degré
      8 (père de 4)
    4 (père de 2)  
      9 (mère de 4)
  2 (père de 1)    
      10 (père de 5)
    5 (mère de 2)  
      11 (mère de 5)
1 (de cujus)      
      12 (père de 6)
    6 (père de 3)  
      13 (mère de 6)
  3 (mère de 1)    
      14 (père de 7)
    7 (mère de 3)  
      15 (mère de 7)

 

C’est moi, Benoît Goullin, le “de cujus” de cette notice (numéro 1) !

_______________________________________________________

Table des matières :

Introduction

I° partie :

–          origine de la famille Goullin

–          l’histoire des Goullin : anticléricaux ?

–          Les armoiries de la famille Goullin

–          Les Goullin pendant la révolution

–          Guerre 39-45 pour la fratrie Goullin

–          Haplotype

–          Bibliographie de la partie l

 

II° partie :  éléments de la généalogie Goullin

            –     Jean

            –     Jehan(ll)

       –     Michel(l)

–          Jean(lll)

–     Nicolas(ll)

–          André(l)

–          Pierre

–          André (IV) Goullin de la Brosse

–          Pierre-Marie, le sénéchal

–          Pierre-Marie ll

–          Benoît-Pierre

–          Le docteur Benoît Goullin  (l°)

–          Pierre-Bénoni (« le Boulevard »)

–          Francis (l), artiste-peintre et écrivain-poète

–          1 – branche Samson

–          2 – Marie Goullin

–          3 – Magdeleine Goullin, auxiliatrice

–          4 – Josèphe Goullin

–          5 – branche Brunelière

–          6 – branche Francis (II) Goullin

–          8 – branche Michel (I) Goullin

–          9 – Gabriel Goullin, moine capucin

–          10 – Jeanne Goullin

–          Conclusion

–          Fonds Freslon

–          Bibliographie de la partie ll

–          Post-face (numérotation Sosa)

–          Table des matières

Benoît Goullin, les « Goullin », version 16 (bis), Vannes, novembre 2012. (AMDG)

 

Benoît Goullin

Edition de l’auteur

IBSN  978-2-9540344-0-9

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